L’auteur-compositeur-interprète Émile Bilodeau était au Festival d’été de Québec lundi dernier pour le spectacle « Belle et Bum Québec-Acadie ».

Émile Bilodeau : le fou aux pieds sur terre

À la fois créature marginale et incarnation parfaite de sa génération, Émile Bilodeau est maintenant loin des rites de passage. Ses plus de 10 000 albums vendus, ses 3 millions d’écoutes en continu et son Félix de révélation de l’année au gala de l’ADISQ 2017 témoignent qu’en ce moment, « ça va » plutôt bien pour le jeune Y.

Son album à saveur folk Rites de passage a non seulement été charnière dans la montée de sa popularité, mais il a aussi dressé le pont entre sa vie d’adolescent et sa vie d’adulte, raconte l’auteur-compositeur-interprète. « Voici l’adulte que je suis, l’homme que je voudrais être. Je n’ai pas de diplôme d’études supérieures, je n’ai pas de permis de conduire. Je me réalise en tant qu’adulte par la musique. »

L’an dernier, il chantait la fête nationale dans un petit parc, sur une scène adjacente à une pataugeoire. Cette année, ce sont les plaines d’Abraham qu’il a conquises. Comme quoi quitter le cégep pour se concentrer sur sa musique n’était pas une idée si farfelue. « Je suis un fou », chante-t-il de toute façon.  

Dis-moi, Émile, qu’est-ce qui a le plus changé entre le jeune Émile qui remportait Cégeps en spectacle il y a quatre ans et celui qui est aujourd’hui partout, tout le temps?

« C’est la bedaine! » lance spontanément la vedette montante, qui avoue avoir du mal à rationner le fast food et « cette bière de diable là » dans sa nouvelle vie effrénée.

« C’est important de garder le cap sur sa communauté, reprend-il sur une note plus sage. Je vois toujours ma blonde, mes amis et mes nouveaux amis. Ça fait en sorte que le bonhomme garde une tête sur les épaules. Pis y a la famille, aussi », confie l’artiste originaire de Longueuil.    

Joual moderne

Cet esprit de vivre ses rêves tout en se gardant les pieds sur terre, bien entouré et disponible, n’est-il pas caractéristique de sa génération? Chose certaine, sa musique l’est.

« Ce qui est intéressant, c’est que ce sont parfois les parents qui proposent mon album à leur enfant. Parfois, c’est l’inverse. C’est particulier, parce que c’est un joual moderne. Ce sont vraiment des choses qui rassemblent ma génération, mais qui rejoignent tout le monde avec la nouvelle réalité technologique qui s’installe. Dans J’en ai plein mon cass, je parle de frustrations que tout le monde connaît. »

Tout en parlant de crise existentielle du haut de ses 22 ans, de Rebound et de Pics de chicks, il parvient à glisser des mots d’amour (Rosie, dédié à sa copine Roseline) et des critiques engagées (América). Il traite de bonheur, de folie, de météo en abondance et de 15 minutes de gloire (Passer à TV).

D’ailleurs, ça ne t’effraie pas que le succès s’estompe et que la bulle éclate?

« Tout le monde a peur de ça, mais j’ai écrit le premier album sans trop penser si ça allait être un succès. J’avais simplement une envie de bien faire. J’avais des périodes creuses où je doutais vraiment de ce qui allait se passer. D’autres fois, j’étais vraiment convaincu que ça allait fonctionner. »

Déjà, il écrit son deuxième album alors qu’il est toujours en tournée. Les enregistrements débuteront en janvier 2019. Pour immortaliser ces nouveaux titres, qu’il teste déjà en spectacle, il fera encore une fois appel à son mentor, Philippe B.

« C’est la première fois que j’ai dû m’imposer une période d’écriture. Les thèmes sont différents pour celui-ci. Je pense que j’ai trouvé l’angle. Ça reste toujours humoristique, mais la différence va être dans la musicalité. »

Rendez-vous à la Fête du lac

Mardi, Émile Bilodeau rassemblera la foule de la Fête du lac des Nations, perché sur la scène Loto-Québec avec son claviériste, son bassiste et sa batteuse. L’artiste dit conserver un excellent souvenir du public sherbrookois, foule qu’il a pu séduire l’hiver dernier au Théâtre Granada.

« C’est un public qui est capable de découvrir et de s’amuser pour les artistes. La foule a été très généreuse à mon égard, mais aussi à l’égard de celui qui avait fait ma première partie, Jérôme 50. »  

Émile sait effectivement manier une foule, lui qui était reconnu pour ses talents d’improvisateur tant au cégep qu’au secondaire.

« Je fais de l’impro tous les soirs dans mes spectacles. J’interagis beaucoup avec le public, avec cette idée de dégourdir les gens, mais en même temps de calmer ceux qui veulent offrir une bière à ma batteuse en plein solo! »

Vous voulez y aller?

Émile Bilodeau
Mardi 17 juillet, 20 h
Scène Loto-Québec
Fête du lac des Nations
Entrée : 20 $ (adolescents : 15 $)