À peine terminée sa tournée Pianos en sol québécois, Julien Clerc lancera un nouvel album, À nos amours, le 20 octobre.

Deux pianos et 50 ans de carrière

Quatorze spectacles en juin dernier, puis treize en septembre, plus un dernier le 1er octobre : cette année, Julien Clerc s'est inscrit à un marathon musical québécois.
« Je suis enchanté de faire les routes du Québec, confie-t-il en entrevue téléphonique. C'est ma vie. Ma génération a été dressée à ça. »
Julien Clerc fréquente les scènes depuis qu'il a 20 ans. Cinquante ans de musique, c'est un bail à vie entre un artiste et son public. Pourtant, il est encore envoûté par le « côté magique » de la musique et par la « charge émotionnelle » qu'il encaisse soir après soir sur les planches, debout, souriant, bougeant peu, mais bien. Ou alors assis à son piano, concentré sur les harmonies et sur les mots.
Pour cette tournée exceptionnelle à deux pianos, le chanteur qui aura 70 ans le 4 octobre s'amène avec son pianiste Benjamin Constant. Il parle d'une « tournée exceptionnelle pour le Québec ». Au moment de l'entrevue, il venait de replonger dans son répertoire, immense et plein de hits.
« Ce sera un concert de gros succès », annonce celui qui compte s'amuser en permettant au public de choisir quelques chansons et se prépare en répétant une quarantaine de pièces. « Je dois retrouver les harmonies au piano », poursuit-il.
Au-delà du plaisir, il y a quand même le travail, le défi de chanter et de jouer du piano en même temps. « Juste interpréter les chansons, ce n'est pas un problème », dit-il.
L'homme, qui se dit « peu expansif », qui « adore lire et aller aux spectacles », y va d'un constat tout simple, d'une sorte de bilan : « Je pense avoir trouvé la bonne occupation dans la vie avec la musique. »
Sa voix est toujours son alliée. « Ce serait un crime de ne pas l'exploiter, commente-t-il. J'ai repris des cours de chant récemment et le résultat est incroyable, miraculeux. J'avais besoin de la retravailler. » Ses admirateurs l'aiment et le suivent depuis si longtemps. « C'est une chance », se réjouit l'artiste, qui se fait un point d'honneur de ne pas les décevoir, car il souhaite que sa voix continue de les accompagner.
Une carrière constellée de paroliers
La biographie de Julien Clerc est constellée de noms de paroliers qui ont fait honneur à ses talents de mélodiste, de chanteur et de musicien : Étienne Roda-Gil, Maurice Vallet, Maxime Leforestier, Jean-Loup Dabadie, Luc Plamondon... Parmi ses premières chansons, des titres inoubliables : La cavalerie, Jivaro Song, La Californie, Si on chantait, Le patineur, Danses-y, Ballade pour un fou, qu'il interprète toujours et que le public reçoit comme des cadeaux.
Cinquante ans de carrière, c'est mille fois l'Olympia, des tournées en province récurrentes, le Palais des Sports, Bercy, le Grand Rex, le Zénith, le Bataclan, l'Afrique, le Brésil, le Japon, le Canada, les États-Unis. C'est aussi une tournée avec un orchestre symphonique en 2012 et immortalisée sur un DVD, une biographie autorisée, quelque 25 albums.
Comment tient-il le coup? « Je m'organise, dit-il. Je ne dîne plus après les concerts, je ne traîne plus comme je le faisais au début. » L'adrénaline de la vie de nuit, il n'a jamais été fou de ça.
Les soirs de concert, il se pointe au théâtre dès la mi-journée afin de se préparer à la « rencontre avec les gens ». Il y a un grand respect dans l'anticipation de cette communion qui est sa quête depuis un demi-siècle.
Échapper au pire
Il chante sans télésouffleur. Et s'il se trompe, s'il oublie des paroles? « Avec le temps, on trouve que ce n'est rien, répond-il. Léo Ferré se trompait. »
Julien Clerc a chanté sur la grande scène des plaines d'Abraham en 2016, en ce jour fatidique où un chauffard fou lançait son camion sur une foule rassemblée à Nice. « C'est [Robert] Charlebois qui me l'avait appris en coulisses », se souvient-il.
À la toute fin de son spectacle, il avait exhorté les spectateurs à « laisser entrer le soleil » et à chanter avec lui ce refrain pacifique.
Cette année, c'était l'élection d'un nouveau président (Emmanuel Macron) qui venait de faire les manchettes en France. « On a échappé au pire avec Macron, a-t-il commenté. On a échappé aux extrêmes. Notre pays est difficile à gouverner. Il a besoin de réconciliation. »
Vous voulez y aller?
La tournée Pianos
Julien Clerc
Jeudi 28 septembre, 20 h
Salle Maurice-O'Bready
Entrée : 70 $ (étudiants : 60 $)