Réalisatrice à Ici Télé Estrie et photographe à ses heures, Annick Sauvé présente son exposition Main(s) jusqu’au 29 juin au resto Le Tapageur de Sherbrooke.

Des mains qui en disent long

Les mains. Elles servent à toutes sortes de choses, mais elles sont rarement à l’avant-plan. Pourtant, la photographe Annick Sauvé a utilisé les mains des autres comme thème de son exposition Main(s), présentée au resto Le Tapageur jusqu’au 29 juin.

Cette exposition est une suite logique à sa dernière, qui traitait des parties du corps. « J’avais décomposé le corps d’une femme et le corps d’un homme en carrés. Ça s’appelait corpus. Mais après cette expo-ci, je vais lâcher le corps humain, je ne commencerai pas à faire les pieds et les nombrils! Ça ne finira plus! » explique celle qui a pris majoritairement ses clichés dans son petit studio de photographie et qui est membre du regroupement de photographes Collectif135.

« Les mains, ça veut dire plein de choses, poursuit-elle. Tu peux exprimer autant la colère que la sérénité, la bonté et la haine. Dans ma série, je pense avoir été capable d’exploiter un vaste champ d’émotions. Tu as une main qui fait un doigt d’honneur et d’autres sont plus sereines, calmes, introspectives. Il y a aussi des gens qui parlent avec leurs mains. Il y avait un spectre de possibilités assez étendu qui m’intéressait. C’était aussi un défi technique, car je suis très noir et blanc en plus d’être sombre, ce qui était voulu. »

Comment a-t-elle réuni ses idées pour créer une exposition complète à propos des mains?

« Il y a des photos pour lesquelles j’avais déjà des idées d’avance, mais en présence de mon sujet, j’ai plutôt tendance à dire "Vas-y!" Par exemple, avec une danseuse de flamenco, j’ai dit : “C’est toi la danseuse. Tu sais comment placer tes mains.” J’ai ensuite regardé avec elle ce qui se pouvait », indique la créatrice, qui travaille sur l’exposition depuis environ un an. 

Annick Sauvé est une passionnée de photographie. « La photo est un média très exploratoire, où tu peux aller dans plein de sens. Il y a toujours un peu de recherches et de développement que tu peux faire, autant dans la prise de vue que dans le concept ou dans le traitement de la photo. Il y a plein de volets très intéressants », avoue-t-elle, le sourire dans la voix.

Sixième exposition

La photographe, qui travaille à Ici Télé Estrie comme réalisatrice, en est déjà à sa sixième exposition.

« Au départ, c’était vraiment juste pour le fun. Quelqu’un m’a dit que j’allais faire une exposition, alors que je ne pensais pas être rendue là. Finalement, je n’ai pas eu le choix. J’ai sauté dans l’eau froide à pieds joints. J’ai suivi des cours particuliers pour avoir le temps de faire ce que je voulais faire. Avec le recul, ma première expo était correcte pour commencer. »

Celle-ci applaudit l’initiative des commerces, restaurants et cafés qui accueillent des artistes de la région. « C’est le fun qu’il y ait des places comme le Tapageur et le café Aragon, qui donnent des places pour des artistes qui ne vont pas nécessairement aller au Musée des beaux-arts de Montréal. Pour moi, c’est important. Si je n’avais pas eu l’expo, probablement que je n’aurais pas fait l’exercice de trouver un sujet, un thème, un traitement, bref d’aller jusqu’au bout. C’est une bonne occasion de montrer aux gens ce que tu fais. »