David Jalbert est considéré comme l’un des meilleurs pianistes canadiens.

David Jalbert : le piano en toute intimité

La 10e saison des concerts de la Chapelle de Saint-Camille débutera avec celui que l’on considère comme l’un des meilleurs pianistes canadiens. Pour ce récital, David Jalbert est particulièrement heureux de se retrouver dans une ambiance intime de salon, ce à quoi était originellement destinée la musique classique.

Le piano est arrivé très tôt dans sa vie, alors qu’il avait à peine 4 ans. « Mon père m’a demandé si je voulais suivre des cours de piano. Je ne suis même pas certain que je savais ce que c’était un piano… mais j’ai dit oui », raconte David Jalbert, le sourire dans la voix.

Puis la magie a opéré et il est tombé amoureux de l’instrument. À 9 ans, il entrait au Conservatoire de Rimouski et, vers la fin du secondaire, il a commencé à gagner des concours d’envergure et à faire sa place dans le domaine.

À ce jour, il a remporté le prestigieux Prix Virginia Parker du Conseil des arts du Canada et quatre Prix Opus, en plus d’avoir été nommé trois fois aux Prix Juno. Aujourd’hui professeur agrégé à l’Université d’Ottawa, David Jalbert détient deux Artist Diplomas : l’un de Julliard et l’autre de la Glenn Gould School (Toronto).

Mais pour évoluer dans l’univers de la musique classique, il faut savoir respecter l’intégrité des compositeurs, tout en ajoutant sa touche personnelle. « Il faut livrer ce qu’on perçoit de l’intention des compositeurs, mais avec notre propre voix. Un peu comme le chanteur possède sa propre voix, le pianiste possède son style. Il faut être honnête envers soi-même, mais aussi envers le compositeur », estime celui qui a obtenu sa maîtrise de l’Université de Montréal à 21 ans, accompagnée de la Médaille d’or du gouverneur général.

En concert, David Jalbert se dit chaleureux et vivant. À travers son jeu, il tente de transmettre le caractère de chacune des notes, car tout dans la musique classique est intentionnel, assure-t-il. Il incite du même coup les spectateurs à voir la complexité des œuvres, qui demeurent tout de même à la portée de tous. « Comme en trois dimensions, avec toutes les mélodies, les harmonies, les textures… »

Rêveur à court terme

Pour son deuxième passage aux concerts de la Chapelle, le pianiste offrira un récital couvrant pas moins de trois siècles de l’histoire de la musique classique avec des compositeurs tels que Bach, Schubert, Schumann, Chopin et Prokofiev.

Pour celui qui a joué accompagné d’orchestres dans des salles immenses, le caractère intimiste de ce récital est enchanteur. « Au départ, c’est pour ce genre de salle, de type salon, que la musique classique a été créée. Jouer dans de petites salles, c’est enrichissant et agréable, c’est l’occasion de communiquer avec le public », confie David Jalbert.

Lui reste-t-il des rêves, à ce pianiste acclamé? « Je ne suis pas du genre à voir à long terme. Je suis toujours en excitation constante de pouvoir jouer, apprendre et découvrir de nouvelles choses à me mettre sous les doigts. Je veux simplement continuer à faire ce que j’aime. »

Pour le moment, il avoue être emballé par une tournée en Afrique du Sud qu’il réalisera l’été prochain. Une toute nouvelle destination pour ce rêveur à court terme qui n’est pas du tout inquiet pour l’avenir de la musique classique. « Elle est éternelle et plus présente que jamais dans le monde. Toujours plus de jeunes continuent de l’apprendre, donc elle ne cessera jamais de se renouveler. »

Vous voulez y aller?

David Jalbert
Les concerts de la Chapelle

Samedi 21 avril, 20 h
Salon Jaune de Saint-Camille
Entrée : 33 $