Présentée sur le thème « On vous fait porter le chapeau », la remise des Prix en arts et culture en Estrie, qui s’est déroulée mardi soir à l’OMG Resto, a permis de couronner le travail, la création et l’initiative de Marie-Anne Catry (Prix Excellence Culture Estrie), Stéphanie Morissette (Prix du CALQ — Œuvre de l’année en Estrie), Lucienne Piché et Sarah Touchette du projet Gériart (Prix Développement culturel). Absents : Ariane Deslions, lauréate du Prix Relève, et Ian Fournier, fondateur et directeur de l’organisme Le vent dans les arts, instigateur de Gériart.

Coup de chapeau à quatre lauréats

La variété était encore au rendez-vous à la remise des Prix en arts et culture en Estrie. Pour cette huitième année, ce sont une musicienne, une artiste en arts visuels, une comédienne et son spectacle jeunesse de même qu’une initiative pour amener les arts dans les résidences de personnes âgées qui ont été saluées.

Et c’est Stéphanie Morissette, artiste en arts visuels, qui a mis la main sur la part du lion, soit le Prix du CALQ — Œuvre de l’année en Estrie, lequel est accompagné d’une bourse de 5000 $.

« Mais 5000 $, ça équivaut à mon salaire annuel », a lancé l’artiste, qui a donc remercié son conjoint, lequel lui permet de se consacrer entièrement à la création.

C’est son exposition-installation L’inquiète forêt, présentée deux fois à Sherbrooke (au Musée des beaux-arts et à la Maison des arts et de la culture de Brompton), qui a permis à l’artiste de charmer le jury. Articulée sur le principe des ombres chinoises, cette forêt de papier noir installée sur des murs blancs remet en question les rapports de l’humain avec la nature, l’exploitation des ressources naturelles et la gestion des déchets.

« C’est une installation qui m’a demandé deux ans de travail… mais elle voyage maintenant depuis deux ans. En plus de Sherbrooke, elle a été présentée trois fois à Montréal et aussi à Victoriaville. Elle part bientôt pour la Caroline du Sud, puis pour Strasbourg et reviendra au Centre culturel franco-manitobain de Winnipeg », mentionne la Thetfordoise d’origine, établie à Sherbrooke depuis trois ans.

Stéphanie Morissette était en nomination aux côtés d’Angèle Séguin du Théâtre des petites lanternes, pour sa pièce Comme un grand trou dans le ventre, et du tandem formé de Tanya Saint-Pierre et Philippe-Aubert Gauthier, pour leur œuvre en art numérique La production fantôme.

Rassembleuse de communauté

Une autre lauréate qui était émue, c’est Marie-Anne Catry, repartie avec le prix Excellence Culture Estrie, assorti d’une bourse de 500 $ et d’une capsule de la Fabrique culturelle. La polyvalente artiste a non seulement été applaudie pour ses nombreux talents (elle est auteure-compositrice-interprète, arrangeuse, réalisatrice, infographiste et directrice artistique), mais surtout pour la façon dont elle réussit à rassembler sa communauté de Stoke autour de ses projets, notamment la réalisation d’un album de Noël l’an dernier et d’un disque pour les 150 ans de la municipalité en 2014.

« C’est doublement difficile de faire sa place lorsqu’on est une artiste qui vient d’ailleurs [elle est originaire de la Belgique et est établie en Estrie depuis 20 ans]. Mais le fait que ce vote vienne de mes pairs, ça donne un sens particulier à ma vie ici au Québec », résume celle qui a aussi remercié son conjoint, le musicien Bertrand Gosselin, pour son soutien indéfectible, ainsi que tous ceux qui lui ont accordé sa confiance dans ses projets.

Avec le prix Développement culturel (500 $), le Conseil de la culture de l’Estrie a tenu à saluer l’organisme Le Vent dans les arts pour son projet Gériart, qui a permis de donner des ateliers d’initiation aux arts dans trois résidences pour aînés, à Richmond, Windsor et Sherbrooke. Une centaine d’aînés ont participé à ces activités dispensées par neuf artistes professionnels, de la danse à la musique, de la peinture aux arts du cirque.

« C’est un projet qui a redonné la possibilité de créer aux aînés vivant en résidence. Les artistes ont tous fait preuve d’une grande humanité et d’une approche attentive », a souligné Sarah Touchette, coordonnatrice du projet.

Finalement, le prix Relève (500 $) aurait dû se retrouver dans les mains d’Ariane Dion-Deslauriers, alias Ariane Deslions, pour son spectacle jeunesse Ma quincaillerie musicale, mais l’artiste était en Abitibi mardi soir, justement pour donner une représentation de sa création dans une communauté autochtone.

La lauréate avait toutefois envoyé un mot de remerciement, lu par Charles Fournier, responsable de la salle Le Tremplin, où le spectacle a été créé : « Il y a trois ans, j’ai quitté mon emploi de travailleuse sociale pour me consacrer entièrement à mes créations. Ce prix vient fortifier cette décision et m’offre tout l’encouragement nécessaire pour continuer d’avancer. Ça me donne une cargaison toute fraîche d’élan créatif. »

La cérémonie soulignait également les 40 ans du Conseil de la culture de l’Estrie.