Martin Deschamps et Breen Leboeuf à l'oeuvre jeudi soir.

Deschamps et Leboeuf sauvent les meubles à Victo

À défaut de pouvoir vibrer au rythme du légendaire bluesman Johnny Winter, les amateurs de blues victoriavillois ont eu l'occasion de voir Martin Deschamps et Breen Leboeuf à l'oeuvre, jeudi, en ouverture du Festival de blues. En dépit de la tristesse de la situation, le duo est parvenu à sauver la mise, au grand plaisir des milliers de personnes qui se sont donné rendez-vous dans l'agora naturelle du parc Terre-des-jeunes.
Le pari semblait à première vue risqué. Il n'est pas habituel qu'un événement place un maximum de ses billes sur la soirée du jeudi, d'un naturel plutôt tranquille. Le remplacement de Winter, décédé une semaine plus tôt, n'allait certainement pas arranger les choses. Les organisateurs n'ont certainement pas enregistré d'achalandage record, mais ils ont conclu la soirée avec le sourire.
«Ça a été tout un défi du point de vue des communications. Il a fallu changer nos outils. Ça nous a permis d'apprendre et de faire des expériences. Nous avons entre autres investi dans de la publicité sur Facebook et ça a bien fonctionné», affirme le président du Festival de blues, Jean-Philippe Boutin.
Ce dernier admet avoir eu un réveil brutal, jeudi dernier, lorsqu'il a appris que sa principale tête d'affiche venait de rendre l'âme à Zurich en Suisse. Son organisation s'est rapidement mise au travail afin de trouver un artiste qui pourrait le remplacer au pied levé. Quelques jours plus tard, il y avait trois noms sur la table. On a finalement décidé d'opter pour Deschamps et Leboeuf.
«Nous voulions conserver notre thématique de blues, je dois admettre que ça a été et que c'est toujours notre plus grand défi. Nous savions que Deschamps allait nous amener une touche plus rock, mais nous nous sommes entendus pour qu'ils livrent un hommage à Johnny Winter, ça nous a permis de demeurer fidèle à notre créneau», ajoute M. Boutin.
Le président dit avoir reçu de nombreux appels d'amateurs de blues d'un peu partout en province qui avaient prévu faire le trajet jusqu'à Victoriaville afin de voir Johnny Winter une dernière fois. Le personnage était particulièrement populaire auprès des boomers qui ont eu l'occasion de le voir et de l'entendre à l'époque du Woodstock initial. Malheureusement, Victoriaville a, malgré elle, raté son rendez-vous avec l'Histoire.
«Il y avait vraiment un grand engouement autour de Johnny Winter et c'est lors de son décès qu'on s'est vraiment rendu compte de l'ampleur qu'il avait. C'est fou le nombre d'articles écrits à son sujet, notamment dans le USA Today», raconte-t-il.