Les comédiens Denis Blondin et Antoine Lecavalier ont présenté la pièce Réveille-toi Arthur lundi, à la salle Alfred-DesRochers, dans le cadre de la campagne du ruban mauve contre la maltraitance des personnes aînées.

Du théâtre pour sensibiliser à la maltraitance des aînés

Le Comité contre les mauvais traitements faits aux aînés a voulu faire grand cette année pour la campagne du ruban mauve. Par la présentation de la pièce de sensibilisation Réveille-toi Arthur, plusieurs situations réelles d’abus ont été mises en scène.

Même si la pièce se veut humoristique, elle amène les aînés, mais aussi tout leur entourage, à réfléchir sur les actions posées en présence de personnes âgées. « Ce que Arthur vit dans la pièce, ce sont toutes des situations qui nous ont déjà été rapportées », explique Nicole Lévêque, policière communautaire pour le Service de police de Sherbrooke (SPS).

Depuis six ans, différents organismes de l’Estrie se rassemblent pour organiser des activités afin de souligner la Journée mondiale de lutte contre la maltraitance des personnes aînées.

« De la maltraitance, ce n’est pas toujours des histoires qui vont faire la une des journaux. Des gens peuvent avoir un comportement maltraitant et ils ne s’en rendent pas compte », commente Lucie-Caroline Bergeron, coordonnatrice pour l’organisme DIRA-Estrie, un centre d’aide qui participe à l’organisation des activités de prévention chaque année.

Réveille-toi Arthur est présentée depuis maintenant 18 ans. La troupe Poivre et Sel s’est donné comme mission de poursuivre le projet de sensibilisation le plus longtemps possible. Lundi, elle offrait le spectacle pour la deuxième fois à Sherbrooke, à la salle Alfred-DesRochers du Cégep de Sherbrooke.

« La pièce vaut plus que les fameux dépliants. Comme on dit, une image vaut mille mots », explique Antoine Lecavalier, comédien de la pièce.

« Un jour on va tous être un aîné, on s’en va tous vers ce chemin-là. On veut passer le message de faire attention et d’écouter ce que la police dit », ajoute Denis Blondin qui interprète le personnage d’Arthur depuis 15 ans.

À la suite du spectacle, plusieurs intervenants ainsi que le SPS étaient sur place afin de répondre aux questions du public. « On a même prévu un secteur complètement privé, si ça réveille trop de choses et que les gens ont besoin d’en parler immédiatement, on est là », ajoute Mme Lévêque.

« C’est difficile de faire une relation directe avec l’activité et une dénonciation. C’est un processus sensible et douloureux », explique Nicole Lévêque, qui espère que la sensibilisation fera son chemin et poussera le plus de gens possible à dénoncer des cas de violence.

« Avec la pièce et tous les intervenants présents, peut-être que les gens vont reconnaitre des situations et ils vont avoir les outils pour aider », ajoute M. Lecavalier, qui tient le rôle d’abuseur dans la pièce.

Anita Bernier était parmi les spectateurs, et ce n’est pas la première fois qu’elle vient regarder la pièce. « Je me demande pourquoi il n’y a pas plus de monde qui vient voir. C’est tellement bien fait », commente la dame, qui insiste sur la réalité des scènes.

La première fois qu’elle a connu Arthur, c’était lors d’une présentation dans sa résidence pour personnes âgées. « Il y a des gens après qui sont venus chercher plus d’informations », assure-t-elle.