L'exposition « Intersection – Éponyme » permet d'apprécier le talent de 35 illustrateurs, tatoueurs et graffiteurs sherbrookois. Elle est présentée jusqu'au 9 mars au Centre communautaire et culturel Françoise-Dunn (adjacent à l'école secondaire Montcalm).

Croisée des chemins créative

Sur le communiqué de presse annonçant l’exposition, aucun nom. Un nombre, plutôt : trente-cinq artistes d’ici. Des Sherbrookois qui ont en commun de créer, chacun dans leur registre, des œuvres qui ne se retrouvent d’ordinaire pas sur les murs d’une galerie.

« Intersection – Éponyme, c’est une exposition de talents », résume Clément Drolet, directeur du Comité Arts et culture Jacques-Cartier, lequel chapeaute l’événement qui en est à sa deuxième édition et qui réunit les créations de différents illustrateurs, tatoueurs et graffiteurs d’ici. Les approches des uns et des autres sont aussi variées que les techniques qu’ils privilégient.

« En fait, l’exposition dans sa forme actuelle se répète pour la deuxième fois, mais elle a pris racine dans un événement artistique qui existe depuis quelques années », rappelle M. Drolet.

Il y a d’abord eu Artflip, exposition collective où le trait créatif des uns et des autres s’exprimait sur planches à roulettes. L’an passé, on a laissé aller l’inusité canevas roulant et on a demandé aux artistes d’investir la classique toile.

C’est cette formule qui revient cette année, sous la direction du commissaire Vincent Arnold. Sur les murs du Centre communautaire et culturel Françoise-Dunn, plus d’une quarantaine d’œuvres se voisinent et ont en commun de nicher dans le créneau, vaste, de l’art urbain. Un genre aux contours élastiques. « Ça peut devenir un terme un peu galvaudé, en effet. Ici, on parle d’art urbain, parce que, à la base, cette expo a été lancée par des graffiteurs. Sur le plan visuel, on retrouvait beaucoup de ce qu’on voit dans le street art : le graffiti, l’image un peu plus hardcore, le trait très illustratif. L’imagerie se rapproche de ce qu’on voit dans les grands festivals de graffitis, avec des scènes parfois très humoristiques, des trucs plus glauques, d’autres très graphiques. Certaines œuvres sont figuratives, d’autres carrément abstraites. Au final, c’est difficile de catégoriser cette exposition-là. »

Magnifique et hors normes

Mais c’est une expo comme on en voit peu parce que les créateurs qu’elle met en lumière s’expriment davantage dans l’ombre. Et en dehors des circuits artistiques conventionnels.

« On sort vraiment des codes habituels. Ça donne un résultat plutôt underground, une exposition à la fois magnifique et hors normes, parce que ce sont des créateurs qu’on n’a pas l’habitude de retrouver en galerie. Je pense aux tatoueurs, par exemple. Eux, ils n’exposent jamais, ils font des tatouages dans leurs locaux. Avec Intersection, ils s’expriment sur toile et vraiment, la qualité de leurs dessins est exceptionnelle. Ce sont de vrais artistes, mais ils n’ont pas emprunté la voie traditionnelle. »