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Ils sont jeunes, ils voient grand et leur avenir nous semble rempli de promesses. Artistes et créateurs de multiples horizons, ils forgeront le paysage culturel de demain. Des quatre coins du Québec, les journaux des coopératives CN2i vous présentent leur fiche d’identité.
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Jules : fier de sa « bouteille à la mer »

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Jules : fier de sa « bouteille à la mer »

Mireille Vachon
Mireille Vachon
La Tribune
SHERBROOKE — À six ans, Julien Thibault, alias Jules, fait ses débuts en musique classique à l’École du Sacré-Cœur de Sherbrooke. Mais à sept ans, il écoute déjà les Green Day, Linkin Park et Simple Plan de ce monde avant d’aller à ses cours de violoncelle. Bien vite, l’appel du rock, du folk et du punk se fera plus fort. Au secondaire, il troque le violoncelle pour la basse. Plus tard, il s’inscrit à l’École de la chanson de Granby. Et l’automne dernier, il lançait son premier album solo. 

Julien se dit toutefois reconnaissant de ses multiples apprentissages en musique classique. « Tu n’as pas besoin d’être le Dany Laferrière de la langue pour bien parler français ni d’être le meilleur théoricien en musique pour bien jouer d’un instrument, mais au final, connaître le langage de base, c’est sûr que ça m’a aidé. C’est comme si j’avais appris l’anglais tôt. »

Après cinq ans dans la métropole, l’auteur-compositeur-interprète s’est récemment acheté une maison à Saint-Joachim-de-Shefford et a transformé son garage en studio de musique. 

« Je suis vraiment chanceux de pouvoir créer chez moi malgré le confinement. Je continue de travailler sur des disques et j’écris beaucoup. Une chance que j’ai mon chien qui me fait sortir un peu! » rigole Jules, qui subit tout de même les contrecoups de la pandémie. 

En effet, une tournée estivale en Europe attendait Jules et ses musiciens en 2020. « Je suis allé quelques fois en Europe pour jouer avec d’autres artistes, mais d’y aller pour mon projet solo, ça aurait été tout un trip », regrette le jeune homme, qui est aussi musicien pour d’autres artistes (Coco Méliès, Tim Brink, sans oublier son groupe Édwar 7, avec qui il a remporté le concours Sherbrooklyn en 2014 et qui est présentement en pause). 

Des pilules… et alors?

Pour ce qui est de ses talents artistiques, la pomme est tombée plutôt loin de l’arbre. « Mes parents sont pharmaciens. Ma mère a joué un peu de piano au couvent, mais mon père, dès qu’il essaie de chanter deux mots, ma mère rit de lui », raconte-t-il. 

Vu le métier de ses parents, le titre de son premier album paru le 11 octobre, Jules et ses pilules, en fait rire plus d’un, mais est très significatif pour l’artiste. « La maladie mentale fait partie de ma vie depuis que je suis ado, tout comme la médication », avance-t-il sans gêne. 

« Choisir ce titre, c’était une façon de montrer que le côté “pilule” n’est pas seulement négatif. Les pilules, ça peut être autant des médicaments que des amis, autant des chansons que des relations », poursuit celui qui désire faire sauter les tabous. 

Jules considère ses textes comme de l’autofiction : « Je me base sur des expériences personnelles, mais j’aime les transposer dans certaines situations qui ne représentent pas nécessairement ce que je vis. »

Sa fierté, c’est d’avoir réalisé ce premier album, qui n’est certainement pas le dernier.

« C’était un peu comme une bouteille à la mer. Je ne savais pas ce que ça allait donner. J’écrivais souvent des textes pour d’autres projets, mais j’ai ressenti le besoin d’écrire pour moi », termine Jules, qui considère l’écriture comme « un miroir thérapeutique ».

FICHE D’IDENTITÉ

Nom : Julien Thibault, alias Jules

Âge : 25 ans

Origine : Sherbrooke

Discipline : Musique

Premiers pas : À l’école du Sacré-Cœur de Sherbrooke, et plus sérieusement dans un local sous le Woodstock Bar de la Well Sud avec le groupe Édwar 7.

Aspirations : Continuer de vivre de ma musique, malgré les changements qui se pointent à l’horizon. Sans plus, sans moins.

Mentors : J’ai eu tellement de mentors qui m’ont aidé à différentes époques et de différentes façons. Deux piliers pour moi : Jean Paré et Marie-Claire Séguin.

Allégeances : Politiques? C’est dur à dire. Musicales? Le groupe Bright Eyes, Jean-Pierre Ferland, Billy Talent et Jacques Brel.

Dépendances : Mes vitamines du matin, le café qui vient avec et la bouteille de vin qui vient plus tard.

Fiertés : Ma famille et mes amis. Mes amours. Mon chien. Mes ambitions.

Regrets : Avoir voulu vieillir trop vite. J’aurais dû prendre plus de temps de l’autre côté de l’adolescence, mais en même temps, j’pense pas que ça changerait quoi que ce soit.

JULESJULES ET SES PILULESFOLK-ROCK FRANCOProductions Julien Thibault
Simon Veilleux : (re)découvrir la musique

Arts

Simon Veilleux : (re)découvrir la musique

Sabrina Lavoie
Sabrina Lavoie
La Tribune
Ils sont jeunes, ils voient grand et leur avenir nous semble rempli de promesses. Artistes et créateurs de multiples horizons, ils forgeront le paysage culturel de demain. Des quatre coins du Québec, les journaux des coopératives CN2i vous présentent leur fiche d’identité.

Passionné de musique émergente, le Sherbrookois Simon Veilleux a créé une plateforme web destinée aux découvertes musicales de tous genres. Il souhaite « ajouter son grain de sel » dans l’univers de la musique avec Groover.ca.

« Ça faisait plusieurs années que j’y pensais. Je trouvais qu’il y avait un manque au Québec. Il y a une offre grandissante, presque infinie maintenant avec les plateformes numériques comme Spotify et Apple Music. Le projet Groover se présente comme un premier filtre pour épurer l’offre musicale et exposer les découvertes et les nouveautés. »

Même s’il ne joue d’aucun instrument, Simon Veilleux s’est naturellement laissé porter par la musique. Sa mère Suzanne-Marie Landry ayant toujours été très active dans le milieu culturel québécois (elle est maintenant directrice générale et artistique du Théâtre Granada de Sherbrooke), il a passé sa vie à courir les spectacles et à s’engager bénévolement. 

À l’âge de 20 ans, il s’est installé à Québec pour étudier en communication. Entre deux trimestres universitaires, il a suivi une formation à Los Angeles en production musicale pour finalement se trouver un emploi dans la région montréalaise dans le but d’économiser et de voyager.

Pandémie oblige, Simon vient tout juste de rentrer à la maison au terme d’un voyage de 10 mois à travers l’Europe, l’Asie et l’Océanie, où il a notamment travaillé sur sa nouvelle plateforme web lancée en 2019.

« Mon idée, c’est de me concentrer à 100 pour cent sur le projet dans les années à venir. Le blogue est la pierre d’assise de Groover.ca,

Mais comme c’est un modèle d’affaires plus ou moins viable, je travaille aussi sur des projets de spectacles au Québec. Nous avons dans l’optique de faire découvrir de nouveaux talents émergents québécois, canadiens et internationaux de toutes les façons possibles. »

Une mission, plusieurs façons

Simon avoue avoir une vision assez grande pour l’avenir. « Je vois beaucoup de tentacules à Groover. On veut produire des spectacles, alimenter une chaîne YouTube, faire des podcasts. Bref, devenir un média d’importance au Québec. »

Portraits d’artistes, nouveautés, critiques culturelles, palmarès : l’offre est très diversifiée. Par exemple, l’équipe de rédaction lancera prochainement le palmarès 20/20 : les 20 musiciens de 20 ans les plus prometteurs en 2020.

« On ne veut pas faire d’âgisme et on tient vraiment à servir tout le monde, mais je crois que c’est important de faire beaucoup de place à la relève. »

Le Sherbrookois s’estime heureux de compter sur une équipe d’une dizaine de personnes dévouées qui ont chacune leur champ d’expertise.

« C’est le critère que je préconisais lors de la sélection. Je voulais m’entourer de gens qui connaissent la musique sous différents angles. Certains m’aident pour le site web, d’autres pour la rédaction, mais leurs goûts musicaux sont variés et c’est ce qui fait la beauté du projet. » 

Si l’on demande au jeune fondateur de Groover.ca ce qu’il souhaite faire comme différence dans l’univers musical québécois, il répond ceci : « Soyez ouverts à la nouveauté culturelle et surtout soyez curieux. Laissez-vous transporter et écoutez de nouvelles choses. Découvrir de nouveaux artistes, ça fait grandir. »

FICHE D’IDENTITÉ

Nom : Simon Veilleux

Âge : 27 ans

Origines : Sherbrooke

Discipline : Journaliste culturel spécialisé en découvertes musicales 

Premiers pas : Étudiant, j’ai travaillé comme disquaire chez Archambault pendant plus de cinq ans. J’étais déjà passionné de musique et j’ai pu y approfondir ma culture musicale. 

Aspirations : Mon plus grand rêve est de publier un magazine culturel (version papier!), une édition annuelle récapitulative avec une foule de découvertes musicales. Ça peut sonner dépassé, mais je reste persuadé que le papier a encore une place de choix dans notre vie.

Mentor : J’ai eu la chance d’être épaulé et guidé par ma mère. Elle s’est occupée d’une multitude d’événements à travers la province. Sa passion m’inspire grandement, encore aujourd’hui.

Allégeances : Je défendrai les artistes jusqu’à ce qu’ils soient entendus. Malheureusement, trop de musiciens sont incapables de vivre de leur art à cause de la mauvaise redistribution des profits dans l’industrie musicale. Ils sont au bas de la pyramide et récoltent des miettes pour leur travail, alors que des géants du web s’enrichissent. Le modèle d’affaires est défaillant et doit être repensé.

Dépendances : Les nouveautés musicales. J’ai une obsession pour les artistes émergents. Je veux toujours découvrir la perle rare avant tout le monde. C’est maladif.

Fierté : Je suis fier du chemin parcouru en si peu de temps et de l’équipe avec laquelle je travaille. Je peux également dire que je suis fier de ce qui s’en vient... si la pandémie peut se terminer un jour!

Regrets : Avoir tardé à lancer mon site web. J’ai douté pendant trop d’années, mais maintenant, je mets les bouchées doubles pour rattraper le temps perdu.

Zacharie Turgeon: gros plan sur l’aventure 

Nouveaux visages

Zacharie Turgeon: gros plan sur l’aventure 

Mario Boulianne
Mario Boulianne
Le Droit
Ils sont jeunes, ils voient grand et leur avenir nous semble rempli de promesses. Artistes de multiples horizons, ils forgeront le paysage culturel de demain. Des quatre coins du Québec, les journaux des coopératives CN2i vous les présentent.

Zacharie Turgeon ne rêve pas du tapis rouge de Cannes, mais plutôt d’une projection à Banff dans le cadre du Festival du film de montagne.

Ce n’est pas parce que le Gatinois vivant maintenant à Québec compte bouder la Croisette, bien au contraire. Mais pour le jeune réalisateur de 25 ans, il n’y a rien de mieux que le film sur les sports d’aventure.

«J’ai toujours été attiré par ce genre projets, confie-t-il au Droit. Et j’ai toujours rêvé de voir un des documentaires à l’affiche du Banff Mountain Film Festival qui est, en fait, une compétition internationale de films et une présentation annuelle de courts métrages et de documentaires sur la culture de la montagne, les sports et l’environnement.»

Mais, malgré ses ambitions de documentariste, Zacharie a dû faire ses classes et parfaire ses compétences au fil des projets et de ses années de formation scolaire. Ses premiers pas, il les a faits lors de son passage à l’école secondaire De l’île, à Hull. «Des petits films avec les amis, des clips sur des rides de skate, c’était ça, mes premiers films, explique-t-il. Le cinéma a toujours été important dans ma vie et ma passion pour le sport ne faisait qu’amplifier mon besoin de tout filmer.»


« J’aime beaucoup mieux travailler avec des petites équipes de production que sur des gros plateaux. »
Zacharie Turgeon

C’est rendu au Cégep de l’Outaouais que le jeune réalisateur amorce quelques projets plus intéressants, mais plutôt derrière la caméra et en assistant d’autres réalisateurs.

«J’ai collaboré à quelques projets avec la firme Orkestra à Gatineau, se rappelle-t-il. Je tenais la caméra et assistait à la réalisation en faisant plusieurs tâches. J’ai travaillé auprès de Dominic Faucher et j’ai beaucoup appris. Ce fut vraiment mes premiers pas en professionnel.»

Année sabbatique

C’est après ces deux années collégiales que tout semble se mettre en place pour Zacharie.

«J’ai pris une année sabbatique après le cégep, dit-il. Pendant cette année, j’ai vraiment pris conscience de ce que je voulais vraiment faire dans la vie. Je me suis donc inscrit à l’université Laval en communication. Pendant mon baccalauréat, j’ai collaboré avec plusieurs boîtes de communications, dont La Raffinerie à Québec.»

Grâce à cette collaboration, Zacharie a pu parfaire ses techniques et mettre à profit sa formation en publicité.

«Nous avons fait des projets vraiment cool, dont un avec Ubisoft Québec. J’ai aussi fait des capsules créatives pour le Festival d’été de Québec (FEQ). Par contre, en raison de la crise de la COVID-19, mes projets avec le FEQ ont été annulés cette année.»

Par contre, le Gatinois a quand même eu le temps de produire une campagne de promotion commandée par son alma mater, l’Université Laval.

Et plus récemment, il a réalisé le projet #Restonsforts de la commission scolaire des Draveurs (CSD), à Gatineau, avec les élèves de l’école primaire Du Vallon.

Ce projet, qui a demandé la collaboration de plusieurs familles en confinement, a été mis en ligne sur la page Facebook de la CSD.

Zacharie Turgeon, un jeune réalisateur originaire de Gatineau et qui continue sa carrière dans la Vieille Capitale, a récemment tourné un film d’aventure sur le ski et le surf sur la côte Est des Etats-Unis.

L’aventure

Sa formation universitaire l’a orienté vers la publicité, mais ce domaine ne l’allume pas plus qu’il le faut.

Il y voit quand même une belle occasion de se forger un curriculum vitæ de qualité.

«Je mets quand même en pratique ma formation en publicité dans mes réalisations, explique-t-il. Il y a des concepts immuables que j’applique au quotidien dans mes productions. Par contre, j’aime beaucoup mieux travailler avec des petites équipes de production que sur des gros plateaux. Enfin, pour l’instant, c’est ce que je recherche le plus. On verra ce que l’avenir me réservera.»

Et c’est vers le film d’aventures que le réalisateur est résolument tourné.

«Pour l’instant, c’est là que je veux aller. Avant le confinement, je suis allé dans l’est des États-Unis pour un tournage avec des skieurs et des surfeurs, dit-il. Je vais terminer ce projet bientôt et j’aimerais bien l’inscrire au Festival de Banff.»

Lauma: comme une boîte à musique

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Lauma: comme une boîte à musique

Geneviève Bouchard
Geneviève Bouchard
Le Soleil
Ils sont jeunes, ils voient grand et leur avenir nous semble rempli de promesses. Artistes de multiples horizons, ils forgeront le paysage culturel de demain. Des quatre coins du Québec, les journaux des coopératives CN2i vous présentent leur fiche d’identité.

Bien avant d’entrer en studio avec Claude Bégin, qui a réalisé son premier minialbum, avant de faire ses classes à Granby ou même de tenter sa chance à Cégeps en spectacle, Laura Magnan, alias Lauma, savait qu’elle ferait de la musique un métier. Pour l’autrice-compositrice-interprète de Québec, la certitude était ancrée dès la petite école.

«En première année du primaire, il fallait dire ce qu’on allait faire plus tard, raconte la jeune artiste. On avait un petit livret avec des photos de nous et à la fin, il fallait dessiner ce qu’on allait devenir. J’avais écrit : “plus tard, je vais être une chanteuse”. Et j’avais dessiné une femme avec des talons hauts sur un podium qui recevait des roses!»

Au bout du fil — COVID-19 oblige —, l’anecdote se conclut dans un grand éclat de rire. Voilà pour la vocation. N’empêche que Lauma, qui a lancé récemment le minialbum Pixels, a multiplié les initiatives pour la voir se concrétiser. Des cours de guitare dès l’enfance — bercée par Dany Bédar, Daniel Bélanger et plus tard, Jason Mraz —, un parcours de chant choral puis quelques concours, dont La voix Garneau, où sa coach, Lily Thibodeau, l’a encouragée à prendre la plume.

«Elle m’a dit : “t’es capable d’écrire. Vas-y, lâche pas”. Moi, je ne savais juste pas comment faire pour écrire une chanson. Mais finalement, ç’a débloqué. J’ai trouvé un gars cute et j’ai écrit Cœur de miel! Je suis allée plus loin dans la chanson que ce qui s’est réellement passé...» relate Lauma à propos du titre qui ouvre son minialbum.

Sa participation à Cégeps en spectacle lui a ouvert les portes du Festival de la chanson de Tadoussac, où elle a participé à la résidence d’écriture pilotée chaque année par Xavier Lacouture. Puis, l’autrice-compositrice-interprète est allée parfaire ses connaissances à l’École de la chanson de Granby. «C’est là que sont nées les quatre autres chansons du EP», précise celle qui décrit son style musical comme du «pop-folk joyeux… Comme une boîte à musique...»

Le coût d’essayer

Laura Magnan n’est pas du genre très timide… Elle ne semble pas non plus remettre à demain ce qu’elle peut faire maintenant. On le comprend lorsqu’elle prend le temps au milieu d’une entrevue de partager avec une journaliste une «trop bonne» recette de tofu piri-piri (on la remercie!). Ç’a aussi été le cas d’une manière autrement plus considérable dans son cheminement lorsqu’elle a décidé d’écrire à Claude Bégin, dont elle admirait le travail en solo et ses collaborations avec Karim Ouellet.

«Je lui ai dit que j’aimais vraiment ce qu’il faisait et je lui ai demandé si on pouvait faire une chanson ensemble, note-t-elle. Ou peut-être même un album. Je me disais qu’il ne me répondrait peut-être jamais, mais qu’au moins, j’aurais essayé.»

Bien occupé par ses projets, lui qui est notamment membre de la formation Alaclair Ensemble, Bégin a trouvé du temps pour mettre sa griffe bien audible sur les chansons de Lauma. «Ça m’a fait dire que tout est possible dans ce métier, lance-t-elle. Si tu as envie d’écrire à un artiste, tu ne perds rien à essayer...»

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FICHE  D'IDENTITÉ

Nom : Laura Magnan, alias Lauma

Âge : 23 ans

Origine : Québec

Discipline : Autrice-compositrice-interprète

Premiers pas : Mes premiers cours de guitare à l’âge de huit ans. Et plus professionnellement, quand j’ai participé à Cégeps en spectacle. 

Aspirations : J’ai pu cocher de ma liste de faire un minialbum avec Claude Bégin. C’est quelque chose que je voulais vraiment faire. J’aimerais faire un autre EP, possiblement encore avec lui, parce que je l’aime trop. Sinon, j’aimerais faire un single avec FouKi. J’adore ce qu’il fait. Je trouve que c’est du rap mélodieux. 

Mentor : De loin, je dirais que c’est Jason Mraz. Avec son album Mr A-Z, il m’a vraiment marquée parce qu’il fait plusieurs styles dans le même album. Je pense que c’est ce qui fait que j’aime plein de styles différents. 

Allégeance : Ce n’est pas lié à la musique, mais je suis végétalienne. Les animaux, pour moi, c’est vraiment important. Ça me tient vraiment à cœur. J’ai découvert plein de saveurs grâce à ça et je conseille à tout le monde de l’essayer, ne serait-ce qu’en faisant le veganuary en l’essayant pendant un mois. Ou une semaine, comme les gens le sentent. 

Dépendance : J’ai une dépendance extrême au chocolat. C’est vraiment difficile de m’arrêter, c’est trop bon. J’ai fait cinq mug cakes dans la même semaine. Je suis capable de m’en passer pendant une journée, mais peut-être pas deux!

Fierté : Ma chanson Ma belle Clodie, c’est ma fierté musicale. Ma fierté dans ma vie, c’est mon copain. 

Regrets : Non. Je pense qu’il ne faut pas en avoir. Quand c’est passé, on se fait du mal à avoir des regrets.

LaFièvre : Le prof qui rappe

Nouveaux visages

LaFièvre : Le prof qui rappe

Geneviève Bouchard
Geneviève Bouchard
Le Soleil
Ils sont jeunes, ils voient grand et leur avenir nous semble rempli de promesses. Artistes de multiples horizons, ils forgeront le paysage culturel de demain. Des quatre coins du Québec, les journaux des coopératives CN2i vous les présentent.

Avoir comme nom d’artiste LaFièvre et lancer son premier minialbum en pleine pandémie, ça ne s’invente (presque!) pas. Rassurez-vous, le rappeur — et enseignant — ne joue pas ici d’opportunisme. Ce surnom, Hugo Lefebvre le porte depuis un moment.

C’est venu d’un jeu de mots avec son nom de famille : The Fever est devenu LaFièvre. Ça tombait sous le sens, le jeune homme ne cache pas son amour de la langue française.

«Je disais avant — et il ne faut pas le prendre au pied de la lettre — que c’est un peu une manière de transmettre le virus à travers ma musique… Mais pas le coronavirus!» rigole au bout du fil celui qui a lancé tout récemment le minialbum Pamplemousse.

«Comme c’est sorti pendant la pandémie, les chansons ne vont peut-être pas être analysées avec la même optique, ajoute-t-il. Les réponses que je reçois parlent du côté positif, de l’espoir qui est envoyé. Mais c’est certain qu’à la base, ça ne devait pas sortir pendant une pandémie.»

Entre l’enseignement et la musique, le cœur d’Hugo Lefebvre balance. Passionné de rap depuis l’adolescence, il a ressenti l’appel de l’enseignement, un métier que le fraîchement diplômé de 25 ans pratique depuis un an en donnant notamment des classes d’histoire et de géographie au secondaire. «J’ai travaillé dans des écoles primaires, des services de garde et petit à petit dans des écoles secondaires avec des contrats. L’an passé, j’avais cinq groupes de secondaire 1 à la fin de l’année. C’était un bon défi pour commencer. Ç’a été très formateur et je suis très heureux de la chance que j’ai eue», résume Lefebvre, qui parle de ce métier comme d’une vocation.

«Des fois, tu peux te réveiller et ne pas avoir le goût d’aller travailler, image-t-il. Ce sentiment-là, je ne l’ai jamais eu avec l’enseignement.»

Conciliation 

Joyeux, rythmé, estival — «avec du beau français parlé», ajoute le principal intéressé —, Pamplemousse s’avère le résultat d’une aventure lancée par des copains cégépiens pour le défi ludique d’explorer les rimes. Un parcours qui est devenu plus sérieux pour Hugo Lefebvre, qui a eu un coup de foudre pour le rap en écoutant des œuvres nées alors qu’il n’était qu’un bambin : il cite notamment la pièce Samouraï de Shurik’n ou les titres d’Accrophone (dont les membres Eman et Claude Bégin font maintenant partie du groupe Alaclair Ensemble).

Le rappeur n’envisage toutefois pas de sitôt remiser son chapeau de prof, qu’il a malheureusement dû mettre de côté momentanément à cause de la COVID-19.

«Je pense qu’il y a moyen de faire les deux, observe-t-il. Mais à la base, j’ai décidé de faire de l’enseignement. Si ma vie changeait et que ça devenait juste la musique, j’aurais beaucoup de plaisir. Mais je pense que le lien que j’ai avec les jeunes, la manière d’entrer en contact avec eux, d’être un modèle, de les faire se découvrir, etc., c’est un peu comme vital. J’ai besoin de transmettre quelque chose à mon prochain pour me sentir plus accompli.»

Lefebvre évoque le contact avec d’autres générations, des plus jeunes étudiants aux collègues plus âgés. Il remarque surtout un terrain de jeu qu’il n’est pas prêt à restreindre, entre l’école et le micro. «Pour moi, c’est un peu de montrer qu’on peut faire les deux, tranche-t-il. Ce n’est pas parce que je ne fais pas de la musique à temps plein que je ne suis pas capable de faire de la musique.»

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FICHE D'IDENTITÉ

Nom : Hugo Lefebvre, alias LaFièvre

Âge : 25 ans

Origines : Québec

Discipline : Rappeur

Premiers pas : En musique, ça s’est passé lors d’impro­visations au Cégep Garneau. C’était des soirées amicales de micro ouvert. 

Aspirations : Ça serait de répandre le bien autour de moi. Ça paraît un peu cliché, mais je pense que le proverbe qui dit de faire aux autres ce que tu voudrais qu’on te fasse et de ne pas faire aux autres ce que tu ne veux pas qu’on te fasse, c’est ce qui est le plus important pour le futur dans ma vie. 

Mentor : Pas vraiment… Je pourrais dire que mon frère a été quelqu’un de très inspirant dans ma vie. C’est un bon modèle. 

Allégeances : Ce que je vais toujours défendre, c’est l’importance d’éduquer. Autant que ce soit dans la famille ou dans les écoles, tout passe par là. C’est vraiment important de transmettre aux autres. On dit souvent qu’il y a des problèmes dans tel ministère, qu’on aimerait que ça change dans tel domaine de la politique. Mais tout ça passe par l’éducation. Plus une société est éduquée, plus elle va être capable d’agir démocratiquement et de prendre des décisions qui vont être bénéfiques pour l’ensemble de la population. 

Dépendances : Je pourrais dire que j’ai une dépendance à la langue française. Sinon, c’est la musique en général. 

Fierté : Je suis fier de ne pas avoir eu peur de montrer mon art. À la base, on se dit tout le temps que c’est sûr qu’on va se faire juger. Il y a toujours des gens qui vont aimer ça et d’autres qui ne vont pas aimer ça. Finalement, ç’a bien roulé. En une journée après le lancement, on a eu 3000 streams. On ne s’attendait à rien et on a de bonnes réponses. 

Regrets : Je pense qu’on a tous des regrets… Je regrette parfois de ne pas avoir mis les efforts qu’il fallait, dans toutes les sphères de la vie. On se dit des fois qu’on peut faire le strict minimum et que ça va passer au lieu de toujours se donner à fond dans ce qu’on entreprend.

Marcus Quirion : de musique et de campagne

Arts

Marcus Quirion : de musique et de campagne

Steve Bergeron
Steve Bergeron
La Tribune
SHERBROOKE — Il est un peu le « gentil géant » de la relève musicale estrienne. Né en milieu rural, Marcus Quirion a quand même vite su que sa stature, parfaite pour le labeur agricole, serait mise à profit autrement, et qu’il conduirait moins souvent un tracteur qu’il jouerait de la guitare.

Après des débuts remarqués au sein de la formation Édwar 7, lauréate du concours Sherbrooklyn en 2014, Marcus n’a pas attendu trop longtemps avant de tracer sa propre voie lorsque le quatuor s’est mis en pause. Un premier album solo, La phobie des grandeurs, a vu le jour en 2018. Deux ans plus tard, le revoici déjà avec un opus 2, Prêt. Parallèlement, il a aménagé son studio dans sa petite maison de Saint-Venant-de-Paquette, le Bolo Tie Studio, ce qui lui permet, en plus, de donner un coup de main aux artistes qui font leurs premiers pas, comme lui il n’y a pas si longtemps.

« En fait, la réalisation représente à peu près 70 pour cent de mon travail en ce moment. Pour un gars comme moi qui a longtemps eu son studio en itinérance, dans des endroits étranges (même dans son coffre de char), c’était très important de m’installer en permanence », souligne celui qui se spécialise, en ce moment, avec les artistes en début de carrière. Ses contrats sont en majorité des premiers « EP » ou des premiers albums, souvent en autoproduction.

« J’offre quelque chose qui respecte ce genre de budget. Dans le fond, je ne suis qu’une ou deux marches d’escalier plus haut que les artistes que j’aide à commencer, mais je trippe de recevoir des chansons toutes nues et, comme je dis souvent, de les rendre comestibles. C’est ce que je préfère dans ce travail. Mais je deviens aussi, par la force des choses, une sorte d’homme à tout faire. C’est arrivé quelques fois que j’ai fini par être intégré au band et par participer à quelques spectacles. »

Force est d’admettre que son choix de s’établir à la campagne était aussi le bon. « Ça ne me nuit pas. Pas mal tous ceux qui sont venus au studio se sont aperçus qu’ils adoraient se retrouver quelques jours dans la nature. Le party de cuisine de la musique est à Montréal, mais je trippe à décentraliser ça et j’ai appris à assumer ce choix. Je fais simplement un peu plus de route. Je n’aurais pas été cohérent avec moi-même si je m’étais installé en ville. »

Ne pas sortir la campagne du gars

Car si Marcus a vite su qu’il ne consacrerait pas sa vie au travail de la terre, il ne lui a fallu guère plus de temps pour constater qu’il ne pourrait se priver de sa campagne.

« Après avoir terminé l’École de la chanson de Granby, tous les membres d’Édwar 7 se sont retrouvés à Montréal. On était crinqués et c’est ça qui est le fun avec un groupe : on peut se motiver les uns les autres. J’adore Montréal, mais après un an, j’ai vu que ce n’était pas pour un gars comme moi, qui a grandi sur une ferme de Coaticook. Je n’étais pas prêt à me déraciner à ce point. »

Même si ses activités de réalisateur l’occupent beaucoup, le jeune auteur-compositeur-interprète continue de se consacrer à la création de son propre répertoire. La pandémie et l’annulation des spectacles qui a suivi lui ont simplement donné plus de temps pour écrire. « J’ai décidé de me lever tôt quand même, au cas où il se passerait quelque chose une fois installé derrière mon piano ou avec ma guitare sur les genoux. C’est fou, le nombre de mauvaises chansons qui restent dans le tiroir avant d’arriver à un album! »

Marcus se décrit comme un auteur de style country : « J’aime parler de choses assez simples, la plupart du temps inspirées de mon vécu. Je n’ai pas vraiment de méthode : je pars souvent d’improvisations et ça finit par s’organiser et à se transformer en poésie. »

La plupart de ses chansons actuelles abordent donc les questionnements d’un jeune adulte en pleine construction.

« La mi-vingtaine, c’est pas mal juste ça, des remises en question, dit-il, à demi amusé. Par exemple, tout l’album Prêt porte sur l’engagement et sur la capacité de l’assumer. Mais mes chansons ne sont pas des thérapies. C’est plus quand j’ai fait le bilan et que j’ai compris ce qui se passe que je me mets à écrire. »

FICHE D’IDENTITÉ

Nom : Marcus Quirion

Âge : 25 ans

Origines : Coaticook

Discipline : Auteur-compositeur-interprète, musicien et réalisateur

Premiers pas : À la polyvalente La Frontalière, à 14 ans, quand j’ai commencé à jouer de la guitare et de la basse dans le programme de musique. Je me suis fait un band avec des amis. On reprenait des classiques d’AC/DC et de Metallica. Jusqu’à 18 ans, j’étais sur ma guitare de huit à douze heures par jour. 

Aspirations : Sur le plan personnel, c’est de fonder une famille. Professionnellement, c’est de travailler en musique tout en améliorant ma qualité de vie chaque année, parce que je me sens vraiment sur mon X. Mais je ne suis pas le plus ambitieux. Je préfère une ascension graduelle et continue plutôt qu’une explosion ou un feu de paille.

Mentor : À l’École de la chanson de Granby, j’ai eu des professeurs vraiment marquants, dont Marie-Claire Séguin, Robert Léger et Vincent Vallières. Je pense qu’on peut sentir l’influence de Vincent quand on écoute ma musique. C’est un gars qui m’a donné beaucoup de tapes dans le dos.

Allégeances : Je viens d’un milieu agricole, alors tout ce qui est achat local, c’est vraiment important pour moi : encourager ce qui vient d’ici et faire avec ce qu’on a. 

Dépendances : La nicotine! Et la musique aussi!

Fierté : D’avoir réussi à acquérir une maison à 24 ans, avec l’argent que j’avais amassé en faisant de la musique. De m’être entêté à y croire et que ça ait fonctionné. Je ne suis pas riche, mais je vis dignement. 

Regrets : Je regarde trop vers l’avenir pour avoir des regrets en ce moment. Il faudrait que je fasse une réelle introspection pour en trouver.

MARCUS QUIRIONPRÊTPOP-ROCK FRANCOProductions Marcus Quirion