Robert Lussier, président du c.a. de Côté scène, Raymond Fillion, président de la Table sectorielle des quatre Caisses Desjardins de Sherbrooke, Esther Bourgeois, représentante de la Famille François Bourgeois, et Lilie Bergeron, directrice générale de Côté scène, étaient réunis mardi pour annoncer la bonne nouvelle aux médias. Les jeunes Léo Carrier et Nelly Lapointe ont, chacun, remis une création aux deux partenaires majeurs de la campagne pour souligner leur importante contribution.

Côté scène dépasse son objectif

C’est fait! Côté scène a en main le montant qu’il devait amasser pour que le projet de salle intermédiaire destinée à la jeunesse puisse voir le jour. Mieux encore : l’objectif de 500 000 $ a été dépassé. C’est 550 000 $ que le consortium a dans sa malle, grâce à de généreux donateurs dont deux, majeurs, qui ont fait la différence.

Les Caisses Desjardins de Sherbrooke ainsi que la Famille François Bourgeois ont toutes deux versé une somme considérable pour que le lieu de diffusion devienne réalité.  

« C’est l’aboutissement d’un long travail de mobilisation. Enfin, le projet va pouvoir prendre forme au cours des prochains mois », exprime le président du c.a. de Côté Scène, Robert Lussier.

La bonne nouvelle survient trois jours après l’annonce, par trois promoteurs privés, de l’abandon de leur projet concernant Well inc. Si la salle intermédiaire ne faisait pas partie de celui-ci, elle s’enchâssait tout de même dans le paysage du quartier qu’on promettait de revitaliser.

« Cette annonce nous a déçus, oui, mais elle n’a pas d’impact direct sur notre projet de salle puisque celui-ci date de bien avant Well inc. La salle intermédiaire, on en a parlé pour la première fois dans le milieu culturel en 1985, c’est dire à quel point ça fait longtemps qu’on en rêve! Dans tout ça, ce qui me semble porteur pour la suite dans le secteur où on se trouve, c’est qu’on a vu des citoyens, des élus et des organismes s’entendre pour dire qu’il fallait revitaliser ce secteur du centre-ville. On a senti qu’il y avait une volonté de faire bouger les choses. Peut-être que l’électrochoc portera ses fruits et qu’un autre projet émergera », remarque la directrice générale de Côté scène, Lilie Bergeron.

Celle-ci précise que les quatre finalistes du concours d’architecture seront bientôt connus. Il est trop tôt pour dire si la construction de la bâtisse adjacente à l’actuel Centre des arts de la scène Jean-Besré débutera au printemps 2019, mais c’est encore l’horizon visé.

Pour les créateurs et pour les jeunes

Président de la Table sectorielle des quatre Caisses Desjardins de Sherbrooke, Raymond Fillion a remis un chèque de 200 000 $ en mentionnant que des privilèges accordés aux membres Desjardins seraient éventuellement annoncés. Des rabais à l’achat de billets, par exemple. Il a aussi insisté sur l’importance, pour l’institution qu’il représente, de soutenir des projets porteurs pour la culture et pour la jeunesse.  

Un élan qui porte aussi Esther Bourgeois. Avec sensibilité et aplomb, celle-ci a pris le micro au nom de toute sa famille, en nommant l’importance, pour ses sœurs et elle, de marcher dans les pas de leur père, François Bourgeois. Ancien propriétaire de Lactantia, celui-ci a soutenu financièrement différentes causes.  
« J’habite la région de Hatley, je côtoie les compagnies de théâtre sherbrookoises depuis plus de 20 ans, a souligné Mme Bourgeois. Au fil des ans, j’ai vu plusieurs artistes et compagnies travailler d’arrache-pied pour que cette salle intermédiaire existe enfin. Je les ai vus espérer, être déçus, mais toujours persévérer. Nous avons décidé de nous engager financièrement parce que nous savons à quel point il est difficile de recueillir les fonds nécessaires pour mener pareil grand projet. Nous savons aussi à quel point un lieu comme celui-là est essentiel. Pour les artistes autant que pour le jeune public. »

« Personnellement, poursuit-elle, je souhaite que tous les enfants de la région aient la chance d’être en contact avec ce qui se fait de meilleur en arts de la scène, dans une salle pensée pour la jeunesse. Parce que l’art nourrit l’âme humaine, il amène la part de rêverie, de beauté, d’imagination et de poésie dont nous avons tous besoin. Permettre aux enfants d’être en contact avec tout ça, c’est ouvrir une porte, c’est leur permettre de contribuer, à leur tour, à la beauté du monde. »

Le gouvernement provincial s’est engagé à verser quatre millions $ pour la construction du lieu de diffusion en théâtre et en danse destiné au jeune public, tandis que le fédéral contribuera avec un montant de 2,7 millions $. La Ville de Sherbrooke fournira 800 000 $ en plus de 140 000 $ pour le fonctionnement annuel de la salle de 300 sièges.

D’autres acteurs de la communauté ont contribué à la campagne de financement menée par Côté scène, dont Raymond Chabot Grant Thornton et Les Sœurs de St-Joseph de Saint-Hyacinthe.