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Enlevante relève
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Ils sont jeunes, ils voient grand et leur avenir nous semble rempli de promesses. Artistes et créateurs de multiples horizons, ils forgeront le paysage culturel de demain. Des quatre coins du Québec, les journaux des coopératives CN2i vous présentent leur fiche d’identité.
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Jules : fier de sa « bouteille à la mer »

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Jules : fier de sa « bouteille à la mer »

SHERBROOKE — À six ans, Julien Thibault, alias Jules, fait ses débuts en musique classique à l’École du Sacré-Cœur de Sherbrooke. Mais à sept ans, il écoute déjà les Green Day, Linkin Park et Simple Plan de ce monde avant d’aller à ses cours de violoncelle. Bien vite, l’appel du rock, du folk et du punk se fera plus fort. Au secondaire, il troque le violoncelle pour la basse. Plus tard, il s’inscrit à l’École de la chanson de Granby. Et l’automne dernier, il lançait son premier album solo. 

Julien se dit toutefois reconnaissant de ses multiples apprentissages en musique classique. « Tu n’as pas besoin d’être le Dany Laferrière de la langue pour bien parler français ni d’être le meilleur théoricien en musique pour bien jouer d’un instrument, mais au final, connaître le langage de base, c’est sûr que ça m’a aidé. C’est comme si j’avais appris l’anglais tôt. »

Après cinq ans dans la métropole, l’auteur-compositeur-interprète s’est récemment acheté une maison à Saint-Joachim-de-Shefford et a transformé son garage en studio de musique. 

« Je suis vraiment chanceux de pouvoir créer chez moi malgré le confinement. Je continue de travailler sur des disques et j’écris beaucoup. Une chance que j’ai mon chien qui me fait sortir un peu! » rigole Jules, qui subit tout de même les contrecoups de la pandémie. 

En effet, une tournée estivale en Europe attendait Jules et ses musiciens en 2020. « Je suis allé quelques fois en Europe pour jouer avec d’autres artistes, mais d’y aller pour mon projet solo, ça aurait été tout un trip », regrette le jeune homme, qui est aussi musicien pour d’autres artistes (Coco Méliès, Tim Brink, sans oublier son groupe Édwar 7, avec qui il a remporté le concours Sherbrooklyn en 2014 et qui est présentement en pause). 

Des pilules… et alors?

Pour ce qui est de ses talents artistiques, la pomme est tombée plutôt loin de l’arbre. « Mes parents sont pharmaciens. Ma mère a joué un peu de piano au couvent, mais mon père, dès qu’il essaie de chanter deux mots, ma mère rit de lui », raconte-t-il. 

Vu le métier de ses parents, le titre de son premier album paru le 11 octobre, Jules et ses pilules, en fait rire plus d’un, mais est très significatif pour l’artiste. « La maladie mentale fait partie de ma vie depuis que je suis ado, tout comme la médication », avance-t-il sans gêne. 

« Choisir ce titre, c’était une façon de montrer que le côté “pilule” n’est pas seulement négatif. Les pilules, ça peut être autant des médicaments que des amis, autant des chansons que des relations », poursuit celui qui désire faire sauter les tabous. 

Jules considère ses textes comme de l’autofiction : « Je me base sur des expériences personnelles, mais j’aime les transposer dans certaines situations qui ne représentent pas nécessairement ce que je vis. »

Sa fierté, c’est d’avoir réalisé ce premier album, qui n’est certainement pas le dernier.

« C’était un peu comme une bouteille à la mer. Je ne savais pas ce que ça allait donner. J’écrivais souvent des textes pour d’autres projets, mais j’ai ressenti le besoin d’écrire pour moi », termine Jules, qui considère l’écriture comme « un miroir thérapeutique ».

Simon Veilleux : (re)découvrir la musique

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Simon Veilleux : (re)découvrir la musique

SHERBROOKE — Passionné de musique émergente, le Sherbrookois Simon Veilleux a créé une plateforme web destinée aux découvertes musicales de tous genres. Il souhaite « ajouter son grain de sel » dans l’univers de la musique avec Groover.ca.

« Ça faisait plusieurs années que j’y pensais. Je trouvais qu’il y avait un manque au Québec. Il y a une offre grandissante, presque infinie maintenant avec les plateformes numériques comme Spotify et Apple Music. Le projet Groover se présente comme un premier filtre pour épurer l’offre musicale et exposer les découvertes et les nouveautés. »

Même s’il ne joue d’aucun instrument, Simon Veilleux s’est naturellement laissé porter par la musique. Sa mère Suzanne-Marie Landry ayant toujours été très active dans le milieu culturel québécois (elle est maintenant directrice générale et artistique du Théâtre Granada de Sherbrooke), il a passé sa vie à courir les spectacles et à s’engager bénévolement. 

À l’âge de 20 ans, il s’est installé à Québec pour étudier en communication. Entre deux trimestres universitaires, il a suivi une formation à Los Angeles en production musicale pour finalement se trouver un emploi dans la région montréalaise dans le but d’économiser et de voyager.

Pandémie oblige, Simon vient tout juste de rentrer à la maison au terme d’un voyage de 10 mois à travers l’Europe, l’Asie et l’Océanie, où il a notamment travaillé sur sa nouvelle plateforme web lancée en 2019.

« Mon idée, c’est de me concentrer à 100 pour cent sur le projet dans les années à venir. Le blogue est la pierre d’assise de Groover.ca,

Mais comme c’est un modèle d’affaires plus ou moins viable, je travaille aussi sur des projets de spectacles au Québec. Nous avons dans l’optique de faire découvrir de nouveaux talents émergents québécois, canadiens et internationaux de toutes les façons possibles. »

Une mission, plusieurs façons

Simon avoue avoir une vision assez grande pour l’avenir. « Je vois beaucoup de tentacules à Groover. On veut produire des spectacles, alimenter une chaîne YouTube, faire des podcasts. Bref, devenir un média d’importance au Québec. »

Portraits d’artistes, nouveautés, critiques culturelles, palmarès : l’offre est très diversifiée. Par exemple, l’équipe de rédaction lancera prochainement le palmarès 20/20 : les 20 musiciens de 20 ans les plus prometteurs en 2020.

« On ne veut pas faire d’âgisme et on tient vraiment à servir tout le monde, mais je crois que c’est important de faire beaucoup de place à la relève. »

Le Sherbrookois s’estime heureux de compter sur une équipe d’une dizaine de personnes dévouées qui ont chacune leur champ d’expertise.

« C’est le critère que je préconisais lors de la sélection. Je voulais m’entourer de gens qui connaissent la musique sous différents angles. Certains m’aident pour le site web, d’autres pour la rédaction, mais leurs goûts musicaux sont variés et c’est ce qui fait la beauté du projet. » 

Si l’on demande au jeune fondateur de Groover.ca ce qu’il souhaite faire comme différence dans l’univers musical québécois, il répond ceci : « Soyez ouverts à la nouveauté culturelle et surtout soyez curieux. Laissez-vous transporter et écoutez de nouvelles choses. Découvrir de nouveaux artistes, ça fait grandir. »

Zacharie Turgeon: gros plan sur l’aventure 

Nouveaux visages

Zacharie Turgeon: gros plan sur l’aventure 

Ils sont jeunes, ils voient grand et leur avenir nous semble rempli de promesses. Artistes de multiples horizons, ils forgeront le paysage culturel de demain. Des quatre coins du Québec, les journaux des coopératives CN2i vous les présentent.

Zacharie Turgeon ne rêve pas du tapis rouge de Cannes, mais plutôt d’une projection à Banff dans le cadre du Festival du film de montagne.

Lauma: comme une boîte à musique

Nouveaux visages

Lauma: comme une boîte à musique

Ils sont jeunes, ils voient grand et leur avenir nous semble rempli de promesses. Artistes de multiples horizons, ils forgeront le paysage culturel de demain. Des quatre coins du Québec, les journaux des coopératives CN2i vous présentent leur fiche d’identité.

Bien avant d’entrer en studio avec Claude Bégin, qui a réalisé son premier minialbum, avant de faire ses classes à Granby ou même de tenter sa chance à Cégeps en spectacle, Laura Magnan, alias Lauma, savait qu’elle ferait de la musique un métier. Pour l’autrice-compositrice-interprète de Québec, la certitude était ancrée dès la petite école.

LaFièvre : Le prof qui rappe

Nouveaux visages

LaFièvre : Le prof qui rappe

Ils sont jeunes, ils voient grand et leur avenir nous semble rempli de promesses. Artistes de multiples horizons, ils forgeront le paysage culturel de demain. Des quatre coins du Québec, les journaux des coopératives CN2i vous les présentent.

Avoir comme nom d’artiste LaFièvre et lancer son premier minialbum en pleine pandémie, ça ne s’invente (presque!) pas. Rassurez-vous, le rappeur — et enseignant — ne joue pas ici d’opportunisme. Ce surnom, Hugo Lefebvre le porte depuis un moment.

Marcus Quirion : de musique et de campagne

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Marcus Quirion : de musique et de campagne

SHERBROOKE — Il est un peu le « gentil géant » de la relève musicale estrienne. Né en milieu rural, Marcus Quirion a quand même vite su que sa stature, parfaite pour le labeur agricole, serait mise à profit autrement, et qu’il conduirait moins souvent un tracteur qu’il jouerait de la guitare.

Après des débuts remarqués au sein de la formation Édwar 7, lauréate du concours Sherbrooklyn en 2014, Marcus n’a pas attendu trop longtemps avant de tracer sa propre voie lorsque le quatuor s’est mis en pause. Un premier album solo, La phobie des grandeurs, a vu le jour en 2018. Deux ans plus tard, le revoici déjà avec un opus 2, Prêt. Parallèlement, il a aménagé son studio dans sa petite maison de Saint-Venant-de-Paquette, le Bolo Tie Studio, ce qui lui permet, en plus, de donner un coup de main aux artistes qui font leurs premiers pas, comme lui il n’y a pas si longtemps.

« En fait, la réalisation représente à peu près 70 pour cent de mon travail en ce moment. Pour un gars comme moi qui a longtemps eu son studio en itinérance, dans des endroits étranges (même dans son coffre de char), c’était très important de m’installer en permanence », souligne celui qui se spécialise, en ce moment, avec les artistes en début de carrière. Ses contrats sont en majorité des premiers « EP » ou des premiers albums, souvent en autoproduction.

« J’offre quelque chose qui respecte ce genre de budget. Dans le fond, je ne suis qu’une ou deux marches d’escalier plus haut que les artistes que j’aide à commencer, mais je trippe de recevoir des chansons toutes nues et, comme je dis souvent, de les rendre comestibles. C’est ce que je préfère dans ce travail. Mais je deviens aussi, par la force des choses, une sorte d’homme à tout faire. C’est arrivé quelques fois que j’ai fini par être intégré au band et par participer à quelques spectacles. »

Force est d’admettre que son choix de s’établir à la campagne était aussi le bon. « Ça ne me nuit pas. Pas mal tous ceux qui sont venus au studio se sont aperçus qu’ils adoraient se retrouver quelques jours dans la nature. Le party de cuisine de la musique est à Montréal, mais je trippe à décentraliser ça et j’ai appris à assumer ce choix. Je fais simplement un peu plus de route. Je n’aurais pas été cohérent avec moi-même si je m’étais installé en ville. »

Ne pas sortir la campagne du gars

Car si Marcus a vite su qu’il ne consacrerait pas sa vie au travail de la terre, il ne lui a fallu guère plus de temps pour constater qu’il ne pourrait se priver de sa campagne.

« Après avoir terminé l’École de la chanson de Granby, tous les membres d’Édwar 7 se sont retrouvés à Montréal. On était crinqués et c’est ça qui est le fun avec un groupe : on peut se motiver les uns les autres. J’adore Montréal, mais après un an, j’ai vu que ce n’était pas pour un gars comme moi, qui a grandi sur une ferme de Coaticook. Je n’étais pas prêt à me déraciner à ce point. »

Même si ses activités de réalisateur l’occupent beaucoup, le jeune auteur-compositeur-interprète continue de se consacrer à la création de son propre répertoire. La pandémie et l’annulation des spectacles qui a suivi lui ont simplement donné plus de temps pour écrire. « J’ai décidé de me lever tôt quand même, au cas où il se passerait quelque chose une fois installé derrière mon piano ou avec ma guitare sur les genoux. C’est fou, le nombre de mauvaises chansons qui restent dans le tiroir avant d’arriver à un album! »

Marcus se décrit comme un auteur de style country : « J’aime parler de choses assez simples, la plupart du temps inspirées de mon vécu. Je n’ai pas vraiment de méthode : je pars souvent d’improvisations et ça finit par s’organiser et à se transformer en poésie. »

La plupart de ses chansons actuelles abordent donc les questionnements d’un jeune adulte en pleine construction.

« La mi-vingtaine, c’est pas mal juste ça, des remises en question, dit-il, à demi amusé. Par exemple, tout l’album Prêt porte sur l’engagement et sur la capacité de l’assumer. Mais mes chansons ne sont pas des thérapies. C’est plus quand j’ai fait le bilan et que j’ai compris ce qui se passe que je me mets à écrire. »