L'humoriste et comédien Dominique Lévesque est décédé mardi au cours d'un voyage au Honduras, victime d'une crise cardiaque alors qu'il faisait de la plongée en apnée.

Dominique Lévesque meurt à 64 ans

L'humoriste et comédien Dominique Lévesque est décédé mardi matin, à l'âge de 64 ans, au cours d'un voyage au Honduras.
Selon une source familiale, il a été victime d'une crise cardiaque alors qu'il faisait de la plongée en apnée, un sport qu'il affectionnait particulièrement.
Né le 10 juin 1952 à Bagotville, au Saguenay, Dominique Lévesque a fait partie du collectif humoristique le Groupe sanguin en compagnie, entre autres, de Dany Turcotte, Marie-Lise Pilote et Émile Gaudreault.
L'artiste était le quatrième d'une famille de huit enfants.
Après ses études universitaires, il est devenu enseignant au Cégep de Jonquière, où il enseignait le français théâtre. Il a d'ailleurs enseigné à de nombreux journalistes, puisqu'il enseignait aux groupes en Arts et technologie des médias. C'est avec des étudiants talentueux qu'il a formé le Groupe sanguin et faisait de l'improvisation et du théâtre noir.
Le groupe s'est imposé comme un incontournable de la scène humoristique québécoise dans les années 1980 et 1990.
Les personnages de l'homme toujours fatigué créé par Dominique Lévesque, ainsi que Dany Verveine, le hippie incarné par Dany Turcotte, sont devenus des classiques.
Dominique Lévesque a par la suite fait carrière dans un duo avec Dany Turcotte, connu sous le nom de Lévesque et Turcotte.
Le Groupe sanguin a d'abord été créé à partir de la Ligue d'improvisation du cégep de Jonquière en 1984. À cette époque, Dominique Lévesque était professeur de théâtre au cégep. Au cours de sa carrière, il a aussi été professeur à l'École nationale de l'humour. Il était présentement scripteur à Radio-Canada.
Dominique Lévesque était aussi connu comme comédien. Il a entre autres joué dans les films Ding et Dong et La vie après l'amour.
Jouant de la guitare et de l'harmonica, il avait d'abord voulu être musicien au sein d'un groupe. Il a tenté de faire carrière comme chansonnier dans les années 1970, lorsqu'il vivait à Thetford Mines.
En soirée, après l'annonce de son décès, les commentaires étaient abondants sur Twitter pour souligner son départ.
Son ancienne comparse Marie-Lise Pilote a dit avoir « allumé une chandelle » pour son ami Dominique, ajoutant que la « vie est bien fragile ».
Attristé, André Ducharme, d'un autre groupe humoristique culte, Rock et Belles Oreilles, s'est rappelé « Des Lundis des Ha! Ha! partagés ».
Une autre grand de l'humour québécois, Daniel Lemire, a dit qu'il ne le connaissait pas beaucoup, mais que « ça ne prenait pas de grandes antennes pour se rendre compte que c'était un chic type ».
De son côté, l'humoriste Mario Tessier, qui a été son élève à l'École nationale de l'humour, a parlé d'un « homme intelligent et vraiment gentil ».
Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a affirmé que le Québec venait de perdre un « grand humoriste qui a marqué l'imaginaire collectif ».
« Un être d'une extrême gentillesse »
Le directeur artistique du Vieux Clocher de Magog, Bernard Caza, était encore incrédule hier soir de ce qui venait d'arriver. Non seulement perd-il « presque un frère », mais il est aussi témoin de la grande douleur de Dany Turcotte, dont il est l'agent et ami depuis l'époque du Groupe Sanguin.
« Dany a appris la nouvelle alors qu'il était en route pour le Saguenay pour souligner l'anniversaire de sa mère. C'est l'épouse de Dominique qui l'a appelé depuis le Honduras, sur son cellulaire, alors qu'il était dans le parc des Laurentides. Elle était encore sur la plage. La famille venait à peine d'arriver dans le sud. Dany est effondré. Ils étaient de grands amis depuis plus de 35 ans. Ça n'a aucun sens! » rapporte-t-il, consterné, mentionnant que le fils de Dominique Lévesque est âgé d'à peine trois ans.
Pour Bernard Caza aussi, la perte est énorme. Ce sont les membres du Groupe Sanguin, avec le duo Lévesque-Turcotte, qui détiennent le record de prestations au Vieux Clocher de Magog. Tous leurs spectacles y ont été rodés.
« Une grande amitié est née de ces nombreuses années à travailler avec lui. Dominique faisait pratiquement partie des meubles. Tout le monde au Vieux Clocher est affecté aujourd'hui. »
Érudit et extraordinaire
« Depuis que Dany et Dominique ont cessé de faire de la scène, Dominique était passé derrière la caméra et gérait ses affaires lui-même. Mais on s'écrivait encore régulièrement. Il avait arrêté les spectacles parce que ça le rendait extrêmement anxieux. Il vivait un trac fou. »
Bernard Caza se souviendra toujours d'un homme érudit, constamment à la recherche de questions pour les jeux-questionnaires télévisés où il oeuvrait depuis plusieurs années, et qui se faisait un point d'honneur de lire le dictionnaire de A à Z une fois par année.
« Nomme-moi quelqu'un d'autre qui en fait autant! C'était une bibitte extraordinaire, mais aussi un être d'une extrême gentillesse, toujours intéressé par les autres. »
Le directeur artistique ose même parle de génie. « Pour créer des personnages qui ont autant marqué l'esprit des Québécois comme son gars fatigué, son balayeur ou sa petite vieille, il fallait d'abord les imaginer, puis les investir et les jouer. C'était un grand artiste, dans une case à part. »
« Dany et lui se complétaient par leurs différences. Ils étaient aussi de grands perfectionnistes. Je me souviens qu'après les spectacles, ils couraient presque après les spectateurs pour savoir ce qu'ils en avaient pensé. Le lendemain, il y avait encore des changements. Avec eux, un spectacle n'était jamais terminé. De véritables passionnés », ajoute celui qui devait déjà faire le deuil d'un autre ami, Bob Walsh, décédé le mois dernier. Avec Steve Bergeron