L’artiste multidisciplinaire Normand Achim présente son exposition « L’émoi » à la Maison des arts et de la culture de Brompton.

Émoi et silences à Brompton

L’artiste multidisciplinaire Normand Achim présente une vingtaine d’œuvres traitant de la condition humaine à la Maison des arts et de la culture de Brompton. Le fil conducteur qui unit celles-ci? Elles sont présentées à partir de l’émoi créé ou perçu par l’artiste au moment de saisir l’image – d’où le nom choisi pour l’exposition, « L’émoi ».

Au vernissage dimanche, les visiteurs ont notamment pu voir une série de photos les entraînant dans l’univers d’une jeune femme, qui est accompagnée sur plusieurs clichés d’une statue de bois.

« La jeune femme, il lui manque une main. C’est elle qui guide le petit personnage à travers sa vie imaginaire, elle l’amène dans un autre monde. L’idée derrière ça, c’est que quelqu’un qui est handicapé peut facilement aider quelqu’un qui ne l’est pas », explique Mme Achim.

Plusieurs phrases accompagnent les images de celui pour qui la photographie et l’écriture sont indissociables. « Au moment où je prépare les images, quand je les fais et même après coup, il y a de l’écriture qui me vient et il y a aussi de la musique. J’ai l’impression souvent d’être en équilibre instable entre ces mondes-là, et je tente de trouver ma juste place là-dedans », explique-t-il.

Avant le vernissage, une performance inaugurant L’émoi s’est d’ailleurs tenue, et comprenait huit chansons écrites par M. Achim. La musique avait été composée par René Béchard, et Jean-François Hamel, Rémy Lachance, Sylvie Marchand, Patrick Quintal, Judith Ruel et Fannie Gaudette ont pris part à la performance.

M. Achim a aussi pu compter sur l’aide de son collaborateur Robert Savard et sur celle de sa fille, Éliane-Catrie Blouin-Achim, qui a contribué avec une sculpture à l’exposition.

Stress et oreillers

Dans une autre salle de la Maison des arts et de la culture, on retrouve les œuvres d’Estela López Solis, une artiste en arts visuels originaire du Mexique et qui demeure maintenant dans la région.

Le contraste entre les deux expositions est grand : dans l’univers de Silences, toutes les œuvres sont blanches, faites de matières textiles.

On y retrouve par exemple un oreiller, sur la taie duquel la phrase « Il ne faut pas qu’ils sachent » est brodée en fil blanc sur tissu blanc.

« Je travaille souvent à partir de conversations que j’ai dans le cadre de performances et d’actions dans lesquelles je parle avec les gens. Dans ces conversations, je vais saisir certains mots qui m’intéressent. Dans ce cas, c’est tout autour de peurs, d’angoisses liées au travail, à la productivité. Les gens m’ont partagé ces idées, ces sentiments », rapporte l’artiste.

Elle a décidé d’accoler ces mots liés au stress à des objets doux, comme des oreillers ou des voiles de tissu.

« Je m’intéresse beaucoup aux dualités, aux contrastes. Justement, il y a un contraste dans les difficultés, les peurs ou les émotions exprimées par l’angoisse et les matériaux ou objets choisis, qui viennent vraiment en contrepoids », ajoute-t-elle.

Les expositions L’émoi et Silences sont présentées à la Maison des arts et de la culture de Brompton jusqu’au 11 novembre.