La pandémie prive le Sherbrookois Vincent Leclair, alias Clément, de faire un lancement d’album en bonne et due forme et de monter sur scène, mais le jeune homme de 19 ans lancera quand même ses nouvelles chansons le 21 novembre sur les principales plate-formes musicales.
La pandémie prive le Sherbrookois Vincent Leclair, alias Clément, de faire un lancement d’album en bonne et due forme et de monter sur scène, mais le jeune homme de 19 ans lancera quand même ses nouvelles chansons le 21 novembre sur les principales plate-formes musicales.

Clément : un premier album à 19 ans

Steve Bergeron
Steve Bergeron
La Tribune
SHERBROOKE — Pendant une dizaine d’années, Vincent Leclair a été un habitué du Concours de musique du Canada et du Festival-concours de musique de Sherbrooke. Le jeune pianiste, qui a commencé à étudier son instrument dès l’âge de 5 ans, composait en parallèle, mais c’était l’apprentissage du répertoire classique qui occupait l’essentiel de son temps.

Ce sont désormais ses propres chansons qui monopolisent l’esprit du musicien de 19 ans. Mozart et Beethoven ont fait place à la soul, au hip-hop et au rhythm and blues. Et Vincent ne fait pas qu’écrire ses textes : il les chante lui-même. Le 21 novembre, il envoie d’ailleurs sur les plateformes musicales un premier album de sept chansons intitulé Rubato, sous le nom d’artiste Clément.

« Pour moi, le classique correspond à mon initiation intensive à la musique et à l’apprentissage technique du piano », résume celui qui avait entamé un double DEC en sciences humaines et musique avant de laisser tomber le premier volet pour se consacrer entièrement à son art. Il a aussi bifurqué vers le piano jazz en deuxième année.

Clément raconte que le tournant vers la composition s’est produit vers 2015, lorsqu’il s’est retrouvé avec un iPad et l’application Garage Band. « En fait, je me souviens qu’auparavant, j’avais commencé à écrire un concerto après avoir vu le film Amadeus. Je devais avoir 9 ou 10 ans. Mais j’écoute aussi beaucoup de musique hip-hop et R & B depuis que je suis tout petit. Sur Garage Band, j’ai fait mes premiers instrumentaux, puis en 2017, j’ai écrit ma première chanson. »

Vivre intensément

Vincent Leclair a réalisé une grande partie de Rubato lui-même, majoritairement dans un studio aménagé dans la maison de sa mère. « J’ai joué plusieurs instruments moi-même, mais j’ai aussi fait appel à d’autres musiciens, dont le contrebassiste Jean-François Martel [également professeur au Cégep de Sherbrooke] sur Nobody. Mon chum Zacharie Grenier s’est occupé de la basse sur le reste des chansons. J’ai confié le mixage et le matriçage à mon amie Annie Huylenbroeck, une diplômée en composition de l’Université de Sherbrooke. »

Il faut dire que Clément fait partie d’un collectif musical baptisé TLR, pour The Living Room, ce qui lui permet d’avoir une poignée de collaborateurs à portée de main — tous ont un pseudo : AV, Dorian, Flo Xx, Mordekaj et Tendresse —, notamment pour coréaliser certaines pièces ou pour les interpréter avec lui.

Quant aux textes, Clément se perçoit comme un raconteur, ses histoires se teintant de sa façon de vivre les choses, c’est-à-dire très intensément.

« La musique est mon moyen pour exprimer ça. Par exemple, la chanson Everything est celle de quelqu’un qui jette un regard sur une relation passée. Il en fait un peu le deuil, sauf qu’il passe par différentes perspectives : la tristesse, le désir de ravoir la personne, la coupure, l’espoir, avant de retomber. Il passe par des hauts et des bas et revient au point de départ. Il y a aussi Empty Pools, qui est une histoire d’amour un peu adolescent, à la fois très pur et beau mais aussi très immature. »

Bien que si la plupart des titres soient en anglais, Clément passe régulièrement d’une langue à l’autre dans la même chanson. « Ça s’est fait par extrêmes, explique-t-il. Comme j’écoute surtout de la musique en anglais, mes premières compositions étaient dans cette langue. En 2019, alors que j’étais encore sous mon précédent nom d’artiste TheTherapy, j’ai créé une chanson intitulée Superbe. Puis j’ai écrit un album entier (jamais enregistré) en français. Après, je suis devenu comme celui qui apportait le franglais au sein du collectif. »

Malheureusement, la pandémie prive le Sherbrookois de faire un lancement d’album en bonne et due forme et de monter sur scène. « J’ai vraiment hâte que cela revienne à la normale », confie celui qui compte poursuivre ses études à l’Université de Montréal en 2021.

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