Daniel Grenier a vécu une période trouble après la séparation des Chick'n Swell.

Daniel Grenier a vécu l'enfer post-Chick'n Swell

Il y a un peu plus de trois ans, le trio d'humoristes Les Chick'n Swell mettait fin à son association après 23 années à faire rire le Québec à grands coups d'absurdité. Cette mort « naturelle » était le signe d'un nouveau départ pour ses trois membres et Daniel Grenier a eu droit à un parcours particulièrement accidenté.
« Il a fallu que je réapprenne mon métier de A à Z. Ça faisait 23 ans que je faisais du l'humour en compagnie de deux autres personnes et je me retrouvais tout seul. Il a fallu que je me retrouve, que je comprenne de quelle façon je pouvais livrer mes blagues seul. Ça n'a pas été facile », raconte le Victoriavillois.
L'humoriste, maintenant âgé de 44 ans, a écrit un spectacle d'une quinzaine de minutes qu'il a offert dans plusieurs bars un peu partout à travers le Québec, avec un résultat pour le moins mitigé. Il a multiplié les échecs et vécu des moments personnels et financiers difficiles.
« Ça a été l'enfer. Je ne pouvais même pas placer une blague moins bonne entre deux blagues qui marchaient, je n'en avais pas assez qui fonctionnaient. J'avais à peu près une minute de bon matériel, se souvient-il. C'est vraiment dur moralement, une blague qui ne fonctionne pas. C'est comme si on présentait un enfant en espérant qu'il marche, mais qu'il s'effondre et disparaît. »
Grenier est venu bien près d'abandonner. Ce genre de moments où on se fait les dents dans le métier est normalement l'affaire de jeunes humoristes dans la vingtaine. Au début de la quarantaine, les responsabilités ne sont pas les mêmes et la situation est devenue difficile tant pour l'orgueil que pour le compte en banque.
Mais à force de persévérance, Daniel Grenier a amélioré son contenu et surtout sa livraison. Il a eu la chance de faire les premières parties de son ami Mike Ward qui, lui, jouissait de toute la publicité entourant l'affaire Jeremy Gabriel. Cette offre a complètement changé la donne.
« J'en dois une à mon ami Mike Ward. Il a contribué à me redonner confiance en mes moyens. Ça a beaucoup aidé qu'il croie en moi. Il a tellement été gentil de me laisser ses foules pendant 15 minutes chaque soir », dit-il.
Un projet de spectacle solo
Aujourd'hui, l'ex-Chick'n Swell n'a rien perdu de son humour absurde. Il a remplacé ses deux coéquipiers par des valises pleines d'accessoires qui l'aident à livrer ses sketchs très visuels. Il estime avoir environ 80 minutes de matériel satisfaisant et avoir retrouvé le plaisir de la scène.
« Je donne tout ce que j'ai, j'y mets tout mon coeur. Je veux faire voyager les gens, qu'ils retrouvent leur coeur d'enfant. C'est incroyable, ce sentiment que je vis lorsqu'une de mes blagues absurdes fait rire les gens! C'est comme un puissant orgasme! » confie-t-il.
Fort de nouveau matériel et d'une confiance renouvelée, le Victoriavillois prépare tranquillement un premier spectacle solo qui devrait être lancé en grande pompe à Montréal en automne 2018. « Je suis rendu là. Je sculpte une grande toile, j'ai beaucoup d'idées », conclut-il.