Quelque 8000 jeunes ont pris d’assaut le campus de l’Université de Sherbrooke à l’occasion du Festival des harmonies et orchestres symphoniques.

Encore un sans faute pour le Festival des harmonies

Jean-Marie Messier trouve toujours que le lundi qui suit le Festival des harmonies et orchestres symphoniques est très tranquille. Une bonne journée pour se reposer.

Il faut dire que même si l’événement, qui en était à sa 89e édition cette année, est planifié au quart de tour, accueillir 8000 adolescents qui donnent 300 prestations en quatre jours, c’est du sport.

« À chaque événement, je me sens responsable de cette grande famille d’enfants là qui ont un peu la tête ailleurs pendant le Festival », lance le directeur général de l’événement. « Mais ça s’est très bien déroulé, un autre sans faute. »

« Il faut dire que ça fait 21 ans que je suis là... quand je suis arrivé, c’était un peu bordélique. Les premières années, on finissait de démonter à une heure du matin; là, à 18 h, tout est dans les boîtes. On a appris à faire un événement de façon plus légère qu’avant », poursuit-il.

Plusieurs lauréats estriens

En tout cas, les cris de joie ne manquaient pas dans la salle Maurice-O’Bready dimanche alors que les vainqueurs étaient annoncés.

L’Estrie a fait belle figure au tableau des résultats. Le renommé Big Band I de l’école Montcalm a remporté la première place dans sa catégorie, avec une note exceptionnelle de 97 %.

D’autres ensembles sherbrookois ont aussi pris la tête de leur catégorie : c’est le cas du Drumline du Vert & Or, du stage band pour adultes BigBAM, des Harmonies Mitchell I et II, du Grand Chœur de Montcalm et de l’Orchestre à cordes Mitchell.

L’Harmonie Montcalm est pour sa part arrivée deuxième dans sa catégorie, tout comme le Big Band Montcalm II et le Stage band avancé de l’école Du Phare.

Ailleurs en Estrie, l’Harmonie des jeunes La Frontalière (Coaticook) a terminé troisième dans sa catégorie, comme l’Ensemble à vents du Haut-Saint-François (East Angus).

Baisse de participation

Un événement à 8000 participants, c’est beaucoup. Or, il s’agit d’une baisse de participation pour le Festival, qui a déjà accueilli 10 000 personnes par le passé.

« Beaucoup d’écoles ont fermé leurs programmes de musique », explique M. Messier, précisant que certaines troquent la musique pour des programmes plus internationaux, comprenant notamment des voyages.

« Les établissements qui ont des concentrations en musique, comme Mitchell-Montcalm, Victoriaville ou Cowansville, ça va très bien. Mais les harmonies en parascolaire disparaissent. Il y a plus d’offres d’autres activités, mais aussi un nouveau phénomène : les jeunes ont besoin de travailler pour payer leur cellulaire. Donc le soir après l’école, c’est ce qu’ils font dès 14 ou 15 ans. Avant, ça n’existait pas pour cette tranche d’âge des frais fixes comme le cellulaire à 60 ou 70 $ par mois. »

Les formations sont aussi moins nombreuses que par le passé. « Quand je suis arrivé il y a 20 ans, il y avait en moyenne une cinquantaine de personnes par harmonie, et aujourd’hui c’est plus autour d’une trentaine. Le monde change! » constate M. Messier.

« Peut-être qu’un jour il faudra faire notre festival sur internet! » lance-t-il à la blague. Avant de se reprendre bien vite. « Mais non, l’aspect de la fête et du rassemblement des musiciens, c’est très important. Les gens en gardent tellement de bons souvenirs. »

Le OFF Festival se poursuit

Si le Festival des harmonies est terminé, le OFF Festival se poursuit jusqu’à dimanche. Plusieurs repas concerts et spectacles extérieurs sont offerts partout à travers la ville : on peut consulter le
www.sherbrookeenmusique.com pour la programmation complète.