Avec son nouveau spectacle, l’imitateur Michaël Rancourt glisse lentement de l’humour vers les variétés, en explorant le répertoire musical des années 1950 et 1960. Il n’a pas complètement abandonné l’humour pour autant. « Il y en a encore dans mes interventions. Je m’amuse à faire ressortir les ressemblances inattendues entre certaines voix, comme Frank Sinatra et Jacques Demers », dit-il.

De l’humour aux (drôles de) variétés

Les revues musicales ont particulièrement la cote ces temps-ci en chanson. Mais imaginez un spectacle qui réunirait une trentaine de vos interprètes favoris, plus les musiciens : le coût du billet serait démesuré. Toutefois, pour un imitateur comme Michaël Rancourt, qui peut regrouper de multiples artistes en une seule personne, le rêve peut s’approcher vraiment très près de la réalité.

On pourrait d’ailleurs dire que l’humoriste est triplement heureux de son nouveau tour de scène, baptisé Les années jukebox de Piaf à Sinatra. Primo, il lui permet de glisser vers le créneau des variétés, un genre qui l’a toujours attiré. Secundo, ce virage l’aura forcé à présenter quelque 90 pour cent de nouvelles voix. Tertio, tout ce positif est né d’une aventure qui a mal tourné.

En 2014, avec Steeve Diamond et le nouveau coéquipier Francesco Verecchia, Michaël Rancourt devait en effet ramener les Ténors de l’humour, rebaptisés Drôles de ténors. Mais il y a eu, disons, un gros désaccord avec la production.

« Ça n’avait rien à voir avec la qualité du spectacle. Nous avons donné une quinzaine de représentations, mais nous avons finalement décidé de tout arrêter. J’ai donc dû me trouver un nouveau projet et j’avais cette idée derrière la tête depuis des années. »

« Aujourd’hui, je me rends compte que j’ai fait un très bon choix, poursuit-il. Je suis très heureux du résultat. C’est un spectacle bien différent de tout ce que j’ai créé avant, et ça, c’est important, par respect pour les gens qui viennent me voir depuis 30 ans. Parce que Kevin Parent et Éric Lapointe, je les ai faits et refaits. C’est donc une belle transition de carrière pour moi. »

La vaste majorité des voix des Années jukebox, explorant le répertoire des années 1950 et 1960, n’avaient jamais figuré dans la panoplie vocale de l’humoriste. On y retrouve Charles Aznavour, les Beach Boys, Elvis Presley, Édith Piaf, les Beatles, Bill Haley, Dean Martin, Dick Rivers, Claude François, Frank Sinatra, Chubby Checker, les Platters, Johnny Cash, Paul Anka, James Brown, les Temptations, Ritchie Valens, Gilbert Bécaud, Engelbert Humperdinck, Pierre Lalonde, Donald Lautrec…

Criez, mesdames!

« Je m’aperçois que ce répertoire a encore sa place en 2017. Avec ce spectacle, j’ai l’impression d’être comme la sortie du samedi soir d’il y a 50, 60 ans… C’est la première fois que je vois les gens se lever spontanément pour danser. »

Avec des classiques comme Let’s Twist Again et Rock around the Clock, on comprend aisément pourquoi. 

« Quand je fais Aline, tout le monde chante. Au moment d’Elvis et des Beatles, je demande aux dames de crier comme à l’époque... et parfois, je ne m’entends plus chanter. Les gens participent beaucoup », raconte celui qui signe texte et mise en scène.

Michaël Rancourt est accompagné de deux musiciens et empoigne même sa guitare à quelques reprises. Bref, Les années jukebox lui a apporté un nouvel élan.

« Ça m’amène un nouvel auditoire. Quand je demande qui me voit pour la première fois sur scène, 75 pour cent des gens lèvent la main. »

Il n’a pas complètement abandonné l’humour pour autant. « Il y en a encore dans mes interventions, entre les chansons. Je fais des parallèles entre hier et aujourd’hui. Je m’amuse aussi à faire ressortir les ressemblances inattendues entre certaines voix, comme Frank Sinatra et Jacques Demers », dit-il.

Parallèlement, il continue de présenter son autre spectacle d’humour et d’imitation, mais davantage dans les événements d’entreprise. « Ça se renouvelle constamment, parce qu’il y a des personnalités qui s’effacent et d’autres qui émergent. »

L’imitateur prévoit d’exploiter son nouveau filon encore longtemps. « Avec tous les artistes que j’ai dû écarter (j’en avais pour quatre heures), il me reste assez de matériel pour un deuxième spectacle. J’ai déjà commencé à le préparer pour 2019. »

Vous voulez y aller

Les années jukebox de Piaf à Sinatra
Michaël Rancourt
Vendredi 29 décembre, 20 h 30
Vieux Clocher de Magog
Entrée : 32,50 $