Édith Butler prévoit offrir de nouvelles chansons à son public lors des spectacles qu'elle présentera au cours des prochains mois. 

Édith Butler: «Je n'ai jamais voulu être chanteuse»

Il y a de ces moments où on a l'impression que la vie est déjà toute tracée et Édith Butler en est un excellent exemple. C'est en toute humilité et sans prétention qu'elle a gravi les marches du show-business de la petite école jusqu'aux millions d'albums vendus.
« Je n'ai jamais voulu être chanteuse. J'ai toujours été sur une erre d'aller. Ce n'est que dans la cinquantaine que j'ai vraiment su que je voulais faire ça de ma vie. J'ai eu une petite crise existentielle », raconte la réputée chanteuse canadienne.
Initiée au chant et à la guitare dès son jeune âge, l'artiste maintenant âgée de 71 ans a fait ses débuts sur scène au début des années 1960 lorsque Soeur Cécile, la soeur d'Antonine Maillet, lui a demandé de grimper sur les planches devant les autres élèves du collège Notre-Dame-d'Acadie de Moncton.
Lorsqu'ils ont entendu parler du récital, les directeurs du collège de garçons situé à quelques pas ont demandé à ce que la jeune artiste présente un deuxième concert, ce qu'elle n'a pas hésité à faire, avec quelques chansons de plus dans son répertoire.
« Je n'avais pas beaucoup de chansons et j'ai vite fait le tour. On m'a demandé de les refaire une deuxième fois. Pour le spectacle devant les gars, je m'étais préparé quelques tounes de plus », précise-t-elle.
Lorsque les gens de Radio-Canada ont entendu parler de ces spectacles, ils lui ont offert d'abord de collaborer à la radio, puis de faire partie de l'émission Singalong Jubilee pendant près d'une dizaine d'années. Cette série étant diffusée d'un océan à l'autre, elle a été en mesure d'obtenir une renommée dans tout le Canada anglais.
Ambassadrice de l'Acadie
En 1973, Édith Butler engage Lise Aubert à titre d'imprésario et lance son premier album Avant d'être dépaysée qui connaît un succès instantané. Elle se sert alors de ses talents afin de faire la promotion de son coin de pays.
« Par ma musique et mes chansons, ça m'a permis de dire qui on était, nous les Acadiens. C'est une façon facile et joyeuse de le faire, de dire au monde qu'on est là. Je suis très nationaliste acadienne. J'admire des gens comme Antonine Maillet et Viola Léger (la Sagouine) », affirme-t-elle.
Au cours de ses 50 premières années de carrière, Mme Butler a lancé 18 albums. Cinq d'entre eux ont été certifiés Or et trois ont obtenu la mention Platine. La chanteuse attribue ces succès à son authenticité.
« Je crois que les gens aiment que je sois moi-même et lorsque je chante, je m'amuse beaucoup. Je démontre la culture et la joie de vivre des Acadiens. Je n'ai jamais voulu faire un personnage de moi-même », estime-t-elle.
Même si elle a franchi depuis belle lurette l'âge de la retraite, Édith Butler continue de rouler sa bosse. Elle se prépare à lancer sa biographie La Fille de Paquetville qui sera accompagnée d'une série de conférences. Elle prépare également une série de spectacles en compagnie de René Martel et de Paul Daraîche.
Après le Mondial des Cultures de Drummondville, où elle célébrera en grand ses 50 ans, elle se rendra en France. Puis elle offrira une dizaine de concerts de Noël à Québec.
Trois chansons, trois histoires
Dans le cadre de ses 50 ans de carrière, nous avons demandé à Édith Butler de nous présenter le contexte entourant la création de trois de ses chansons.
Paquetville (Asteure qu'on est là) : J'avais fait ça pour la fête de mon village. Elle devait ne durer qu'un soir. Il fallait que je trouve des paroles faciles à retenir afin que les gens puissent la chanter rapidement avec moi. Maintenant, je suis obligée de la chanter à chaque spectacle, les gens me la demandent tout le temps.
L'Acadie se marie : C'est ma préférée, une chanson vraiment bien faite. Ça date de l'époque où on commençait à sortir de chez nous, à se faire connaître. On invitait les gens à venir nous voir pour la noce, pour fêter à nos côtés.
Aimer la vie (Le retour) : C'est Luc Plamondon qui a écrit le texte. Il est arrivé à la dernière minute en studio. Le texte est tellement moi, tellement vrai, il ne pouvait pas viser plus juste. À un moment donné, je chante : cette écharpe rose que je pose sur mes épaules découvertes. Cette écharpe, c'est Luc qui me l'a offerte. La chanson dit qu'il faut aimer la vie, malgré ses embûches.
L'Acadie célèbre Édith
Vendredi 11 juillet, 21 h
Mondial des cultures
Parc Woodyatt, Drummondville
Entrée sur le site : 17 $ adulte
13$ pour les 13 à 17 ans
gratuit pour les enfants