Derniers éclats de rires pour Broue

« Je m'attendais à une soirée émouvante, éprouvante, stressante... et c'est encore pire que je pensais! »
C'est notamment sur ces mots de Michel Côté, prononcés après une ovation debout de plusieurs minutes, que se sont conclues samedi soir les 38 années de la grande aventure Broue, sur la scène de la salle Maurice-O'Bready à Sherbrooke.
Si Michel Côté, Marc Messier et Marcel Gauthier espéraient que cette ultime représentation soit des plus réussies, le trio n'a certainement pas été déçu. Pas plus que les nombreux spectateurs, qui avaient sans doute mal aux joues à la fin de la soirée à force de s'esclaffer.
Malgré le trac de la dernière qui pesait sur leurs épaules, les trois comédiens sont parvenus à garder leur « sérieux » tout au long de leur performance, sauf lors d'une scène entre Pointu le pompier et Bob le barman, qui a été interrompue par un long fou rire. Un moment de bonheur contagieux dans lequel s'est laissé emporter le public.
« Honnêtement, chaque fois que je disais adieu à un de mes personnages, j'ai trouvé ça très dur », a confié Michel Côté à la foule en fin de spectacle, sa voix se cassant sous l'émotion. « (...) Pour moi, c'est un deuil ce soir de quitter ces personnages-là que j'ai adorés, vraiment. (...) Verrue, Pointu, Fernand, Gérard et Ti-Mil, ils vont me manquer beaucoup. »
Fébrilité dans l'air
Déjà quelques heures avant de monter sur scène, c'est avec beaucoup de fébrilité que Côté, Messier et Gauthier se préparaient à livrer la 3322e et ultime représentation de la pièce mythique.
« On se sent assez nerveux merci, lançait d'emblée Michel Côté. (...) C'est incroyable de penser que c'est la derrière fois qu'on va la jouer! »
« Je me demande si je ne suis pas plus nerveux à la dernière que je ne l'étais à la première! » confiait de son côté Marc Messier.
Même si la pièce de théâtre houblonnée roule depuis 1979 et qu'elle a été vue par plus de 3 372 686 spectateurs, les comédiens avouaient avoir toujours l'estomac qui se serre un peu avant chaque performance. Cette dernière représentation ne faisait donc pas exception à la règle.
 « Il ne faut pas oublier que dans la salle, il y a 85 pour cent des gens qui vont voir [Broue] pour la première fois, alors il faut jouer la pièce que ces gens-là veulent voir, et que les autres ont vue. On ne peut pas improviser et se faire des gags de dernière à n'en plus finir », faisait valoir Michel Côté.
Chose certaine, les émotions ont été au rendez-vous pour cette dernière tombée de rideau.
 « Demain, ça va être d'en parler au passé qui va être difficile, a avoué Marcel Gauthier. Ça, je ne suis pas encore capable de me l'imaginer. De dire "quand j'étais dans Broue...", ça va être spécial. »
Notre reportage complet à lire dans La Tribune lundi.