Âgé de 16 ans, Louis-Charles Blais a remporté hier avec Le dernier jour le Cercle d’or de la compétition régionale du Festival cinéma du monde de Sherbrooke.

De festival en produit d’appel

Quand même, il en faut des réflexes et de la flexibilité pour présenter un festival qui ne cesse de gagner en popularité. L’équipe de la Maison du cinéma pourra en témoigner longuement après une cinquième édition du Festival cinéma du monde qui aura fait salle comble à maintes reprises, exigeant du coup quelques petits miracles des projectionnistes et de la gestion de salles.

« C’est notre plus belle édition à tous les niveaux, que ce soit au niveau de la participation des cinéphiles que de l’efficacité de notre équipe du Festival », se réjouit le cofondateur de l’événement, Denis Hurtubise.

Une édition qui confirme le FCMS comme produit d’appel pour Sherbrooke, a quant à lui déclaré le député de Sherbrooke et ministre de la Famille, Luc Fortin, avant de confirmer la participation du gouvernement du Québec pour la prochaine édition.

« On va déjà commencer à préparer la prochaine édition, notre désir de continuer à tisser des liens avec la communauté et les partenaires est très fort », insiste la directrice générale Malika Bajjaje.

Au final, la cinquième édition du FCMS a ainsi accueilli près de 10 000 festivaliers, le succès gagnant l’ensemble des activités, du cocktail de lancement bondé à rompre jusqu’à la présentation des films sur la Louisiane par les cégepiens sherbrookois, en passant par le magnifique ciné-concert de mardi au Granada et aux projections des films d’animation d’Annecy au Kàapeh.

Succès aussi pour cette soirée de clôture, dimanche à la Maison du cinéma, où on a déclaré Une famille syrienne non seulement meilleur long métrage de fiction de l’événement, mais aussi Coup de cœur du public Radio-Canada.

Film coup de poing témoignant d’un huis-clos de survivance dans une ville assiégée, l’œuvre du cinéaste belge Philippe Van Leeuw met en scène une puissante distribution dont les actrices Hiam Abbass, dans le rôle de la mère, et Diamand Bou Abboud dans celui de la voisine.

Le film avait aussi remporté le prix du public lors de la Berlinale 2017.

Le jury présidé par l’auteur, metteur en scène et acteur Alexis Martin a par ailleurs décidé de remettre le Cercle d’or du meilleur documentaire au très poignant Des rêves sans étoiles de l’Iranien Mehrdad Oskouei. Tourné dans un centre de détention et de réhabilitation pour jeunes filles à Téhéran, le film met du relief sur le mur des impossibles qui se dressent devant elles. L’œuvre avait aussi reçu le Prix Amnesty international à la Berlinale de 2016.

LE DERNIER JOUR D’UN JOUR PREMIER
Le jeune cinéaste sherbrookois Louis-Charles Blais, 16 ans, est venu ravir on ne peut plus ravi le Cercle d’or du volet régional avec son court métrage Le dernier jour. Scénarisé par Alexandre Blais-Graveline, le film aborde la question de la mort annoncée et du deuil en mettant en vedette Sara Demers, Kelly Depeault et Pierre-François Bouchard, des comédiens recrutés pour l’occasion.

« On s’est vraiment lancé dans le projet, et c’est ce que je conseille à tout le monde qui a envie de faire du cinéma, peu importe l’âge », a lancé Blais en venant chercher son prix devant le public, visiblement surpris et énervé.

« J’ai commencé à m’intéresser au cinéma il y a deux ans en participant à un Kino. C’est un très bon lieu d’apprentissage. J’étais là d’abord comme comédien, mais j’ai vite pris goût à la caméra », explique l’élève de l’école du Phare, qui espère poursuivre ses études à Ahuntsic, puis à Concordia.