Tous les vendredis et samedis soir de l’été, le Studio Plante Verte diffusera en direct une série de concerts virtuels payants. Pilotée par Jimmy Lord, cette initiative permettra, entre autres, d’encourager quelques artistes québécois durement touchés par la crise de la COVID-19, dont un certain nombre de l’Estrie.
Tous les vendredis et samedis soir de l’été, le Studio Plante Verte diffusera en direct une série de concerts virtuels payants. Pilotée par Jimmy Lord, cette initiative permettra, entre autres, d’encourager quelques artistes québécois durement touchés par la crise de la COVID-19, dont un certain nombre de l’Estrie.

Des concerts virtuels payants pour encourager les artistes

Dans l’attente et dans l’incertitude quant à la possibilité d’offrir des spectacles prochainement, l’artiste pluridisciplinaire Jimmy Lord a décidé d’exploiter le concept de concerts virtuels payants, au grand plaisir des musiciens, qui doivent s’adapter aux conséquences de la COVID-19.

Annulation de festivals, d’événements d’entreprise et de spectacles : Jimmy Lord a vu son calendrier de l’été s’alléger radicalement, comme plusieurs autres artistes et techniciens de scène. Cet ancien résident de Sherbrooke ayant étudié en musique à l’UdeS et travaillant comme réalisateur et ingénieur de son au Studio Plante Verte à Saint-Mathieu-de-Beloeil a dû réfléchir et s’adapter à la pandémie qui touche sévèrement l’industrie culturelle. 

Même si l’idée d’offrir des concerts virtuels germait dans sa tête bien avant la période de confinement, Jimmy Lord s’est vu dans l’obligation de passer à l’action afin de générer des revenus.

« Je suis un entrepreneur dans l’âme. J’ai toujours été très proactif et je ne suis pas du genre à attendre l’aide financière du gouvernement », explique-t-il.

En mettant sur pied les Sessions Live SPV, Jimmy Lord souhaite offrir une formule immersive et intime aux spectateurs, à même leur salon. Avec l’aide de son collègue vidéaste Michel Lyna, il diffusera des concerts en simultané tous les vendredis et samedis soir de l’été.

Reel Country Band

« Depuis un mois, je me consacre à ce projet-là. Mon moral est revenu, après une période plus difficile, et les artistes embarquent. Ils sont vraiment contents », confie-t-il.

Plusieurs artistes — dont un certain nombre de l’Estrie comme Mike Goudreau (27 juin), Izabelle (24 juillet), le Reel Country Band et le duo Pièce sur pièce, formé d’Olivier Brousseau et Stéphanie Blanchette — ont rapidement manifesté leur intérêt. Jordan Levesque, Julie Lefebvre ainsi que les groupes hommages à Bob Bissonnette et Pink Floyd ont aussi levé la main. 

Cependant, pour que le projet soit rentable, Jimmy Lord a besoin de l’appui du public. Il avoue toutefois prendre le risque, au même titre que les artistes qui participent au projet.

« On n’a pas un nombre minimal de billets à vendre. On court le risque conjointement et on accepte que ça ne soit pas aussi payant qu’on le souhaiterait. On reste persuadé que les gens constateront d’eux-mêmes qu’on offre une qualité supérieure à ce que l’on retrouve sur les réseaux sociaux et que c’est une bonne façon d’encourager nos artistes locaux, compte tenu de la situation actuelle. »

Stéphanie Blanchette  

« Changer les mentalités »

Jimmy Lord indique aussi vouloir contribuer à sa façon à « changer le rapport qu’ont les gens avec la consommation de la musique ».

« On savait avant la crise que notre métier était précaire », raconte celui qui gagne sa vie dans le milieu de la musique depuis près de 25 ans. « On le constate encore plus maintenant qu’on se retrouve devant rien », admet-il.

Celui qui est aussi musicien se dit inquiet des conséquences à long terme liées aux concerts offerts gratuitement sur les différentes plateformes sociales.

« Je ne dénigre en rien ce que les artistes ont fait pendant la crise. Les gens avaient besoin de consommer de la musique. Ils avaient besoin de se réfugier dans les arts. Les musiciens ont partagé leur musique parce qu’ils avaient besoin de le faire et ils l’ont fait de bon cœur. Mais si on veut se faire respecter, il faut que ça cesse », pense-t-il.

« Je ne connais pas d’autres formes d’arts où il y a autant de gratuité qu’en musique. Quand on consomme un film ou des séries, les gens paient. C’est normal. C’est une grosse mission d’éduquer la population et ça ne se fera pas en deux jours. Il faut que les artistes soient solidaires. »

Olivier Brousseau

Jimmy Lord indique avoir remarqué une certaine volonté, chez différentes organisations, de tenter de sensibiliser la population à la réalité que vivent les artistes, notamment avec l’apparition des mouvements #ensemblecheznous et #musiquebleue, lancés respectivement par l’ADISQ et l’auteur-compositeur-interprète Philémon Cimon.

« Il y a vraiment urgence d’agir et de changer les règles. Le contenu gratuit ce n’est pas viable à long terme, mais le plus important, c’est que l’argent aille dans les poches des artistes et que ça ait du sens à leurs yeux », raconte celui qui connait bien l’envers du décor. 

Amorcée le 26 juin avec le groupe Rodeo Drive Country Band, la programmation des Sessions Live SPV se poursuivra ce samedi à la même heure avec le musicien estrien Mike Goudreau. Pour plus d’informations et pour l’achat des billets, on visite lepointdevente.com.

Mike Goudreau