Encore cette année, l'événement Ici Danse, présenté dimanche après-midi au Centre Jean-Besré, réunira une bonne partie des forces vives de la danse en Estrie, dont les interprètes et chorégraphes Élise Legrand, Catherine Archambault, Nancy Letendre, Marysole Gagnière, LilianeSaint-Arnaud et Anya Borissova. Absente : Annie Deslongchamps du quatuor Maraboots.

Danser ici, danser beaucoup

En matière de créativité, la danse se porte plutôt bien dans la région. Sinon, le Conseil de la culture de l'Estrie (CCE) n'aurait pas réussi, pour un seul événement, à réunir une douzaine d'interprètes et de chorégraphes ni à présenter des extraits de six nouvelles créations. C'est pourtant le programme de la deuxième édition d'Ici Danse : vue sur la création chorégraphie en Estrie, qui sera présentée dimanche.
«L'an dernier, nous attendions 30, 40 spectateurs, et nous en avons eu le double. Plusieurs d'entre eux ont été surpris. Ils ne pensaient pas qu'il y avait autant de danse ici!» rapporte la chorégraphe Catherine Archambault, également présidente de la Commission Danse du CCE.
«Il y a plusieurs objectifs à Ici Danse : améliorer la visibilité de la création régionale en danse, rassembler les créatrices [car ce sont surtout des femmes] et montrer tout leur dynamisme», ajoute Marianne Mondon, agente de développement au CCE.
Des solos et des solos
«Pour un public qui ne connaît pas la danse, c'est très diversifié. Les extraits ne durent pas plus de cinq ou six minutes», souligne Marysole Gagnière, qui présentera un tableau provenant d'un nouveau solo. Le titre de travail temporaire est Ce qui compte. «C'est une oeuvre que je prévois en quatre tableaux... et en 3D, car j'aimerais aussi y jouer de la musique et y intégrer un élément théâtral», ajoute celle qui est également actrice.
Élise Legrand, bien connue en Estrie pour ses créations in situ, et Anya Borissova, dont le plus récent spectacle Agrippina a été présenté en décembre à l'Université Bishop's, ont aussi choisi d'offrir des extraits de solos.
«Présenter une partie d'une oeuvre en création est comme une première balise, explique Élise Legrand. Si on n'a pas d'occasion de montrer son travail, on peut créer encore très longtemps. Avoir une première échéance est une motivation. Cela me permettra aussi d'avoir mes premiers commentaires.»
Anya Borissova offrira quant à elle un coup d'oeil sur Agrippina et... sur Agrippina 2. «C'est une oeuvre inspirée de ma grand-mère, dont le décès m'a beaucoup attristée. J'ai décidé de faire quelque chose de beau pour elle. J'ai trouvé que le premier spectacle n'était pas assez. Je prépare une deuxième partie pour décembre prochain.»
Habitées de passion
Ici Danse sera aussi l'occasion de découvrir un pan de L'envers de moi, la nouvelle création d'Axile, compagnie de Liliane Saint-Arnaud. Cette fois, la chorégraphe, qui a l'habitude de s'attarder sur des problématiques sociales comme la déficience intellectuelle et le vieillissement, a travaillé sur les troubles de l'alimentation.
«C'est un spectacle pour deux danseuses. Je présenterai un tableau dimanche. mais aussi trois lundi, au Pavillon des arts de Coaticook, devant des groupes d'adolescents, qui participeront à un atelier par la suite. La première est prévue pour novembre au Théâtre Léonard-Saint-Laurent», explique-t-elle.
Le public pourra finalement voir un extrait du spectacle /, que Catherine Archambault a présenté deux fois l'automne dernier, et qu'elle reprendra au Théâtre Granada en 2014-2015, après avoir reçu une bourse de diffusion en novembre.
En plus d'un quatuor de danse de bottes par les Maraboots d'Annie Deslongchamps, Nancy Letendre et Amélie Lemay-Choquette feront des interventions improvisées entre chaque extrait, afin de garder un caractère informel à l'événement.
Une contribution volontaire de 5 $ sera demandée aux spectateurs. «C'est vraiment juste pour couvrir nos dépenses, précise Liliane Saint-Arnaud. Chacune d'entre nous est ici bénévolement, avec la passion qui l'habite.»