Dominique Lévesque

Décès de Dominique Lévesque: Bernard Caza perd «presque un frère»

Le directeur artistique du Vieux Clocher de Magog, Bernard Caza, était encore incrédule mardi soir de ce qui venait d'arriver. Non seulement perd-il « presque un frère », mais il est aussi témoin de la grande douleur de Dany Turcotte, dont il est l'agent et ami depuis l'époque du Groupe Sanguin.
Bernard Caza
« Dany a appris la nouvelle alors qu'il était en route pour le Saguenay pour souligner l'anniversaire de sa mère. C'est l'épouse de Dominique qui l'a appelé depuis le Honduras, sur son cellulaire, alors qu'il était dans le parc des Laurentides. Elle était encore sur la plage. La famille venait à peine d'arriver dans le sud. Dany est effondré. Ils étaient de grands amis depuis plus de 35 ans. Ça n'a aucun sens! » rapporte-t-il, consterné, mentionnant que le fils de Dominique Lévesque est âgé d'à peine trois ans.
Pour Bernard Caza aussi, la perte est énorme. Ce sont les membres du Groupe Sanguin, avec le duo Lévesque-Turcotte, qui détiennent le record de prestations au Vieux Clocher de Magog. Tous leurs spectacles y ont été rodés.
« Une grande amitié est née de ces nombreuses années à travailler avec lui. Dominique faisait pratiquement partie des meubles. Tout le monde au Vieux Clocher est affecté aujourd'hui. »
Érudit et extraordinaire
« Depuis que Dany et Dominique ont cessé de faire de la scène, Dominique était passé derrière la caméra et gérait ses affaires lui-même. Mais on s'écrivait encore régulièrement. Il avait arrêté les spectacles parce que ça le rendait extrêmement anxieux. Il vivait un trac fou. »
Bernard Caza se souviendra toujours d'un homme érudit, constamment à la recherche de questions pour les jeux-questionnaires télévisés où il oeuvrait depuis plusieurs années, et qui se faisait un point d'honneur de lire le dictionnaire de A à Z une fois par année.
« Nomme-moi quelqu'un d'autre qui en fait autant! C'était une bibitte extraordinaire, mais aussi un être d'une extrême gentillesse, toujours intéressé par les autres. »
Le directeur artistique ose même parle de génie. « Pour créer des personnages qui ont autant marqué l'esprit des Québécois comme son gars fatigué, son balayeur ou sa petite vieille, il fallait d'abord les imaginer, puis les investir et les jouer. C'était un grand artiste, dans une case à part. »
« Dany et lui se complétaient par leurs différences. Ils étaient aussi de grands perfectionnistes. Je me souviens qu'après les spectacles, ils couraient presque après les spectateurs pour savoir ce qu'ils en avaient pensé. Le lendemain, il y avait encore des changements. Avec eux, un spectacle n'était jamais terminé. De véritables passionnés », ajoute celui qui devait déjà faire le deuil d'un autre ami, Bob Walsh, décédé le mois dernier.