Des Cow-boys confiants de toucher la cible

Si la place Nikitotek n'a pas réussi à atteindre ses objectifs d'achalandage depuis son ouverture, c'est parce que les spectacles présentés étaient « peut-être trop compliqués », selon le producteur de Québec Issime.
« L'été, les gens ne veulent pas se casser la tête, ils ne veulent pas avoir de grands questionnements existentiels. Les spectacles précédents étaient sans doute bons - je ne les ai pas vus -, mais ils n'étaient probablement pas dans le bon marché, avec le bon modèle de vente. Cow-boys est un spectacle festif, d'où les gens repartiront de bonne humeur. S'ils n'aiment pas ça, on leur remboursera leur billet et on payera le gaz », a déclaré avec conviction Robert Doré, qui était de passage dans un restaurant de la rue Wellington Nord hier matin pour lancer la vente des billets.
Le Saguenéen est confiant que les 26 représentations de Cow-boys : de Willie à Dolly réussiront à attirer entre 15 000 et 20 000 personnes à la scène extérieure du centre-ville de Sherbrooke du 11 juillet au 23 août, un nombre qui le contenterait amplement. Une telle assistance serait comparable à celle de Traces, des 7 Doigts de la main, qui avait vu converger près de 10 000 personnes sur le bord de la rivière Magog en 12 soirs de 2012. L'an dernier, Séquence 8, de la même compagnie de cirque, en a attiré tout juste 7000 en quinze représentations. Un sondage mené sur internet l'automne dernier par Destination Sherbrooke révélait que 56 % des répondants souhaitaient plutôt voir un spectacle musical dans ce théâtre de 1000 sièges.
Aussi, la controverse soulevée en décembre dernier par une poignée de commerçants, qui s'inquiétaient du type de clientèle qu'une revue musicale country attirerait, semble loin de jeter le coloré homme d'affaires en bas de sa monture. « Ce n'est pas vrai que les chevaux vont arriver sur Wellington avec les balles de foin. Le spectacle n'est pas quétaine. C'est chic, c'est beau, c'est glamour. Tu pourrais mettre ça dans n'importe quelle salle de Broadway. Nous présenterons un spectacle à la hauteur des installations de la place Nikitotek. Québec Issime a été créé avec un esprit de famille. Et nous nous rendons disponibles à l'adoption pour les Sherbrookois. »
Affaire de famille
Cette quatrième production de la compagnie basée à Saguenay est effectivement une histoire de famille. La distribution, qui compte six chanteurs et six musiciens, réunit entre autres trois soeurs et leurs trois conjoints.
Ayant joué aux Cow-boys 150 fois depuis quatre ans, le couple d'interprètes formé de l'ex-académicien Marc-André Fortin et de Caroline Riverin livrera ce marathon de 90 chansons pour la première fois sur une scène extérieure. « Jouer dehors posera un défi supplémentaire. On devra composer avec le facteur température, ce sera encore plus exigeant vocalement, mais à la belle étoile, ça donnera quelque chose de magique. Ce ne sera pas un travail pour nous », ont commenté les chanteurs, qui passent à travers 80 ans de musique country dans huit tableaux enchaînés au grand galop.
Jérôme Couture, qui faisait partie de la distribution originale et dont le nom est toujours inscrit sur les affiches, ne fait plus partie de la troupe. Le finaliste de La voix en 2013, qui mène maintenant une carrière solo, remplacera toutefois Yannick Lanthier pour ses quelques congés cet été.
Rabais pour les Sherbrookois
À Sherbrooke, Québec Issime embauchera une dizaine de personnes, dont des techniciens et des coiffeurs. La gestion du service de bar sera confiée à un organisme sans but lucratif de la région, qui sera choisi au terme d'un appel d'offres.
Les billets, au coût de 49,50 $ pour les adultes, sont en vente depuis vendredi midi à la billetterie du Centre culturel de l'Université de Sherbrooke. Les résidants de Sherbrooke auront droit à un rabais de 10 $ par billet, grâce à un code à barres qui sera envoyé par la poste à tous les foyers plus tard ce printemps et dont ils pourront bénéficier pendant une partie de la prévente.
Québec Issime présentera simultanément deux revues musicales dans deux régions différentes cet été, puisque la revue De Céline Dion à la Bolduc s'installera dans la salle J.-Antonio-Thompson à Trois-Rivières. La compagnie a donné 1850 représentations de ses quatre principales créations depuis 1995.