Le duo composé d’Alexandre Dufresne et de Chantal Bergeron lance un premier album, Grands Jardins, proposant un univers musical tendre, poétique, fantaisiste, mais surtout coloré.
Le duo composé d’Alexandre Dufresne et de Chantal Bergeron lance un premier album, Grands Jardins, proposant un univers musical tendre, poétique, fantaisiste, mais surtout coloré.

Complicité et musique pour Grands Jardins

Elle a une formation en violon classique. Lui s’adonne à la lutherie, à la gravure et à l’animation image par image. Ensemble, ils ont créé l’album éponyme Grands Jardins ou « l’occasion d’être plus que ça ». Les multi-instrumentistes Alexandre Dufresne et Chantal Bergeron voient ce projet de musique indie-folk comme l’aboutissement de l’expérience qu’ils ont acquise tous les deux dans leur carrière musicale respective.

Originaire de Sherbrooke, Chantal Bergeron gagne sa vie en accompagnant des artistes sur scène, en enregistrant en studio et en enseignant le violon. Cependant, pour rester fidèle à sa personne, elle s’est toujours alimentée de projets en parallèle qui la faisaient « sortir du cadre un peu rigide de la musique classique ».

« Le duo Grands Jardins, c’est pour moi l’occasion d’être plus qu’une violoniste. Alexandre et moi avons tout fait de A à Z avec l’aide précieuse de notre ami Rémi Giguère, qui a joué le rôle de mixeur, de coréalisateur et parfois aussi de psychologue, s’amuse-t-elle à dire. Nous avons quelques musiciens invités, mais 80 pour cent de l’album est joué par nous deux. » Celle dont on entend la voix pour la première fois empoigne aussi, outre son violon, l’alto et la mandoline, en plus de se placer parfois derrière le piano. Son collègue s’occupe de la guitare, du banjo, aussi du piano et de la... scie musicale!

« Alexandre est un artisan dans l’âme. C’est même lui qui a fabriqué la steel guitar que l’on peut entendre sur l’album. C’est un peu comme un homme de la Renaissance : il sait tout faire », rigole Chantal.

L’impact de la nature

C’est lors d’une rencontre au parc national des Grands-Jardins que les deux amis ont donné naissance au projet qui en porte maintenant le nom.

« L’origine du nom vient d’un voyage que l’on a fait ensemble à Charlevoix. On sortait tous les deux d’une passe un peu poche et on avait besoin de se ressourcer. Même si on vit tous les deux en ville aujourd’hui, notre lien à la nature est très fort. »

L’album composé de dix chansons évoque en effet cette relation que les deux auteurs-compositeurs-interprètes entretiennent avec le paysage québécois. La faune, Le renard et La flore, par exemple, sont trois titres de l’album au son « organique, un peu americana, qui s’éloigne complètement de la tendance électro actuelle », décrit Chantal Bergeron.

Le premier extrait de l’album, Les eaux de Mars, est en ligne depuis janvier. Selon la musicienne, il définit bien la vision artistique des deux amis de longue date, qui se décrivent comme des personnes aimant avoir du plaisir et réfléchir aux différents fondements philosophiques de la vie.

« La chanson raconte l’histoire d’un robot qui voyage autour de la planète Mars pour trouver de l’eau. Ça peut surprendre maintenant, mais au départ, cette idée d’Alexandre s’inscrivait dans un esprit comique. Finalement, avec l’ajout de la musique, on lui a vraiment donné une deuxième dimension », raconte-t-elle.

« L’histoire du robot Curiosity, c’est aussi une réflexion sur notre mode de vie. Il y a une critique à faire sur la façon dont on exploite les richesses des autres pour toujours faire bénéficier les mêmes personnes. C’est parti d’une blague, c’est très fantaisiste, mais finalement, ça a beaucoup de profondeur et on laisse l’interprétation aux autres. »

<em>GRANDS JARDINS, </em>GRANDS JARDINS, FOLK FRANCO, Productions Grands Jardins

La fierté d’aller au bout

Alexandre et Chantal auraient pu présenter des maquettes à des compagnies de disques et respecter les conventions habituelles. Toutefois, ils ont préféré rester « indépendants d’esprit ».

« Je savais qu’on était capables de faire quelque chose de beau. Nous enlever la réalisation, ça aurait été de nous amputer d’un bras. On l’a fait de façon totalement indépendante. Ç’a été beaucoup de travail, mais on préférait être libres plutôt que faire des compromis », ajoute la musicienne.

C’est à Sherbrooke, dans la maison familiale où a grandi Chantal, que les deux complices ont fait une grande partie de l’enregistrement de l’album, qui s’est étalé sur environ deux ans.

« On faisait des retraites de création de trois, quatre jours dans une petite chambre toute en bois chez mes parents. On trouvait que ça sonnait bien. Là-bas, on pouvait travailler toute la journée et mes parents nous préparaient même à manger. On était gâtés pourris! » raconte la mère de trois enfants qui ne trouve pas toujours évident de concilier la création et la famille.

C’est également une amie d’enfance de la région, Anne Vaugeois, qui s’est occupée du graphisme de l’album physique.

« Il y a un bel ADN sherbrookois dans cet album et le résultat final est magnifique », affirme Chantal Bergeron.

« C’est déjà beau »

Le lancement de l’album Grands Jardins devait initialement avoir lieu le 31 mars à Montréal, soit quelques jours après l’annonce fatidique du confinement obligatoire en raison de la crise de la COVID-19. Les deux complices ont d’abord voulu tout reporter à l’automne pour finalement prendre la décision d’aller de l’avant. « À partir du vendredi 29 mai, l’album sera sur toutes les plateformes musicales numériques. »

La moitié féminine du duo précise également que des disques seront en vente sur la page Bandcamp de Grands Jardins et que l’album sera disponible sur Ici Musique en écoute intégrale du 29 mai au 5 juin 2020.

En lui demandant ce que l’on peut souhaiter à Grands Jardins pour la suite, Chantal répond : « C’est déjà beau, tout ce qu’on a! », passage d’une des chansons de l’album qu’elle affectionne particulièrement et qui représente bien sa façon de voir la vie en général.

« Autrement, ma collaboration avec Alexandre est exceptionnelle et caractérisée par une complémentarité unique. Je nous souhaite que ça continue en création et en spectacles, et surtout que les gens soient touchés par l’album et qu’ils aient envie d’embarquer avec nous. »