Robin Servant sera au Salon de Lingwick samedi pour peaufiner et présenter la mouture quasi finale de son projet solo Du souffle et de l’espace.

Explorer l’accordéon en neuf stations

L’accordéoniste bas-laurentien Robin Servant s’amène au Salon de Lingwick pour profiter d’une résidence artistique et offrir une prestation le 3 novembre, question de bien clore son passage dans la région.

C’est un Robin Servant fébrile qui est débarqué au Salon pour cette résidence artistique d’une semaine. Le musicien a un parcours musical atypique, qui explique une partie de son amour pour l’improvisation. 

« Je suis un musicien autodidacte, explique-t-il d’emblée. Quand j’étais adolescent, vers 13 ou 14 ans, j’ai commencé à jouer de la guitare électrique et à m’intéresser au rock. J’ai ressenti une attirance pour l’improvisation quand j’ai été exposé à du free jazz. Vers 18 ans, j’ai découvert la musique traditionnelle et ç’a été un gros coup de cœur. Je me suis mis à jouer de l’accordéon. »

Au fil des années, il a fondé plusieurs formations et collectifs pour pouvoir explorer toutes ses passions musicales, aussi différentes soient-elles.

« En musique traditionnelle, j’ai un groupe qui s’appelle La Baratte à Beurre. J’ai un autre groupe qui s’appelle Tord-Vis, qui est encore actif. J’ai aussi joué avec le GRILL, un band d’improvisation. On a fait une tournée de 18 dates en Europe et, à mon retour, je me suis lancé dans un projet solo », détaille Robin Servant.

Pour cette nouvelle aventure, nommée Du souffle et de l’espace, le musicien de Rimouski a développé un nouveau concept artistique hors du commun.

« J’ai fait une découverte par hasard avec mon accordéon et mes petits haut-parleurs : je les dépose sur différentes surfaces et les vibrations produisent des sons. Si je les colle sur une fenêtre ou un bout de bois, c’est cette matière qui devient le haut-parleur. Elle filtre le son. Ça accentue les effets que je mets dans mon accordéon. Ça me rapproche du lieu où je joue », confie-t-il. 

Une tournée de résidences

Le projet solo du concepteur sonore lui a valu une bourse qui lui a permis de profiter de neuf résidences artistiques en province tout au long de la dernière année. 

« J’ai eu une bourse pour faire différentes créations dans autant de lieux, pour pousser le projet. Ma résidence à Lingwick est ma dernière. C’est là que je ferme la boucle. Je vais profiter de ma semaine au Salon pour réécouter ce que j’ai fait pendant toutes les autres résidences et effectuer des ajustements, en vue de compiler les morceaux sur un disque. Le spectacle de samedi présentera donc une version de mon projet qui se rapprochera beaucoup du résultat final », laisse-t-il entendre. 

« Le dispositif est le même à chaque spectacle, mais l’improvisation fait en sorte que le résultat est différent chaque fois. C’est difficile d’improviser lorsqu’on est seul sur une scène. On ne peut quand même pas se surprendre soi-même, mais je parviens à le faire malgré tout. »

Au fil de ses neuf résidences artistiques, Robin Servant a découvert des patelins qui lui étaient étrangers et a pu créer dans des lieux inusités. 

« Je me suis promené à plusieurs endroits dans mon Bas-Saint-Laurent natal et sur la Côte-Nord. C’étaient autant des lieux de diffusion standard que des endroits qui n’étaient pas du tout conçus pour la musique à la base, par exemple un ancien moulin à grains. J’ai choisi des endroits stimulants pour réaliser mon projet », conclut-il.

Vous voulez y aller?

Robin Servant

Samedi 3 novembre, 19 h

Le Buvard/Le Salon

231, route 257, Lingwick (Gould)

Entrée avec repas 

quatre services : 40 $

Spectacle seulement : contribution volontaire