Essaim, le nouveau spectacle de la compagnie de danse Sursaut, sera présenté en novembre. Il met en vitrine le talent de cinq chorégraphes de la relève.

Essaim, nouvelle création de sursaut : bourdonnante danse

SHERBROOKE — Nouveau projet créatif porté par la compagnie de danse Sursaut, Essaim mettra en vitrine les talents bourdonnants d’une belle poignée de chorégraphes. En tout, cinq créateurs se partageront tour à tour les planches dans cette neuve production qui sera présentée en novembre, au Théâtre Centennial.

Pour Francine Châteauvert, directrice artistique de l’institution sherbrookoise fondée en 1985, ce spectacle tout neuf est une façon de mettre en valeur la démarche d’autres artistes et de les soutenir dans leur processus créatif.

« Dans un esprit d’ouverture et de renouvellement, je fais beaucoup de place à la relève ces dernières années », dit celle qui remportait le prix de l’œuvre de l’année du Conseil des arts et des lettres du Québec en 2014, pour La cigale et la fourmi

« J’ai encore des choses à dire, poursuit-elle, je vais continuer de créer, mais j’ai aussi envie de laisser de l’espace aux nouveaux talents qui font le choix de s’exprimer en danse contemporaine, en région. Pour Essaim, j’ai rassemblé des artistes qui ont une démarche distincte, mais qui ont tous un lien avec la compagnie. »

En solo ou en duo, les chorégraphes Stéphanie Brochard, Danika Cormier, Julie Duguay, Simon Durocher-Gosselin et Elise Legrand proposeront une parcelle de leur univers. Le spectacle collectif qu’ils ont bâti avec grande liberté, chacun de leur côté, est tissé d’œuvres originales qui durent une douzaine de minutes chacune.  

« On a eu carte blanche pour monter notre numéro. Pareille porte ouverte, c’est une formidable occasion de travail et un cadeau », mentionne Danika Cormier. 

Avec son complice Joachim Yensen-Martin, celle-ci présentera Bayou, une chorégraphie ludique dans laquelle elle a intégré des rondins de bois. 

« J’avais envie d’intégrer l’archétype du pêcheur à ma proposition. Mon rapport à la danse se déploie beaucoup à travers le jeu », explique cette diplômée en danse du Cégep de Sherbrooke et de l’Université Concordia. 

Jusqu’à la semaine dernière, chacun ignorait à quoi ressemblait la chorégraphie des autres. La découverte a été aussi belle qu’une récolte de miel. Le mariage des cinq tableaux est heureux.

« On a l’habitude de se croiser tous les cinq dans différents projets, mais c’est la première fois qu’on a ainsi l’occasion de signer chacun une création dans une même production », remarque Danika Cormier.

Mouvements pluriels

L’original spectacle permettra de voir à quel point la danse contemporaine peut prendre différents visages. 

Ainsi, dans Compromis improbable, œuvre signée Stéphanie Brochard, la danse baroque vient s’imbriquer à la proposition. 

« Ce sont deux types de danse que j’aime et que je pratique. J’avais envie de les marier, de voir comment ils pouvaient cohabiter dans une même pièce », souligne celle qui a notamment étudié à l’École nationale de ballet du Canada et à l’École internationale de théâtre Jacques Lecoq de Paris avant de devenir assistante à la direction artistique de Sursaut, en 2011. 

Diplômée du Conservatoire de danse de Montréal, Elise Legrand présente, elle, Le rêve de l’oxymore, une pièce qui explore la « marionnettique » du corps et ses différentes métamorphoses.

« J’avais plusieurs images en tête, différents tableaux. J’aime l’étrangeté, le surréalisme, l’improbable, l’inconscient. J’ai joué avec tout ça », précise celle qui est aussi cofondatrice de la compagnie de cirque LaboKracBoom et membre de Ze Radcliffe Fanfare.

Pour Simon Durocher-Gosselin, qui fait aussi partie de LaboKracBoom et qui a complété une formation d’instructeur-formateur en cirque social à l’École nationale de cirque de Montréal, l’invitation de Francine Châteauvert coïncidait avec « l’idée qu’il avait de créer une chorégraphie sur le thème de la décharge électrique ». Allégorie d’un poteau se déploie autour du mât chinois.   

Enfin, La Bëte de Julie Duguay s’ancre à l’embryologie, au développement de l’enfant et à l’étude du corps. « Je me suis intéressée à la façon de sculpter l’espace avec le corps, même quand celui-ci n’est pas en mouvement », explique l’artiste acadienne, diplômée de la School of Toronto Dance Theatre. 

L’essaim de créateurs met ces jours-ci la dernière touche à sa production, qui se déploiera sur scène dans quelques semaines.