Les danseurs de la compagnie Le fils d'Adrien Danse répètent devant public aujourd'hui et demain au Centre culturel de l'Université de Sherbrooke.

Créer à la vue de tous

La troupe Le fils d'Adrien danse et son chorégraphe Harold Rhéaume tentent cette semaine à Sherbrooke de démocratiser la danse contemporaine par des répétitions publiques. L'objectif de cette compagnie de Québec : faire mieux comprendre la mécanique de création et démystifier ce type de danse souvent sous-estimé.
Une dizaine de personnes ont assisté à la première répétition publique de lundi au Centre culturel de l'Université de Sherbrooke (il y en aura d'autres aujourd'hui et demain, à midi, au même endroit). C'est Harold Rhéaume lui-même qui a eu l'idée de ce projet.
« C'est un nouveau genre de médiation culturelle qui s'insère à même le travail qu'on est en train de faire. Donc je peux avancer, évoluer et le public en tire également profit », explique-t-il.
Anne-Sophie Laplante, responsable de la programmation de danse du Centre culturel, explique qu'avec le retour de la série Danse l'an dernier, le projet proposé par Harold Rhéaume était tout à fait dans les cordes.
« Harold est vraiment quelqu'un qui travaille très fort pour développer la danse. C'est la personne tout indiquée pour faire en sorte qu'on s'initie si on ne connait pas et approfondir si on connait », souligne-t-elle.
Depuis le début de l'année, la troupe parcourt le Québec afin d'offrir ses répétitions au public. Le chorégraphe est surpris, mais très heureux de la réception du public. « Je reçois souvent, comme commentaire des spectateurs, qu'ils ne pensaient pas qu'un travail de danse contemporaine pouvait être aussi long, complexe et qu'on essayait autant de choses. Ça lève vraiment le voile sur la façon de créer », ajoute-t-il.
« Texte blanc »
Intitulée Partition blanche, la pièce s'inspire d'un principe de théâtre nommé le « texte blanc ». Il s'agit d'un texte qui n'a pas de rôle particulier. « Ce sont de courtes phrases qui ne font pas nécessairement référence à un temps, à un genre ou à un sexe, donc n'importe qui peut faire ce texte et, tout à coup, un nouveau sens se révèle », explique Harold Rhéaume, qui a ainsi voulu transposer un système semblable à la danse.
Il a créé un duo de base, que les six danseurs ont appris. Chacun d'entre eux est en mesure de danser le rôle A et le rôle B. Durant la représentation, les danseurs peuvent changer de rôle, mais toujours en gardant la même chronologie de mouvements.
« Les interprètes ne dansent jamais avec les mêmes partenaires, car ils ne savent jamais d'avance qui va jouer quel rôle. Ça me permet des possibilités de combinaisons infinies », explique le chorégraphe.
L'artiste confie que c'est la première fois qu'il monte spectacle de cette façon et ce projet l'inspire beaucoup.
La première du spectacle Partition blanche se fera en février 2018 et la troupe s'arrêtera également à Sherbrooke.