Première rangée, de gauche à droite : Ariane Vaillancourt, Léonie Giroux-Lapointe, Maude Leclerc et Billie Byrns. Deuxième rangée : France Martineau, enseignante, et André Larochelle, directeur de la Polyvalente Louis-Saint-Laurent.

Des jeunes d'East Angus chantés par Vincent Vallières

Créer un album pour sensibiliser les jeunes aux enjeux environnementaux de la forêt, en les faisant participer à la composition de chansons, voilà un concept peu commun. C'est pourtant le pari que la Fondation des Cowboys fringants a pris en lançant un appel à onze écoles secondaires à travers le Québec, dont la polyvalente Louis-Saint-Laurent d'East Angus, pour participer à l'élaboration de l'album Nos forêts chantées.
« L'environnement, c'est un peu l'ADN des Cowboys. Notre première chanson engagée que nous avons produite au tournant des années 2000 était sur ce sujet. Nous avons toujours trouvé que c'était une bonne façon de transposer des intérêts et des opinions qui nous sont propres. Ça nous permet de toucher les gens et de les faire réfléchir. De cette manière, nous voulions aller semer des graines dans l'esprit des jeunes », explique Jérôme Dupras, bassiste des Cowboys fringants.
Échelonné sur 18 mois et divisé en trois étapes, le projet s'est amorcé lorsque les écoles sélectionnées ont pu assister à des ateliers de sensibilisation et de vulgarisation scientifique sur la forêt. Ont suivi des ateliers d'écriture de chansons, orchestrés par le directeur artistique du projet Jonathan Harnois. La dernière étape était de récolter les fruits des ateliers d'écriture pour les remettre aux artistes et ainsi créer les différentes chansons de l'album.
« La forêt c'est un sujet riche, mais avec onze écoles qui participent au projet, il fallait s'assurer d'une diversité dans nos intentions. Mon défi était de sortir les élèves d'une relation scolaire avec l'écriture et de les amener à la créativité », note M. Harnois.
Grâce à la collaboration d'artistes tels que Vincent Vallières, Loco Locass, Safia Nolin, Dumas, Richard Séguin, Tire le coyote, Carole Facal et Chloé Sainte-Marie, les Cowboys fringants et leurs coéquipiers ont pu mener à bien ce projet audacieux. « Le défi principal était de respecter le ton de l'artiste auquel une école était associée. En y allant une étape à la fois, nous sommes parvenus à livrer un projet organique. C'est un certain tour de force que de produire un album avec un peu plus de 230 élèves à la composition », souligne Jérôme Dupras.
Une fierté pour East Angus
De son côté, la polyvalente Louis-Saint-Laurent s'est montrée plus que comblée de la participation de 13 de ses élèves. « Ça apporte une très belle visibilité pour notre école, puisque c'est quelque chose de très positif. Lorsqu'on entend parler des écoles secondaires, ce n'est pas toujours encourageant. Ce projet permet un rayonnement de la polyvalente, mais aussi de la région en général », estime France Martineau, enseignante en français de troisième secondaire et instigatrice de cette aventure.
Les élèves étaient également très reconnaissants d'avoir eu la chance de participer à un projet d'envergure pour une cause qui les rejoint. « C'était une très belle occasion pour apprendre sur tout le processus artistique. C'était valorisant de pouvoir faire ça pour l'environnement », note Léonie Giroux Lapointe, élève de quatrième secondaire.
« Participer à tout ça nous a vraiment sensibilisés à cette cause. Plus on en parle, plus on se rend compte de l'importance de la forêt. En forêt, on se sent libres et heureux », avoue sa collègue Billie Byrns.
La chanson des élèves d'East Angus, intitulée La trail au bout de la route, est interprétée par Vincent Vallières. C'est d'ailleurs cette chanson qui amorce le disque Nos forêts chantées.