Les photos de Jocelyn Riendeau mettent de l’avant plusieurs rassemblements qui ont eu lieu à Sherbrooke avant le confinement.
Les photos de Jocelyn Riendeau mettent de l’avant plusieurs rassemblements qui ont eu lieu à Sherbrooke avant le confinement.

De l’art pour se changer les idées

Sherbrooke — Au restaurant Auguste, les mesures sanitaires du gouvernement sont appliquées d’une manière inusitée. Anik Beaudoin, propriétaire, a décidé de bonifier l’expérience de ses clients en exposant différentes œuvres d’art pour faire respecter la distanciation sociale. 

Mme Beaudoin a fait appel à trois artistes de la région qu’elle avait côtoyés auparavant : Jocelyn Riendeau, photographe, Raphaël Zweilder, artiste multidisciplinaire et Mathieu Binette, sculpteur. 

« Avec cette espèce de tristesse reliée à la COVID et à la fermeture du restaurant, j’avais le goût d’exposer quelque chose de vivant », soutient la propriétaire depuis 12 ans. Avant, ce sont les toiles colorées d’Adèle Blais qui habillaient les murs, mais à la fermeture, l’artiste a récupéré ses œuvres, laissant un immense vide. 

« Puisque plusieurs lieux de rassemblements sont fermés, j’ai pensé aux photos de Jocelyn, qui couvre plusieurs événements en ville. Il a accepté d’embarquer dans mon projet d’exposer plusieurs photos de rassemblements pour rappeler aux gens que ces moments vont revenir un jour », explique Anik Beaudoin. 

En plus des photographies, une panoplie de sculptures réalisées par Mathieu Binette séparent les différentes sections, tandis que les mobiliers de Raphaël Zweilder servent de support aux pompes de désinfectant. 

Les sculptures de Mathieu Binette permettent de séparer les sections et de respecter la distanciation sociale.

Joindre l’utile à l’agréable

Financièrement, la crise a été difficile pour les restaurateurs, et l’achat de plexiglas représente une dépense très importante. Remplacer ce matériau par des œuvres d’art pour en arriver au même résultat, mais en plus beau, était donc la meilleure des solutions, avoue la propriétaire. 

« Je considère la restauration, les bars et les arts comme les « mal-aimés » de l’économie, puisqu’on est dans les derniers à rouvrir, alors j’ai décidé de transformer ça en alliant les deux », soutient-elle. 

La salle à manger du Auguste est rouverte depuis mercredi, et jusqu’à maintenant, la réaction des clients est excellente. « La dernière chose que les clients ont envie de parler, c’est de la COVID, et entrer en contact avec l’art leur permet de vivre pleinement le moment présent », croit Mme Beaudoin. 

L’idée de poursuivre ce concept après la pandémie n’est pas exclue. Anik Beaudoin affirme qu’en ce moment, la contrainte de distanciation est difficile, car elle est grande. « Ça fait toutefois réfléchir à la gestion de l’espace. Ça se pourrait qu’à l’avenir, je continue d’espacer ma salle à manger en intégrant des œuvres comme celles-là », termine-t-elle.