On s’est préparé une programmation en audace, en plaisir et en réflexion pour le 6e Festival Cinéma du monde qu’ont fait connaître mardi le président du FCMS, Pierre Javaux, la directrice de la programmation, Catherine Viau, la directrice générale, Malika Bajjaje, et le cofondateur de l’événement et propriétaire de la Maison du cinéma, Denis Hurtubise.

De l’audace, du plaisir et de la réflexion au FCMS

Il faut de l’audace. De l’audace pour lancer et tenir, année après année, un festival de cinéma, de cinéma du monde qui plus est, du cinéma du monde en région où le bassin démographique est forcément plus restreint, dans une ville comme Sherbrooke, une cité d’ouverture, certes, mais...

Mais rien. Il n’y a pas de mais.

Les salles combles des cinq premières éditions du Festival Cinéma du monde, l’engouement sans cesse croissant pour sa programmation sur grand écran et au gré des nombreux événements ont donné toute légitimité aux instigateurs du projet, qui proposera en avril sa sixième édition.

Une légitimité qui permet de pousser l’audace un peu plus loin encore. Dans ces heures de peuples dans la rue, de revendications, de catastrophes nombreuses et d’apocalypse sur le pas de la porte, le Festival Cinéma du monde ouvre quelques fenêtres sur le savoir et la réflexion.

« Il y a en ce moment, partout dans le monde, des gens dans les rues qui veulent se faire entendre, mais aussi des gens quelque part au-dessus qui ne veulent pas qu’ils s’expriment. Tout ça est là en train d’exister simultanément », remarque la directrice de la programmation du FCMS, Catherine Viau.

« Et c’est en partie ce que la programmation nous permet d’explorer et de mieux connaître, mais dans un contexte de plaisir où il y a place pour la réflexion », poursuit celle qui trace un chemin de la fragilité vers l’espérance en présentant quelques-uns des 130 films parmi lesquels devront choisir les festivaliers du 4 au 11 avril prochain.

Parce que oui, 130 films, des comédies et des drames, des suspenses existentiels même, de l’animation à son meilleur bien sûr et des propositions pour petits et grands.

Forcément, il faudra choisir, personne n’y arrivera entièrement, même les jurés qui entoureront l’actrice Marie Tifo aux volets internationaux fiction et documentaire de la compétition du Cercle d’or, même ceux du volet régional présidé par la comédienne sherbrookoise Emmanuelle Laroche.

Regard sur les créateurs

« En regardant la programmation avec plus de recul, on réalise aussi à quel point la création et les créateurs sont au cœur de nos choix cette année, fait encore valoir Catherine Viau. Ce n’est sans doute pas un hasard. Quand l’humain veut voir loin et autrement, c’est vers les créateurs qu’il se tourne pour regarder ce qu’ils ont à offrir, ce vers quoi ils tendent. Ça vient encore nourrir la réflexion. »

Réflexion qui se poursuivra dans la vingtaine d’événements, de débats, d’échanges et de tables rondes dont se réjouit la directrice générale du FCMS, Malika Bajjaje.

« C’est un festival de cinéma, mais ce sont les échanges et la connaissance de l’autre, de notre monde qui est au cœur de tout », rappelle celle qui chapeaute également chaque été le Festival des traditions du monde.

« Cette année, non seulement on a créé une place de la famille à la place des Moulins, rue Frontenac, mais on arrive avec des nouveautés », note-t-elle.

Parmi lesquelles le Ciné-Impro, de concert avec la troupe de L’Abordage, et le Ciné-Concert au Centennial.

L’anthropocène, la diversité sur les écrans, la parole autochtone et la laïcité s’inviteront aussi dans le programme au fil des ciné-échanges qui se tiendront à divers endroits en ville.

Explorant le monde méconnu des itinérantes, la comédie française Les Invisibles lancera les festivités le jeudi 4 avril, tandis que L’incroyable histoire du facteur cheval, du réalisateur Nils Tavernier, sera présenté en soirée de clôture le 11 avril, peu après la remise des Cercles d’or.

FILMS EN COMPÉTITION

Meilleur long métrage, fiction 

(Gagnant 2018 : Une famille syrienne, de Philippe Van Leeuw)

> Amin (France) de Philippe Faucon

> Les Chatouillles (France) d’Andréa Bescond et Éric Métayer

> Mon cher enfant (Tunisie, Belgique, France, Qatar) de Mohamed Ben Attia

> Virus tropical (Colombie) de Santiago Caicedo

> Wajib : l’invitation au mariage (Palestine) d’Annemarie Jacir

Meilleur documentaire

(Gagnant 2018 : Des rêves sans étoiles, de Mehrdad Oskouei)

> Amal (Liban, Égypte, France, Allemagne, Norvège, Danemark, Qatar) de Mohamed Siam

> Hale  County  This  Morning,  This  Evening (États-Unis) de Ramell Ross

> La fille du cratère (Québec) de Nadine Beaudet et Danic Champoux

> Maguy Marin, l’urgence d’agir (France) de David Mambouch

> The Woman Who Loves Giraffes (Canada) d’Alison Reid

Meilleur court métrage de l'Estrie

(Gagnant 2018 : Le dernier jour, de Louis-Charles Blais)

> Être, de Claude-Andrée Rocheleau

> Nostalgia, de Marius Mongeau

> Ponderosa, de Julien Grégoire-Péloquin

> Rouge D  4 Femme, de Nadia Fortin

> What Is Important, d’Axel Royer-Gagné