La comédienne Sonia Vachon, le réalisateur Émile Gaudreault, la productrice Denise Robert et le comédien Michel Côté étaient de passage à Sherbrooke mardi pour l'avant-première du film De père en flic 2.

De père en flic 2: suite thérapeutique

Bootcamp pour couples : c'est le titre qu'a failli avoir De père en flic 2. Le réalisateur Émile Gaudreault avait en effet songé à une comédie explorant l'univers des thérapies de couples, dans lequel il aurait ramené les tandems qu'il avait le plus aimés dans ses films précédents : Sonia Vachon et Benoît Brière dans Le sens de l'humour, Diane Lavallée et Yves Jacques dans Nuit de noces, Guylaine Tremblay et Normand D'Amour dans Le vrai du faux, Louis-José Houde et Caroline Dhavernas dans De père en flic... Jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'il avait le matériau idéal pour la suite de son grand succès de 2009.
« Ma productrice Denise Robert et les distributeurs m'avaient demandé, à l'époque, une suite éventuelle, mais dans mon esprit, De père en flic, c'était un one-shot deal, l'histoire d'une seule situation », explique le cinéaste qui, lorsqu'il a eu sa révélation, a jeté un synopsis sur cinq pages.
« J'y voyais Marc Laroche [Louis-José Houde] dans un couple qui n'allait pas bien, son père Jacques [Michel Côté] refusant de vieillir, ressentant beaucoup de solitude et cherchant l'âme soeur, puis un criminel [Martin Germain, joué par Patrice Robitaille] qu'ils essaient d'attraper et qui, ils n'en reviennent pas, s'inscrit lui aussi dans un groupe de thérapie », raconte le cinéaste, qui a tout de suite perçu le très grand nombre de pistes possibles dans cet univers des thérapies conjugales.
Deux ans plus tard, De père en flic 2 est sur le point d'arriver sur les écrans, avec un scénario assez semblable au premier, mais avec cette différence où, plutôt que des duos pères-fils, ce sont des couples homme-femme (excepté le couple gai incarné par Sonia Vachon et Hélène Bourgeois-Leclerc) qui sont au coeur de l'histoire. En plus de Martin Germain et de sa sémillante conjointe (Julie Le Breton), on retrouve le jeune couple épuisé (Mariana Mazza et Mehdi Bousaidan), celui à la trop grande différence d'âge (Sylvie Potvin et Mathieu Quesnel), les nouveaux retraités (Diane Lavallée et Yves Jacques) ainsi que les jeunes policiers sous couverture (Karine Vanasse, qui succède à Caroline Dhavernas, et Louis-José Houde) qui, ironiquement, ont réellement besoin d'une thérapie.
Quant à Jacques Laroche, il infiltrera aussi le groupe en tant qu'aide-psychologue... avec une promotion lorsque le thérapeute en chef se retrouvera à l'hôpital.
« La présence féminine, qui est beaucoup plus forte dans cette suite, amène un point de vue vraiment intéressant », souligne Denise Robert, précisant que la demande pour un De père en flic 2 venait surtout des distributeurs et des salles de cinéma. « L'ampleur du succès du premier film était inattendue. À ce moment-là, on nous a beaucoup poussés pour continuer l'aventure, mais j'avais l'impression que le filon avait été exploité. Ce n'était dans les plans de personne. Quand Émile m'a proposé son Bootcamp pour couples, j'ai vu des situations comiques à l'infini. Il fallait toutefois un scénario en béton, meilleur que le premier. »
Agréable comme pas un
Après consultation avec Louis-José Houde et Michel Côté, il avait été convenu qu'Émile travaille son scénario en secret, pour s'assurer que personne n'en entende parler si le résultat n'était pas satisfaisant.
« Ça nous a rassurés », explique Michel Côté, qui n'a jamais tenu le succès de l'opus 2 comme acquis. « Peu importe le projet, le doute m'a toujours habité. Mais on connaît Émile, c'est notre troisième film avec lui et on sait qu'il perfectionne les choses jusqu'à la dernière minute de montage. Et ça ne se peut pas, être plus agréable que lui au travail. »
Les années écoulées depuis le premier film ont aussi rendu le projet plus intéressant pour le comédien. « Sinon, cela aurait été trop pareil. J'aime Jacques parce qu'il est très loin de moi. J'aimerais d'ailleurs que mes prochains rôles soient des originaux, des tueurs en série, ou quelque chose que je n'ai pas fait encore », précise celui qui s'apprête à prendre six mois de sabbatique, maintenant que la fin de Broue le lui permet.
Quant à l'idée de départ d'Émile Gaudreault, celle de réunir ses couples chouchous, il n'est resté que Diane Lavallée et Yves Jacques de Nuit de noces (2001).
« J'avais complètement oublié ça lorsque j'ai commencé à travailler avec Diane et Yves. Je voulais simplement retrouver leur incroyable chimie. C'est Yves qui m'a suggéré en répétition : pourquoi ce ne seraient pas Geneviève et Bernard... qui reparlent de leur chien Poumpi? Ça donne un beau clin d'oeil et il y a beaucoup de gens qui le remarquent. »
Humour dans la vérité
Quant à Sonia Vachon, le réalisateur a préféré lui donner le rôle d'une des deux femmes gaies. « C'est mon quatrième film avec Sonia et je savais qu'elle serait géniale. Sonia, elle est bonne, drôle, vraie. Hélène et elle travaillaient ensemble pour la première fois et c'était comme si elles se connaissaient depuis 30 ans. »
« On ne peut pas dire non à un rôle écrit pour soi. J'ai embarqué tout de suite », commente la comédienne magogoise, qui a quand même pris quelques précautions dans sa préparation d'une femme assez masculine. « C'était un défi! Je ne voulais pas devenir trop caricaturale ni blesser personne. J'ai beaucoup observé les hommes pour me préparer, la façon de se tenir, les bras croisés, les pouces dépliés, pour lui donner de la carrure. Émile, c'est l'humour dans la vérité. »
Quant à Caroline Dhavernas, elle n'a pas pu reprendre son rôle, à cause du tournage de Mary Kills People, qui commençait au même moment. « Mais elle a quand eu une pause pour venir faire une apparition, en tant qu'ex de Marc. C'est une courte scène, mais son petit punch fait rire », souligne Émile Gaudreault.
Il est évidemment trop tôt pour savoir si De père en flic 2 aura son adaptation en France comme le premier volet, sorti l'an dernier sous le titre Père fils thérapie et réalisé par Émile Gaudreault lui-même. Mais la porte reste ouverte, dit Denise Robert.
« Je trouve qu'Émile a vraiment réussi à faire un film français. À la fin du tournage là-bas, Jacques Gamblin [qui reprenait le rôle de Rémy Girard] est arrivé en pleurs pour dire à Émile qu'il n'avait jamais été dirigé comme ça, que c'était extraordinaire et qu'il avait l'impression d'avoir été encore meilleur que dans le passé. »
Le film prend l'affiche jeudi.