Les membres d’Estria : Lydia Gasse, Pauline Farrugia, Erich Kory, Christiane Lampron et Julie Garriss. Absent : Étienne de Médicis.

De «nouvelles couleurs» pour Estria

Les œuvres pour quatuor à cordes avec instrument à vent demeurent relativement rares dans le répertoire de la musique de chambre. L’ensemble Estria a toutefois réussi à dénicher deux perles écrites pour ce type de formation et a choisi de les offrir aux mélomanes de la région.

Samedi et dimanche, Estria présentera donc le même concert, d’abord à l’église Sainte-Élisabeth, à North Hatley, et au Centre culturel et du patrimoine Uplands, à Lennoxville. Les spectateurs qui assisteront à chacun des deux concerts auront droit à « l’un des plus grands chefs-d’œuvre de Johannes Brahms » ainsi qu’à une pièce touchante signée par Antonin Reicha.

La pièce de Brahms est son Quintette pour clarinette et quatuor à cordes opus 115, une œuvre que le compositeur a commise dans les dernières années de sa vie.

« Brahms a fait la découverte de la clarinette vers la fin de sa vie, fait remarquer Pauline Farrugia, clarinettiste de l’ensemble estrien. C’est un instrument qui n’était pas beaucoup utilisé dans les orchestres à cette époque. Mais une fois que Brahms l’a découvert, il a fait quatre belles œuvres pour clarinette. »

La seconde pièce, celle de Reicha, est quant à elle destinée à un quintette avec hautbois et quatuor à cordes.

Tout à tour, le hautboïste Étienne de Médicis et la clarinettiste Pauline Farrugia seront accompagnés par le nouveau quatuor à cordes de l’ensemble Estria, formé des violonistes Julie Garriss et Lydia Gasse, de l’altiste Christiane Lampron ainsi que du violoncelliste Erich Kory.

« Ça donne une couleur spéciale quand on associe des instruments à vent aux cordes, affirme Mme Farrugia. C’est un peu hors-norme et c’est un défi de créer une belle harmonie. Mais le résultat à la fin est tellement intéressant. »

Faire jouer l’Estrie

Lorsqu’on demande à la clarinettiste ce qui a poussé l’ensemble qu’elle dirige à explorer ce type de répertoire, elle souligne d’abord qu’Estria « aime amener d’autres couleurs musicales » aux mélomanes.

« Avant, on était juste un quintette à vent, ajoute-t-elle dans la foulée. Mais on trouvait que ce n’était pas assez intéressant. On a donc choisi d’évoluer pour offrir du choix et un répertoire plus large. »

Et il ne faudrait pas passer sous silence le désir de l’ensemble de « faire jouer des musiciens de l’Estrie », un objectif que la formation d’un quatuor à cordes lui permet d’atteindre à nouveau. Les quatre musiciens qui composent le quatuor sont en effet tous issus de la région estrienne.

Estria remontera sur scène les 17 et 18 février pour livrer deux concerts pour violon, clarinette et piano. Puis, les 28 et 29 avril, il offrira deux nouvelles performances en formule piano-vents. Le réputé pianiste Tristan Longval-Gagné participera aux quatre prestations.

Lors de ses prestations de février et avril, l’ensemble interprétera notamment des œuvres de Stravinsky, Prokofiev, Bartók, Mozart et Beethoven.