La romancière Marie-Paule Villeneuve lance son nouveau roman et sera notamment présente au prochain Salon du livre de l’Estrie.

Dessine-moi un canon, de Marie-Paule Villeneuve : Potton au temps de Gerald Bull

Le journalisme a longtemps occupé une grande place dans la vie de la romancière Marie-Paule Villeneuve. Faut-il alors se surprendre que son nouveau roman, intitulé Dessine-moi un canon, soit le fruit d’un mariage plutôt rare entre l’écriture journalistique et une littérature plus classique?

Avec Dessine-moi un canon, Marie-Paule Villeneuve propose au lecteur d’aller à la rencontre de Gerald Bull, un Canadien d’origine qui a longtemps œuvré dans le domaine de l’armement et dont l’assassinat en Belgique, en 1990, a été imputé par certains au Mossad, les services secrets israéliens.

La romancière connaissait le nom de Gerald Bull quand elle s’est installée, il y a neuf ans, dans le secteur de Potton, où l’homme d’affaires et inventeur a vécu pendant une partie de sa vie. Mais elle confie que l’histoire de ce personnage controversé l’a carrément « obsédée » dans les années qui ont suivi son arrivée.

« J’ai vu le potentiel de l’histoire et je me suis dit que j’allais écrire mon dernier gros livre appuyé sur de la recherche. Il y avait une omerta qui existait localement autour du personnage, mais, en même temps, je constatais un intérêt pour le sujet. J’avais le goût de creuser ça », indique Marie-Paule Villeneuve, qui a notamment travaillé à la Presse canadienne à une autre époque.

Avant de pondre l’ultime version de son nouveau roman, Marie-Paule Villeneuve en a rédigé quelques-unes qui ont finalement été rejetées. Elle avoue d’ailleurs qu’il n’a pas été simple de trouver le bon angle.

« Mon livre parle de Bull, mais celui-ci n’est pas au centre de l’histoire. Je voulais comprendre le personnage et j’admets que je ne l’ai pas parfaitement saisi malgré mes sept années de recherches. »

Marie-Paule Villeneuve a choisi de créer deux personnages vivant dans une vieille église, un peu comme elle l’a elle-même fait quand elle s’est établie à Potton. Les deux enquêtent ensemble sur la vie de ce « génie de la balistique ».

« J’ai entre autres mis la main sur le rapport de la mort de Bull grâce à une université en Belgique. Les gens vont apprendre des choses qui ne sont jamais sorties publiquement. »

Dessine-moi un canon aborde une série d’autres épisodes marquants de la vie du spécialiste en armement. Sa condamnation à la prison aux États-Unis pour vente d’armes illégales, ses liens avec l’homme d’affaires et activiste islamiste Saad Gabr ainsi que son projet de canon surdimensionné au bénéfice de l’Irak constituent autant d’éléments fouillés par la romancière-journaliste.

Folklore local

À Potton, le passé de l’homme d’affaires est relativement bien connu, puisqu’il a exploité une usine qui produisait des pièces d’armement dans ce secteur dans les années 1960 et 1970. L’entreprise a déjà employé jusqu’à 300 personnes.

L’usine en question se trouvait carrément à cheval sur la frontière entre le Canada et les États-Unis, avec une partie des travailleurs provenant du Québec, et le reste, des États-Unis. Il s’agissait d’un projet hors du commun à l’époque et tout laisse croire que jamais une telle idée ne pourrait à nouveau se matérialiser 40 ans plus tard.

« Les travailleurs devaient signer une entente de confidentialité quand ils étaient embauchés. C’était très secret comme milieu. Même aujourd’hui, des gens ont encore peur de parler de ce qui se faisait sur place et plusieurs trouvaient que j’étais un peu trop curieuse avec mes questions », affirme Marie-Paule Villeneuve, qui publie cette fois à compte d’auteur.

« Il fait encore jaser »

Maire de Potton, Jacques Marcoux raconte que Gerald Bull, son ancienne usine ainsi que le domaine que la famille possède toujours localement continuent à « faire jaser » les gens de la municipalité, principalement les ex-employés de l’entreprise, qui avait été baptisée Space. « Il y a aussi des touristes qui, parfois, s’arrêtent au bureau d’information touristique local et qui demandent où tout ça se passait », dit-il.

M. Marcoux révèle que l’histoire de l’ingénieur pourrait un jour être racontée à l’intérieur de la grange ronde existant au cœur de Mansonville, le village le plus important du canton de Potton. Ce vieux bâtiment agricole a été rénové à grands frais et on souhaite qu’il accueille des expositions dans le futur.

« Je pense que le nouveau livre de Marie-Paule Villeneuve va susciter un intérêt accru pour l’histoire de ce cet homme au passé un peu flou. Si, en plus, on a une exposition, je crois que ça peut être bénéfique pour le milieu. »

Vous voulez y aller?

Lancement de Dessine-moi un canon de Marie-Paule Villeneuve

Dimanche 13 octobre, 11 h

Maison bleue du Domaine Howard, Sherbrooke

13 octobre à 11 h

Vendredi 18 octobre, 16 h

Centre L’Élan, Magog

Réservations : 514 346-5683