La chanteuse Claire Pelletier est très fière de son plus récent spectacle, dans lequel elle a réussi à juxtaposer les chansons dépouillées de son plus récent album Soleil ardent aux pièces plus rythmées de ses précédents albums. Pour la première fois, elle a confié la mise en scène à un capitaine extérieur, en l'occurrence Michel Faubert.

Contrastée Claire

Truffé de sonorités vaporeuses et ouatées, de silences et d'a cappella, Soleil ardent, le septième album de Claire Pelletier (consacré en majeure partie au répertoire français de la Renaissance), s'annonçait difficile à transposer sur scène. Mais le véritable défi, explique la chanteuse, fut d'y greffer les chansons de ses précédents opus, qui ne voguaient pas tous sur les mêmes eaux calmes.
«J'aime créer des contrastes et je voulais que la Claire Pelletier plus vivante fasse aussi partie de ce spectacle. J'avais envie d'intégrer des chansons de mon précédent album [Six] et j'ai même rapporté des extraits de Murmures d'histoire [son premier disque, paru en 1996]. C'était tout un casse-tête et j'ai fait appel à Michel Faubert, qui est non seulement un excellent metteur en scène, mais aussi un grand connaisseur du répertoire traditionnel. Il m'a beaucoup aidée pour l'ordre des chansons et pour leur trouver un angle de présentation.»
C'était la première fois que Claire Pelletier confiait un de ses spectacles à un capitaine extérieur. «Je trouve aujourd'hui que c'est mon plus accompli musicalement. Nous avons atteint un bel équilibre. J'ai notamment découvert que ma voix allait très bien avec un violoncelle. Je m'offre donc quelques moments accompagnée seulement de cet instrument», rapporte celle qui a recruté la violoncelliste Mélanie Auclair, en plus de Jean-Sébastien Fournier au piano. Son conjoint et réalisateur Pierre Duchesne complète le quatuor à la guitare.
Même les chansons a cappella de Soleil ardent ont réussi à trouver leur place. «En fait, c'est la meilleure façon pour aller chercher l'attention des gens. Ça les rend captifs. Il y a un cocon qui se crée. On entendrait une mouche voler. J'adore ça!»
Chouchou des choeurs
Tout au long de la tournée Soleil ardent, Claire Pelletier recrute aussi des chorales amateurs, qui se joignent à elle le temps de deux ou trois chansons. Ce sera le cas à Drummondville le 8 février, alors que les membres du choeur Au fil du temps monteront sur scène pour chanter Tarentelle et Que les oiseaux reviennent (notamment la finale en innu).
«J'ai eu cette idée en découvrant que plusieurs de mes chansons avaient déjà été adaptées pour des choeurs, et pas seulement celles de mon album de Noël. Récemment, lors d'un rassemblement de chorales de toutes les régions du Québec, le Bas-Saint-Laurent [sa région d'origine] avait choisi Le vaisseau fantôme
En fait, les chansons de Claire Pelletier ont fait le tour du monde depuis des années déjà. Il suffit d'aller sur YouTube pour trouver des karaokés de ses succès, en français et... en chinois! Les Espagnols aussi sont friands de ses chansons historiques, qu'ils interprètent en français.
«Le responsable d'un congrès international d'astronomie qui se tenait aux Canaries a communiqué avec moi pour me demander s'ils pouvaient faire jouer Galileo en ouverture. Je lui ai répondu : «Je peux même aller vous la chanter sur place!» raconte-t-elle. Mais il n'avait pas le budget...»
Qu'importe : en mai prochain, Claire s'envolera pour Montmélian, près de Grenoble, pour aller chanter avec Les voix timbrées, un choeur de 200 voix.
En attendant un gérant...
Même si sa carrière se porte bien et qu'elle en tient les rênes depuis maintenant neuf ans (plusieurs pertes financières avec de précédents producteurs l'avaient échaudée), Claire Pelletier avoue que s'autoproduire reste un exercice exigeant.
«Je me suis sentie très isolée après la faillite d'Octant. Je n'ai plus de gérant depuis 2005 et j'avoue que c'est un peu essoufflant. Le côté affaires me pèse. C'est vraiment moins lourd lorsqu'on peut avoir quelqu'un qui va au-devant des choses pour soi. Mais la flamme est toujours là! J'ai encore de beaux projets en tête. J'aimerais d'ailleurs écrire. Je l'ai déjà fait, mais les textes sont restés dans le tiroir. J'ai de bonnes idées, et plusieurs de mes chansons ont été écrites à partir d'elles, mais mon problème, c'est la chute. Je n'arrive pas à terminer.»
Ouïe-dire, le studio que Pierre Duchesne et elle ont installé dans leur maison de Shefford, est désormais équipé pour toutes les étapes de réalisation d'un disque, de l'enregistrement jusqu'au matriçage. «Il est désormais possible de faire un disque complet chez nous. Plusieurs artistes de Sherbrooke sont d'ailleurs venus ces dernières années.»
La chanteuse s'est aussi lancée dans l'immobilier et est maintenant propriétaire, avec deux autres partenaires, d'immeubles d'habitations à Sherbrooke. «C'est une belle aventure et cela me permet de faire autre chose.»
Soleil ardent
Vendredi, 20 h 30
Vieux Clocher de Magog
Entrée : 35 $
Samedi 8 février, 20 h
Maison des arts Desjardins de Drummondville
Entrée : 35 $