Le Sherbrookois Éric Gauthier remporte pour une troisième fois le prix Jacques-Brossard. Le jury a souligné l’ingéniosité de son intrigue, la truculence de ses personnages, les pointes d’humour qui pimentent son récit et l’originalité de l’histoire qui constitue la trame de son roman.
Le Sherbrookois Éric Gauthier remporte pour une troisième fois le prix Jacques-Brossard. Le jury a souligné l’ingéniosité de son intrigue, la truculence de ses personnages, les pointes d’humour qui pimentent son récit et l’originalité de l’histoire qui constitue la trame de son roman.

Éric Gauthier remporte le prix Jacques-Brossard 2020

Le Sherbrookois Éric Gauthier remporte le prix Jacques-Brossard pour une troisième fois en carrière et il se mérite une bourse de 3000$. Cet honneur lui est attribué principalement pour son roman fantastique, Le Saint Patron des plans foireux (Éditions Alire), mais aussi pour une nouvelle de science-fiction, Le Livre de trop, parue dans le collectif À l’est de l’apocalypse (Les Six Brumes).

« Je me trouve choyé et je suis honoré. J’ai eu du plaisir à écrire ce roman, même si ç’a été difficile par moments. Je n’étais pas certain de l’accueil qu’il aurait alors je suis agréablement surpris », explique celui qui se consacre à l’écriture et exerce le métier de conteur depuis vingt ans.

Le jury a préféré l’auteur sherbrookois aux deux autres finalistes, Katia Gagnon pour Rang de la Croix (Boréal) et Larry Tremblay pour Le Deuxième mari (Alto).

« Je trouve intéressant de voir les finalistes d’une année à l’autre. Je trouve que les genres de l’imaginaire s’en vont dans toutes sortent de directions intéressantes et se décloisonnent. Je suis aussi content que l’intérêt pour cette littérature continue », souligne Éric Gauthier.

Le jury a souligné l’ingéniosité de son intrigue, la truculence de ses personnages, les pointes d’humour qui pimentent son récit et l’originalité de l’histoire qui constitue la trame de son roman.

Le Saint Patron des plans foireux met en scène une galerie de personnages qui gravitent autour de Sigouin, un petit malfrat sympathique qui vit de combines et de magouilles tout en évitant de frayer avec le crime organisé.

Fâché contre son frère et ne désirant plus faire équipe avec lui, Sigouin accepte un contrat risqué : importer illégalement d’Europe une relique sainte pour un client qui a des choses à se faire pardonner. Le squelette de saint Deodatus arrive à bon port à Montréal mais un quatuor de catholiques illuminés qui a eu vent de l’affaire enlève le saint et désire l’utiliser pour faire le bien. Lors d’un rituel auquel est soumise la dépouille, celle-ci s’anime et déclenche une suite d’événements qui échappent complètement au contrôle de Sigouin et des kidnappeurs.

« Pour moi, il y avait une certaine extravagance à ce livre parce que je voulais à la fois donner dans le réalisme et dans quelque chose de complètement éclatée. Je voulais jouer sur le contraste entre la relique catholique très ancienne et le Québec d’aujourd’hui. J’y suis arrivé grâce à mon personnage principal qui est petit escroc qui a plus d’ambition que de moyens, mais qui a aussi un bon fond », mentionne l’écrivain.

« Sigouin est quelqu’un qui essaie de trouver, ou mieux de créer, sa place dans l’espèce de monde chaotique dans lequel on vit. Je me retrouve dans cette lutte alors j’éprouve beaucoup de sympathie pour lui. »

« Ce roman a été écrit en 2015, 2016, 2017 et a été publié en 2019 et je pense que notre monde est juste devenu plus déroutant depuis. Je ne sais pas  que ça donnerait si j’essayais de l’écrire aujourd’hui. Ceci dit, e roman me paraît toujours pertinent cette année puisque le personnage de Sigouin doit y réfléchir à l'impact de ses gestes sur autrui, ce que nous sommes appelés à faire ces temps-ci pour limiter la propagation du virus et pour arriver à bien vivre ensemble à travers tous les chambardements », résume le lauréat.  

Par ailleurs, la nouvelle Le livre de trop, comme toutes les nouvelles du recueil À l’est de l’apocalypse, se déroule dans un décor estrien. Les auteurs y explorent les impacts d'une perte de courant permanente sur la région.

Le jury de cette année était composé de cinq personnes : Anne Legault, dramaturge et romancière, Isabelle Lacroix, directrice de l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke et professeure, Raphaëlle B. Adam, médiatrice culturelle, Olivier Godin, cinéaste, et Dave Côté, écrivain et lauréat du prix Jacques-Brossard 2019.