Fille de la cinéaste et comédienne Paule Baillargeon, Blanche Baillargeon a amorcé une carrière de bassiste et contrebassiste, occupant l’arrière de la scène, mais depuis cinq ans, elle mène aussi sa propre carrière solo.

Découvrir le bonheur d'être devant

Intérieurement, Blanche Baillargeon se sentait prête à endisquer lorsqu’elle a enregistré son premier album, intitulé « Paysage du jour tranquille », et déployé ses ailes pour amorcer une carrière solo. Elle ressentait un appel, mais elle ne savait pas encore ce qui l’attendait exactement. Or, cinq ans plus tard, elle ne regrette nullement son choix et prépare d’ailleurs un second album.

« Je ne prévoyais pas aimer autant prendre le devant de la scène, moi qui suis contrebassiste et qui étais donc plutôt dans un rôle d’arrière-plan à l’origine. C’est pour moi un réel plaisir de présenter mon travail et d’ouvrir au public une part très intime de moi-même », confie Blanche Baillargeon.

L’artiste reconnaît toutefois que faire carrière solo demande qu’on s’investisse encore davantage. « C’est très exigeant sur le plan personnel, car on ne peut pas être là à moitié. Mais la satisfaction en est d’autant plus grande », affirme cette diplômée en interprétation jazz de l’Université de Montréal.

Lorsqu’elle a effectué ses premiers pas comme artiste solo, Blanche Baillargeon était enceinte. Elle avait le sentiment qu’il s’agissait d’un bon moment pour se « créer une bulle en dehors du monde » et plancher sur un projet plus personnel. Cependant, elle a plus tard réalisé qu’un congé de maternité ne rimait pas nécessairement avec temps libre.

N’empêche, Paysage du jour tranquille a été teinté par l’état d’esprit dans lequel se trouvait l’artiste au moment de la composition. « J’étais nouvellement mère. Je voulais écrire des musiques calmes, douces et en adéquation avec cette impression que j’avais d’être en dehors du monde. Mes berceuses n’ont jamais réussi à endormir mon bébé! Par contre, elles sont une photographie assez fidèle du moment unique que je vivais. »

Un peu brésilienne

Sur Paysage du jour tranquille, on retrouve plusieurs pièces instrumentales, mais également des chansons en portugais, langue que Blanche Baillargeon a apprise avec le père de son enfant, Brésilien d’origine. 

« J’écoutais de la musique brésilienne à un très jeune âge. Elle a toujours fait partie des musiques les plus chères à mon cœur. La rencontre avec le père de mon fils m’a permis de découvrir la culture brésilienne dans son ensemble. Je suis probablement devenue un peu Brésilienne à son contact, et composer et chanter en portugais, à ce moment-là, me semblait naturel. C’est une langue si chantante », explique-t-elle.

Si l’artiste avait choisi le portugais à l’époque du lancement de sa carrière solo, elle a décidé de revenir au français pour son second album, qui normalement sera lancé dans un an.

« Je suis en pleine période de création en ce moment. J’espère pouvoir enregistrer l’automne prochain. J’ai évidemment beaucoup évolué dans les cinq dernières années, et je crois que mon deuxième disque sera très différent du premier. Entre autres, il y aura plus de chansons et des pièces instrumentales plus allantes. J’avais envie de composer un peu plus pour la scène », révèle-t-elle.

Avant la carrière solo

Avant de se lancer en solo, Blanche Baillargeon a accompagné des artistes « dans tous les styles imaginables », et ce, durant une dizaine d’années. Elle a par ailleurs intégré le groupe de jazz manouche Christine Tassan et les Imposteures, dont la renommée s’étend au-delà des frontières.

« J’ai commencé très jeune à la basse électrique et j’ai eu la chance de fouler rapidement de grosses scènes avec DJ Champion, qui faisait un tabac à l’époque. Ça m’a formée énormément. Je me suis ensuite mise à la contrebasse et ça m’a amenée à jouer davantage de jazz. Je cumule évidemment plusieurs projets en parallèle. On ne vit pas d’une carrière solo en jazz au Québec », raconte-t-elle.

Composer est pour elle un grand plaisir, mais elle avoue être encore plus « portée » par la scène. « Le contact avec le public est pour moi un vrai privilège. Je suis un peu sauvage et j’ai une tendance naturelle à m’isoler. Jouer avec des musiciens pour des gens est une grande chance. »

Le 7 février, lors de sa prestation à Orford Musique, Blanche Baillargeon sera accompagnée par la pianiste Chantale Morin et le batteur Sacha Daoud. « Nous sommes cinq d’habitude. La formule trio est toute nouvelle et j’ai hâte de l’expérimenter, car elle offre beaucoup de liberté », note l’artiste.

À l’occasion de ce spectacle, les spectateurs pourront entendre quelques standards de jazz et de musique brésilienne. Le trio interprétera évidemment plusieurs compositions de Blanche Baillargeon, dont certaines qui seront intégrées à son prochain album.

VOUS VOULEZ Y ALLER?

Paysages (souper-spectacle)
Blanche Baillargeon
Vendredi 7 février, 18 h
Bistro Rondo,
Orford Musique
Entrée : 52 $