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Sophie Charbonneau se réjouit de présenter l’exposition temporaire <em>Ndakina</em>, qui rend hommage aux Abénakis des Cantons-de-l’Est, à la Maison Merry.
Sophie Charbonneau se réjouit de présenter l’exposition temporaire <em>Ndakina</em>, qui rend hommage aux Abénakis des Cantons-de-l’Est, à la Maison Merry.

Découvrir le territoire ancestral abénakis

Émilie Pinard-Fontaine
Émilie Pinard-Fontaine
La Tribune
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Dès ce 19 juin, la Maison Merry de Magog présente l’exposition Ndakina (« notre territoire » en langue abénakise), fruit de trois ans de travail réalisé en collaboration avec le Musée des Abénakis et le Grand Conseil de la Nation Waban-Aki. Le parcours déambulatoire présente entre autres des artefacts et des témoignages afin de rendre hommage aux Abénakis d’hier à aujourd’hui.

« Magog se trouve à être au milieu du territoire ancestral des Abénakis. Aujourd’hui les communautés abénakises sont à Odanak et à Wôlinak dans le Centre-du-Québec, mais leur territoire ancestral passe par ici et il s’étend jusqu’au nord des États-Unis. Ils étaient semi-nomades, donc ils étaient en constants déplacements », mentionne Sophie Charbonneau, directrice générale de la Maison Merry.

L’exposition permet donc aux visiteurs de découvrir ce vaste territoire en s’imprégnant de la culture et du mode de vie abénakis.

« La mission de la Maison Merry, c’est de parler de l’histoire de Magog et de la région. On y mentionne l’importance des autochtones jusqu’à aujourd’hui, en passant par les colons américains », exprime Mme Charbonneau afin d’expliquer le choix d’aborder la présence abénakise dans la région des Cantons-de-l’Est.

Lors de trois fouilles sur le site de la Maison Merry, de nombreuses traces du passage des Premières Nations ont été trouvées, ce qui a aidé à la compréhension de leur mode de vie.

« Ces traces ne sont pas visibles. C’est l’archéologie qui nous les fournit. On part donc des artefacts pour en parler, pour rendre ça un petit peu plus concret. Plusieurs artefacts retrouvés ici, sur le site, remontent jusqu’à 4000 ans », précise-t-elle.

L’exposition a été cocréée par l’équipe de la Maison Merry avec le Musée des Abénakis et le Grand Conseil de la Nation Waban-Aki.

D’hier à aujourd’hui

Pour la directrice générale, il était important de ne pas parler des Abénakis uniquement au passé, mais aussi au présent.

« Ils sont tellement pleins de ressources et pleins d’entraide! On dépeint souvent ce qui va mal chez les Premières Nations, mais quand tu côtoies les Abénakis autant que nous, c’est plus positif et dynamique. Ils sont pleins d’initiatives ! » lance-t-elle.

Sophie Charbonneau a aussi été marquée par leur volonté de se réapproprier leur langue. « Partout dans l’exposition, on utilise le terme W8banakiak, qui est la façon plus traditionnelle de dire Abénakis », explique-t-elle.

L’exposition a été cocréée par l’équipe de la Maison Merry avec le Musée des Abénakis et le Grand Conseil de la Nation Waban-Aki.

Importante collaboration

Pour Sophie Charbonneau et son équipe, il importait d’organiser l’exposition avec l’accord de la communauté abénakise.

« Quand on a eu cette idée-là, on est tout de suite allés voir nos [futurs] partenaires abénakis pour savoir s’ils étaient intéressés, parce que s’ils nous avaient dit “ça ne nous intéresse pas ou on n’a pas le temps”, on ne l’aurait pas fait », lance-t-elle.

« Lors de notre première rencontre avec eux, on a tout de suite commencé en leur disant : quels sont les stéréotypes que vous n’êtes plus capables d’entendre et de quoi aimeriez-vous qu’on parle? »

Ce partenariat leur a permis de mieux comprendre la communauté ainsi que sa réalité. Design, recherche, conceptualisation : toutes les étapes ont été réalisées avec le Musée des Abénakis et le Grand Conseil de la Nation Waban-Aki.

« Même bien intentionnés, nous ne sommes pas autochtones, donc il y a une réalité qui peut nous échapper, mais le fait que [nos partenaires] aient été engagés dès le début nous protégeait des faux plis », confie-t-elle.

Ndakina sera présentée jusqu’en 2023.