Ont procédé hier au lancement de la deuxième édition d’Objectif Photo Cantons-de-l’Est la directrice du Centre culturel Pierre-Gobeil Manon Labrie, le conseiller municipal Paul Gingues, la coordonnatrice d’OPCDE Suzanne Pressé, le porte-parole des artistes participants Luc Pallegoix ainsi que le photographe Daniel Côté, membre du Collectif 135, qui exposera à la Maison des arts et de la culture de Brompton.

Entre pommes et vins, la photo

À ceux et celles qui avaient réservé leurs mois de septembre et d’octobre pour une virée estrienne des vergers, des vignobles ou des couleurs, Suzanne Pressé a une suggestion d’escapade additionnelle : une virée d’expos photo. Comme les fruits de la saison, elles seront partout dans la région, une bonne partie de l’automne, à l’intérieur comme à l’extérieur, majoritairement à Sherbrooke, mais aussi à Valcourt, Racine, Stanstead et Sutton, pour nous rappeler qu’en cette époque où tout le monde peut prendre un cliché avec son cellulaire, il reste des créateurs qui ont des choses à dire avec leurs images.

La coordonnatrice de la deuxième édition d’Objectif Photo Cantons-de-l’Est (OPCDE), manifestation biennale née en 2017, a donc réuni à nouveau une douzaine de diffuseurs en arts visuels pour faire rayonner la photographie, en programmant l’événement en septembre (le Mois de la photo), mais aussi bien au-delà. Certaines expositions de ce 2e OPCDE sont en effet installées depuis le début de l’été, alors que d’autres se feront voir à partir d’un peu plus tard.

« On parle d’œuvres d’une vingtaine de photographes en tout, auxquels il faut ajouter plusieurs membres du Club Photo de Sherbrooke. Si le Mois de la photo avait été en janvier, peut-être que nous aurions choisi un autre moment. Mais en septembre, on s’intègre très bien aux circuits touristiques », résume Suzanne Pressé, qui accueillera, en tant que coordonnatrice de la Galerie d’art de l’Université de Sherbrooke, l’exposition de Christiane Lahaie Absolue mémoire, à partir du 10 septembre.

À noter que les créateurs n’ont pas été choisis en fonction de leur appartenance régionale. C’est le cas, par exemple, du plongeur et cinéaste Mario Cyr, dont les clichés feront partie du prochain Parcours Photo Sherbrooke de la promenade du Lac-des-Nations (vernissage le 30 août).

« Nous avions quand même un préjugé favorable pour les photographes estriens, mais nous avons choisi d’abord en fonction de la qualité. S’il y a beaucoup de participants d’ici, c’est simplement parce qu’ils sont très bons », ajoute Suzanne Pressé, qui souligne aussi l’éventail de griffes offertes durant l’événement, de la photo d’archives (notamment Mémoires sherbrookoises au Musée d’histoire de Sherbrooke et Rencontre avec le passé à la Maison de la culture de Racine) jusqu’aux créations retouchées et trafiquées.

« Chaque diffuseur a préparé une exposition en fonction de son mandat », résume la coordonnatrice.

Pour ceux et celles qui souhaiterait avoir une idée globale d’Objectif Photo Cantons-de-l’Est, l’idéal est de débuter par l’exposition collective Grand angle, qui rassemble des clichés des artistes sélectionnés cette année. Cette vitrine sur OPCDE est accessible au public depuis hier au Centre culturel Pierre-Gobeil.

Fondamentale vision artistique

Luc Pallegoix, porte-parole des artistes et photographe participant à l’exposition qui sera présentée au Centre culturel Yvonne L. Bombardier à partir du 15 septembre, souligne l’importance de la photographie d’art, en cette époque où il se prend « plusieurs milliards de photos par jour, plus instantanées qu’un polaroïd, immédiatement likées dans des galeries virtuelles aux publics versatiles ».

« La quantité, on l’a. C’est dans la qualité qu’il faut décortiquer la problématique. Qu’est-ce qui fait que des photos deviennent des expos? Il n’y a rien de plus fondamental que la vision artistique, qui conduit les artistes à créer des œuvres porteuses de sens et de sensibilité, qui pousse les commissaires à s’en rendre compte et à les mettre en lumière, qui mène nos contemporains à les apprécier dans leur polysémie parce qu’elles reflètent l’esprit de la nature, de notre époque et de notre territoire. Ce n’est pas Instagram : c’est un autre monde, réel, ancré, celui des émotions et des sentiments, où on ne donne pas de réponse, mais où on pose des questions différentes », de résumer le créateur, soulignant l’objectif d’OPCDE de montrer la diversité des photographes et de la production photographique.

Parmi les nombreux bailleurs de fonds de l’événement figurent notamment le Conseil des arts et lettres du Québec ainsi que la Ville de Sherbrooke.

« À titre de président du Comité de la culture de la Ville de Sherbrooke, je ne peux qu’encourager ce type d’exposition qui, en plus de diffuser les œuvres d’artistes de Sherbrooke et de la région, mise sur le partage des ressources », a souligné le conseiller municipal Paul Gingues.

« Les douze lieux d’exposition ont mutualisé leurs fonds pour la réalisation de l’opuscule et pour la diffusion l’événement (on parle d’un budget de 5000 $). Certains ont puisé dans leur budget de fonctionnement, d’autres ont reçu des commandites de partenaires », conclut Suzanne Pressé.

À LIRE
Un reportage détaillé sur Objectif Photo Cantons-de-l’Est dans le MAG du samedi 31 août