Les membres d'Elementhys ont failli voir leur lancement d'album reporté ou déménagé à cause de l'incendie de mardi dernier au bar Le Magog, mais pourront finalement le tenir à cet endroit comme prévu. De gauche à droite, le claviériste François Lagrange, le chanteur Sébastien Daigle et le bassiste Benoît Caplette. Absents : Mark Lemieux et Antoine Baril.

Des atomes technologiquement crochus

On pourrait dire des membres d'Elementhys qu'ils sont véritablement de leur temps. Imaginez en effet un groupe dont les musiciens jouent pour la première fois ensemble... trois semaines avant de dévoiler leur premier album.
C'est pourtant de cette façon que la formation sherbrookoise a réalisé son premier opus, Cyberworld, qui sera lancé le samedi 15 avril. Les cinq musiciens ont d'abord enregistré leur partition chacun de leur côté, lesquelles ont été mixées pour l'album, et ils ont tellement bien travaillé qu'une fois réunis pour répéter leur première prestation devant public, ils n'ont pratiquement rien eu à changer.
« C'était tellement pareil qu'à certains moments de la répétition, je pensais que c'était la bande qui jouait, mais c'était plutôt François ou Benoît. Il n'y a eu aucun accrochage dès le départ », raconte le chanteur Sébastien Daigle.
« C'est vraiment un album fait avec les technologies d'aujourd'hui », appuie Benoît Caplette, le bassiste.
Ces atomes si étonnamment crochus, ils les doivent notamment à la longue expérience qu'ils possèdent en musique (ils sont dans la trentaine et Elementhys est loin d'être leur premier groupe) et à la maturité qui s'ensuit. Comprendre qu'ils sont pères de famille pour la plupart et qu'ils ont passé l'âge de rêver à la gloire et aux tournées de spectacles qui n'en finissent pas.
« On reste ouverts à donner des spectacles, mais on a tellement vu de groupes partir en tournée et revenir endettés... On aime la musique mais pas à ce point-là. Pour l'instant, Elementhys est un projet qu'on va surtout pousser sur l'internet, pour essayer de se créer un bassin d'amateurs. Beaucoup d'artistes réussissent à vivre uniquement par le web, qui permet de trouver des admirateurs partout dans le monde », expliquent Sébastien Daigle et François Lagrange.
Des sons sans les minutes
C'est ce dernier qui a lancé le projet en 2013. « Mon idée était de partir un groupe de calibre professionnel dans un style qu'on ne rencontre pas vraiment ici, c'est-à-dire métal rock mais avec une influence progressive : on va chercher les sons du rock progressif, mais pas les structures de chansons qui durent dix minutes », précise celui qui signe les musiques d'Elementhys.
François Lagrange a d'abord recruté son ami Mark Lemieux, guitariste, membre du groupe Fable et réalisateur de l'album, puis a pensé à son autre ami Benoît. « Et Sébastien était dans mes amis Facebook. Je ne savais même pas qu'il chantait. »
« François a publié qu'il cherchait un chanteur environ une semaine après que je décide que je voulais faire ça, poursuit Sébastien. Les influences qu'il cherchait étaient toutes les mêmes que les miennes », ajoute celui qui avait quand même fait partie, comme claviériste, de groupes hommage à Bon Jovi et Styx et qui s'est finalement retrouvé à signer aussi les textes des chansons d'Elementhys.
Mais attention : on n'est pas ici dans le death metal avec une batterie hyperactive et une voix d'outre-tombe. Au contraire, François Lagrange tenait à des mélodies vocales accrocheuses, en plus d'être aussi influencé par des groupes rock des années 1980 et 1990 comme Asia, Pantera ou Disturbed.
Virus dans l'internet
Les sources d'inspiration de Sébastien pour les paroles sont variées : autant certaines chansons sont inspirées directement de sa vie (telle No Hope, qui fait référence au sentiment éprouvé qu'une relation amoureuse n'a plus d'avenir), autant il puise dans son imagination, voire une science-fiction fortement tournée vers l'informatique et le cyberespace.
« Je suis un gars d'informatique. Dans Cyberworld, j'ai imaginé une sorte de virus qui prend le contrôle d'internet et provoque un crash mondial. J'ai essayé d'imaginer la vie sans internet aujourd'hui. Mais Fallen Angel [premier extrait et premier clip, réalisé par Richard Nadon de Nadon Vision] parle de suicide. Horizon aborde l'intimidation. Universe est inspirée par le deuil. Une chanson comme Rise parle de l'importance de sortir du côté négatif des choses. »
C'est d'ailleurs ce qu'ils ont fait lorsque l'incendie du bar Le Magog mardi dernier a failli faire annuler leur lancement d'album et de clip. Finalement, tout aura lieu comme prévu.
Vous voulez y aller?
Lancement de Cyberworld et du clip de Fallen Angel
Elementhys
Samedi 15 avril, 14 h
Bar Le Magog
Entrée gratuite