La rivalité entre Marc et Jacques Laroche (Louis-José Houde et Michel Côté) est toujours en grande forme.

De père en flic 2 : une comédie chouchou... qui le reste ***½

Critique / Il aurait été très étonnant que De père en flic 2 se plante. Cette suite est construite sur un canevas presque identique, avec les deux mêmes chouchous du public comme acteurs principaux, auxquels s'ajoutent de nouvelles gueules aimées. Une formule gagnante qui n'avait besoin que de quelques variantes pour de nouveau faire mouche.
Avec même quelques améliorations. Le réalisateur Émile Gaudreault, dont on perçoit assez vite la maturité acquise depuis le premier volet (notamment la rapidité de la mise en situation), a poussé encore plus loin les forces de son opus 1. À commencer par la délicieuse faune des tandems en thérapie, qui occupent ici encore plus de place.
La ressemblance quant au squelette du film pourrait déranger. Ce n'est pas l'évident déjà-vu du dernier Star Wars, mais on n'est pas dupe : une opération policière en ouverture, une engueulade père-fils subséquente, un bras droit de mafioso à coincer, un exercice thérapeutique où les conjoints se décrivent l'un l'autre... Mais le sentiment de décalque, ici, ne nuit pas, à cause du renouvellement des textes et de l'humour, de la grande forme des interprètes et du fait que la « franchise » De père en flic s'appuie sur une architecture unique et très rarement exploitée auparavant.
Restez bien éveillés : la vitesse avec laquelle Émile Gaudreault installe la situation est presque essoufflante. En revanche, la poursuite en ouverture (tout comme la fusillade de la fin) se révèle beaucoup plus palpitante. Cette redite permet aussi au cinéaste de montrer que la rivalité entre Marc et Jacques Laroche (Louis-José Houde et Michel Côté) est en pleine forme. On est encore avec deux adultes qui refusent de grandir, le premier obsédé par l'idée de surpasser son père, le second incapable d'accepter que l'heure de la retraite approche.
Très vite, Jacques, Marc et sa nouvelle blonde policière Alice (Karine Vanasse) infiltrent un nouveau groupe de thérapie, cette fois pour couples. Justement, ça ne va pas très bien entre Marc et Alice. Ni entre Pascale (Julie Le Breton) et Martin Germain (Patrice Robitaille), dangereux criminel et lieutenant d'un mafioso à arrêter.
Quant à Jacques, sa couverture est d'être un assistant du psychologue... vite forcé de remplacer le thérapeute en chef. Ce qui sera la source d'une grande part d'humour du film, ses préjugés et méthodes mal dégrossies suscitant un choc solide avec les théories de l'écoute active. Les participants du bootcamp conjugal en verront de toutes les couleurs. Ça tombe bien : tous sont déjà pas mal bigarrés, des deux lesbiennes (les touchantes et tordantes Sonia Vachon et Hélène Bourgeois-Leclerc) jusqu'aux acidulés Geneviève et Bernard (Diane Lavallée et Yves Jacques) de Nuit de noces.
Savant dosage
On ne peut d'ailleurs que saluer un tel alignement d'acteurs et d'actrices, toujours sur la coche, dirigés au bon endroit. Michel Côté brille d'aisance, surtout dans les scènes d'interrogatoires, alors que Louis-José Houde révèle une subtilité de jeu accrue. Le reste participe d'un savant dosage entre frénésie, claques bien envoyées, moments émouvants et surprises hilarantes, Émile Gaudreault excellant dans sa façon de régulièrement faire scratcher le disque.
Seuls véritables temps morts : l'atelier de grognements et la scène de séduction-diversion entre Alice et Martin, qui prend un trop grand détour pour mener à un gros punch. La scène cachée, à la fin du générique, n'est pas la plus réussie.
Bien sûr, quelques petites invraisemblances se glissent au passage, dont l'évasion trop facile de la petite crapule JF (Alexandre Landry), mais le rythme du film fait vite passer outre.De père en flic 2
Comédie policière
***½
Réalisé par Émile Gaudreault
Avec Michel Côté, Louis-José Houde et Karine Vanasse