Manon Ducharme a délaissé un emploi dans le monde de l’immobilier pour poursuivre sa passion de comédienne.

Délaisser le monde de l’immobilier pour devenir comédienne

Manon Ducharme travaillait plus de 80 heures par semaine dans le domaine de l’immobilier. En plus d’être courtière, elle était directrice générale de l’hôtel Le Floral à Fleurimont. Le décès de sa mère a cependant changé sa perception de la vie. Elle a tout lâché pour vivre son rêve et devenir comédienne.

« J’adorais ce que je faisais dans l’immobilier, souligne celle qui a dirigé Le Floral durant trois ans. Mais c’était des semaines de fou, j’étais toujours sur appel. Mes enfants disaient que mon téléphone était l’extension de mon bras. Ça sonnait toujours. »

Mais en 2012, la mère de Manon Ducharme décède subitement à l’âge de 69 ans.

« Ma mère venait de se séparer, elle venait tout juste de recevoir son premier chèque de pension seulement à elle. Elle planifiait d’aller à Hawaï. Elle avait toujours voulu y aller. Au mois de mai, elle a appris qu’elle avait le cancer généralisé, elle a fait un AVC le 22 juin et elle est décédée en août. Elle n’avait jamais été malade. »

Ce décès a changé du tout au tout la perception de la vie de Manon Ducharme.

« On ne sait pas ce qui nous attend, philosophe-t-elle. J’avais toujours voulu voyager et j’avais des rêves. Et ça m’a fait réaliser que si je voulais vivre mes rêves et en profiter pendant que c’était le temps, je devais agir. »

Mme Ducharme, alors dans la fin quarantaine, a graduellement délaissé le monde de l’immobilier pour devenir comédienne.

« J’ai toujours aimé ça, mais j’étais tellement gênée. Je ne parlais à personne et je marchais la tête baissée. Mais si je voulais vivre mon rêve, il fallait que je fonce dans le tas. Je me suis inscrite à une agence. »

Elle s’est inscrite à une agence au mois de mai et déjà au mois de juin elle avait une première figuration.

« C’était dans l’émission Les Pêcheurs, ça ne pouvait pas mieux tomber. C’était à Magog. J’ai été deux jours complets avec Martin Petit et Claude Legault. Je suis tombée dans le bain et j’ai aimé ça. La gêne est partie tout de suite. »

Manon Ducharme, qui a travaillé pendant 20 ans dans le monde l’imprimerie à Sherbrooke avant de perdre son emploi, a par la suite joué une passante dans la version anglaise de 19-2, elle a tourné dans Bon Cop Bad Cop 2, Ça sent la coupe, La Bolduc, Blood & Treasure et plusieurs autres.

« De fil en aiguille le téléphone sonnait et les courriels rentraient. J’ai eu des troisièmes rôles muets dans l’émission de Marie-Pier Morin et dans Terreur 404. »

Nouvelle voyageuse

En plus de devenir actrice, Manon Ducharme a décidé de se mettre à voyager après le décès de sa mère.

« Ça avait bien été dans l’immobilier et quand j’ai vendu mes parts du Floral je pouvais me le permettre. Je voulais être comédienne, j’ai vécu mon rêve et j’ai fait les voyages que je voulais faire. On ne sait pas ce qui peut arriver à nos enfants non plus, je leur ai offert un voyage de rêve à chacun. Mon garçon a décidé d’aller au Japon et nous avons fait un voyage mère et fille inoubliable en Angleterre. »

Manon Ducharme a encore un voyage à sa liste, la Grèce.

Une grande insécurité

Manon Ducharme avoue qu’un changement de vie comme celui-là ne se fait pas sans une certaine insécurité.

« C’est sûr qu’il y a l’insécurité que le téléphone ne sonne pas pour des rôles, mais je ne regrette aucunement. J’ai pu passer du temps avec mes enfants et mon chum. »

Pour combattre cette insécurité, Manon Ducharme est conseillère en voyage à temps perdu. Elle a également démarré une compagnie d’entretien ménager.

« Je m’ennuyais un peu à la maison en attendant que le téléphone sonne, raconte-t-elle. Je fais des ménages tranquillement juste pour rendre service. Ça donne du temps aux gens pour poursuivre leur propre passion. J’ai une cliente qui m’a dit que grâce à moi et du temps que je lui sauvais, elle envisageait d’avoir un troisième enfant. Je veux faire plaisir aux gens même si certains peuvent penser que c’est dégradant comme emploi. »

« Il n’arrive jamais rien pour rien, la vie nous redonne toujours en fin de compte, résume-t-elle. C’est sûr qu’il y a une insécurité, mais il ne faut pas trop y penser parce que sinon on ne fait rien. »