Effervescence pour la littérature imaginaire

SHERBROOKE - Autrefois relégués à la jeunesse ou à la paralittérature, la science-fiction, l'horreur et le fantastique prennent de plus en plus de place dans l'univers littéraire québécois. Ces styles sont aujourd'hui de plus en plus lus et de plus en plus connus du grand public. Le congrès Boréal a d'ailleurs réuni à l'hôtel Time à Sherbrooke au courant de la fin de semaine plusieurs centaines d'amateurs ainsi qu'une quarantaine d'auteurs, tous rassemblés pour leur amour de la littérature de l'imaginaire.

Plusieurs auteurs connus étaient sur place pour animer des discussions, dont Patrick Senécal qui a notamment signé les livres à succès Aliss, 5150, rue des Ormes, Sur le seuil et Les Sept Jours du talion.

«Même si les genres d'horreurs, fantastiques et de science-fiction n'ont pas beaucoup de visibilité, ça se porte de mieux en mieux, soutient-il. Il y a 40 ans quand le congrès a démarré c'était beaucoup moins connu. Maintenant, sans que ce soit hyper populaire il y a beaucoup de maisons d'édition qui ont des collections fantastiques. La science-fiction c'est un peu plus difficile, mais il y a un peu plus d'auteurs québécois connus. Le fantastique monte beaucoup depuis quelques années.»

Cette progression est selon lui liée à la présence de ces genres à l'écran.

«Les séries télévisées s'intéressent beaucoup à ça depuis quelques années, il y a beaucoup de séries d'horreur et de science-fiction comme Black Mirror. Ça donne le goût à des jeunes auteurs québécois de découvrir ce style.»

Un avant et après Harry Potter

Il y a une «effervescence incroyable» autour de la littérature de l'imaginaire selon Dominic Bellavance, auteur notamment de la série Alégracia publiée aux éditions Les Six Brumes. Le changement majeur s'est fait au tournant des années 2000 avec la sortie d'Harry Potter.

«Il y a eu un avant et un après Harry Potter, indique-t-il. Avant les éditeurs n'osaient jamais publier de gros livres pour la jeunesse, mais quand ils se sont rendu compte que les jeunes lisaient les tomes au complet, ils sont embarqués pour avoir une part du gâteau et ils ont continué depuis ce temps. Les films du Seigneur des anneaux ont été tout de suite après. Entre 2003 et 2005, ç'a été l'âge d'or du fantastique.»

Les maisons d'édition ont également fait un peu de place pour l'horreur avec par exemple la série Cobayes ou Les contes interdits. Un geste qu'applaudit Carl Rocheleau, auteur de plusieurs livres dont Benoit et L'Aquilon.

«Ça permet d'aller chercher un public qui réalise que l'horreur existe au Québec et qu'en plus, c'est bon ! résume l'écrivain qui a étudié à Sherbrooke. En tant que lecteur on reconnaît notre ambiance, nos villes. C'est ce qui fait la différence avec un roman écrit aux États-Unis.»