Manon Carrier, vice-présidente de la Grande Virée artistique, et Nancy Asselin, présidente, devant les totems réalisés par les artistes participants pour l'exposition collective au Centre culturel Pierre-Gobeil.

De bons auspices pour 16e Grande Virée artistique

Ce ne sont pas toujours les chiffres ronds qui font les éditions mémorables. Prenez la Grande Virée artistique de Sherbrooke, qui en est à sa seizième année. Pas que la quinzième fut désastreuse, loin de là. Mais pour 2017, on parle de 14 nouveaux artistes qui tentent l'aventure, soit un renouvellement de plus de la moitié des participants. Ajoutez la présidence d'honneur du ministre de la Culture et des Communications et député de Sherbrooke Luc Fortin.
« Il était très ouvert et très intéressé à se joindre à nous... mais j'avoue que je doutais qu'il dise oui quand nous lui avons demandé », confie la présidente Nancy Asselin, qui se pince encore d'avoir recruté un tel allié. Le ministre sera du vernissage d'aujourd'hui, qui lancera les activités dès 17 h 30 au Centre culturel Pierre-Gobeil.
Pour les non-initiés, la Grande Virée artistique de Sherbrooke est un circuit d'art qui permet à la population de la région (mais également d'ailleurs, l'événement ayant maintenant une réputation qui déborde l'Estrie) d'aller à la rencontre de 26 créateurs en arts visuels ou métiers d'art dans leur propre atelier. Chacun des participants est aussi représenté dans l'exposition collective, installée au Centre Pierre-Gobeil et accessible durant les dix jours de l'événement, jusqu'au 9 juillet.
« Les artistes qui n'ont pas assez d'espace pour accueillir le public chez eux ou qui vivent trop loin ont été regroupés dans d'autres lieux, explique la vice-présidente Manon Carrier. Par exemple, cinq sont installées à la Maison Bleue du Domaine Howard, deux au Parvis... »
Pour les deux créatrices, l'arrivée de 14 nouveaux artistes est une excellente nouvelle. « C'est beaucoup plus intéressant pour les visiteurs, qui découvrent ainsi d'autres griffes. Nous avons d'ailleurs changé les règles de notre concours cette année [le prix est une oeuvre d'un des artistes] : pour avoir un billet de participation, les gens devront avoir visité cinq ateliers différents. »
Quelles sont les retombées d'un tel événement pour peintres, sculpteurs et autres créateurs? « D'abord la chance d'exposer chez soi, sans avoir à déménager ses tableaux ni à payer de chambre d'hôtel. Cela crée aussi un point d'ancrage. Les gens qui visitent notre atelier ne sont peut-être pas prêts à acheter une oeuvre, mais ils sauront désormais où nous trouver le jour où ils voudront le faire », expliquent-elles.
Rouge et bleu
Les artistes qui ouvriront leur atelier pendant les dix jours sont identifiés en rouge et ceux qui ne le font que les week-ends, en bleu.
Quant à l'exposition collective, elle comporte, comme d'habitude, quelques oeuvres créées spécialement pour l'occasion, en l'occurrence des « totems » faisant référence au thème de cette année, Au pays des merveilles. « Nous trouvions que ce thème avait quelque chose de déjanté, alors nous avons fourni de gros cylindres de carton aux artistes qui voulaient participer. Le résultat a de quoi attirer le jeune public », notent les deux peintres.
Parallèlement, l'exposition dans les locaux de Raymond Chabot Grant Thornton, organisée par la Grande Virée et destinée à la relève, se poursuit jusqu'au 15 septembre. La gagnante du coup de coeur du public l'an dernier, Claudia Goulet-Blais, a d'ailleurs remporté une place dans l'exposition collective de cette année.