L’exposition L’Arche de Noé selon Claude Lafortune a été l’une des expositions qui a connu le plus de succès en peu de temps au Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke.
L’exposition L’Arche de Noé selon Claude Lafortune a été l’une des expositions qui a connu le plus de succès en peu de temps au Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke.

Décès de Claude Lafortune : « un homme plus grand que nature »

Le Québec a perdu « un homme plus grand que nature ». C’est ce qu’a confié Michelle Bélanger, directrice générale du Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke (MNS2), à la suite de l’annonce du décès du sculpteur et animateur Claude Lafortune. Il y a à peine quelques mois, le passage de l’exposition L’Arche de Noé selon Claude Lafortune suscitait un impressionnant intérêt dans son établissement.  

Rappelons que, dimanche, Radio-Canada annonçait que Claude Lafortune avait été emporté par la COVID-19 en matinée, à l’âge de 85 ans. 

« Je ne cacherai pas que son exposition a été celle qui a été la plus visitée en une courte période de temps au Musée. Ça rejoignait plusieurs générations », note-t-elle à propos de cette exposition présentée du 21 décembre 2019 au 12 janvier 2020 et qui dessinait un portrait du récit millénaire de l’Arche de Noé en 25 imposantes et minutieuses sculptures de papier.

Explorant les différentes versions culturelles du mythe, l’exposition mettait également en lumière les enjeux de préservation de la biodiversité, une approche qui avait joué dans la balance pour son passage au MNS2. 

« Alors que nous sommes plutôt reconnus pour être un musée familial, nous avons vu énormément de personnes plus âgées venir, prendre le temps de lire chacun des écriteaux et partager leurs souvenirs quant à M. Lafortune. Tout le monde avait son anecdote à raconter, et ça permettait de véritables interactions intergénérationnelles », note celle qui a correspondu à ne nombreuses reprises avec M. Lafortune, puisque celui-ci ne voyageait plus sur de grandes distances. 

« La nouvelle de son décès m’a beaucoup attristée, poursuit Mme Bélanger. Nous étions en étroite communication avec lui jusqu’à tout récemment. Nous lui avons envoyé toutes les photos, tous les articles et reportages au sujet de son exposition. Il était très content, et il m’a même dit que son petit-fils était passé voir l’exposition. Mon collègue Jean-François Royal, avec qui il avait bâti cette exposition au Musée des religions du monde, me disait aussi que c’était un homme très généreux. »

Dans une vidéo présentée dans le cadre de l’Arche de Noé selon Claude Lafortune, on entendait d’ailleurs M. Lafortune dire qu’il pourrait bien s’agir de sa dernière exposition. 

« Mais il continuait toujours de créer des personnages, précise Mme Bélanger. Il n’aurait peut-être pas fait d’autres expositions, parce que c’est exigeant, mais il n’arrêtait jamais de sculpter. C’était sa passion. » 

L'exposition, présentée du 21 décembre 2019 au 12 janvier 2020 et qui dessinait un portrait du récit millénaire de l’Arche de Noé en 25 imposantes et minutieuses sculptures de papier.

Étant elle-même de la génération qui a été marquée par L’Évangile en papier, émission pour laquelle M. Lafortune a été connu, Mme Bélanger se souviendra également de sa voix « posée » et de ses talents d’animateur.

« Je me rappelle que nous étions captivés devant l’écran, témoigne-t-elle. Il avait cette façon de raconter qui était propre à lui. Et que dire de sa créativité, tant dans l’émission que dans ses expositions, il faisait des personnages incroyables. Quand je pense aux détails qu’il réussissait à faire. Il rendait ses personnages presque vivants. » 

Après Sherbrooke, l’exposition devait ensuite être présentée au Centre d’exposition d’Amos. En raison de la crise sanitaire, l’organisme, qui avait déjà monté l’exposition en ses murs, a dû annuler le vernissage du 20 mars. Il espère pouvoir la présenter à la réouverture de ses portes, dont la date n’est toujours pas fixée.  

M. Lafortune avait mis trois semaines par animal et quatre semaines par personnage pour réaliser cette exposition de sculptures de papier.