Sabrina Briza, Arielle Boudreau et Philomène Lemay, trois jeunes danseuses du Studio K de Danville, ont improvisé une chorégraphie autour de L’Espoir au rythme des tambours de Michel Ouellet, créateur des tambours MOPERC.

De la poésie sur le métal

Si la sculpture « L’Espoir » témoigne du savoir-faire et de la créativité des jeunes de la région d’Asbestos, son lancement a aussi permis d’explorer l’art sous diverses formes à travers plusieurs talents de la région. Tous étaient réunis pour propager l’idée que « tant qu’il y aura des humains, il y aura de l’espoir ».

Renée Giguère se passionne depuis longtemps pour L’Humain d’Armand Vaillancourt, le côtoyant depuis sa tendre enfance. Sa fille lui avait dit de ne pas mettre d’énergie sur un projet touchant à cette sculplture puisqu’elle allait être détruite et que tout le monde la détestait de toute façon. « Regarde-moi bien! » lui avait-elle répondu.

Et samedi devant les dizaines de personnes venues assister au dévoilement de L’Espoir, elle pouvait dire mission accomplie. Elle qui disait toujours au directeur de l’école secondaire L’Escale, Daniel Champagne, qu’il possédait un trésor dans sa cour, a d’ailleurs profité de l’occasion pour remercier son implication dans le projet, de même que celle des nombreux partenaires.

« Il faut dire que tous les gens qui ont participé ne sont pas du tout des artistes. Il a donc fallu sortir notre fibre créatrice et artistique pour arriver à ce résultat », confie-t-elle au passage.

Les jeunes créateurs du concept ont aussi eu l’occasion d’expliquer la genèse de l’idée qui a mené à L’Espoir. « La Terre dans la main représente le plein pouvoir que l’on a sur la planète, même celui de la détruire. La main peut l’écraser ou la sauver », résume Julien Decoste, étudiant en première secondaire à L’Escale.

Valeur historique

Aujourd’hui conservatrice à la Galerie d’art de l’Université de Sherbrooke, Suzanne Pressé a elle aussi grandi avec L’Humain mal-aimé d’Asbestos. Présente au dévoilement de L’Espoir, elle a glissé un mot sur la valeur historique de la sculpture de Vaillancourt.

« Auparavant, les sculpteurs devaient utiliser des matériaux nobles : marbre, bronze et pierre. Mais après la Deuxième Guerre mondiale, les artistes se sont rebellés et ont revendiqué la liberté des matériaux utilisés. L’Humain d’Armand Vaillancourt, réalisé en 1963, s’inscrit dans cette lignée », raconte-t-elle.

À ses yeux, L’Humain et L’Espoir ne pourraient être exposées à un meilleur endroit qu’à l’endroit où ils sont, devant une école de métier où les jeunes apprennent à travailler les matériaux qui constituent les sculptures.

Prestations

Michel Ouellet, créateur des tambours MOPERC, a donné le ton tout au long de la cérémonie, entrecoupant les différentes interventions de quelques rythmes. Trois jeunes danseuses du Studio K de Danville, Sabrina Briza, Arielle Boudreau et Philomène Lemay, ont d’ailleurs improvisé une chorégraphie au son des tambours de Michel Ouellet.

Virevoltant autour de L’Espoir le sourire aux lèvres, elles laissent croire que les jeunes fréquentant L’Escale développeront un fort sentiment d’appartenance à l’œuvre.

Finalement, l'auteur David Goudreault a livré un texte spécialement composé pour les deux sculptures : L’humain est un monstre qui espère.

« Le titre est très significatif puisqu’il fait un lien avec les deux sculptures. Insérer le mot monstre entre les deux rappelle le scandale qui a entouré l’œuvre de Vaillancourt à ses débuts. C’est un peu une façon d’humaniser ce monstre, cette œuvre, qui espère être compris », souligne-t-il.

Pour l’artiste qui avoue aimer l’art qui dérange, il n’a pas été ardu d’accepter l’offre de participer à ce projet audacieux. Il confie même admirer Armand Vaillancourt et ressentir un honneur de collaborer à une œuvre qui lui est reliée.

« Il y avait toute une question entourant L’Humain qui avait été laissée en suspens pendant des années et j’ai l’impression qu’avec L’Espoir on y répond aujourd’hui », estime David Goudreault.