Les oeuvres abstraites de Madeleine Audette seront à l'honneur à la Maison des arts et de la culture de Brompton, jusqu'au 14 mai. Le vernissage aura lieu le dimanche 2 avril à 14 h.

Cinquante ans de créations colorées

Rares sont les peintres qui peuvent se vanter d'avoir 50 ans de création derrière eux. Pour durer ainsi, il faut miser sur un alliage de créativité et d'assiduité, deux qualités qui collent parfaitement à la carrière de la Magogoise Madeleine Audette.
Malgré ses nombreuses années de création, l'artiste n'a commencé à peindre et dessiner que vers l'âge de 40 ans. Un calcul rapide vous permettra d'obtenir une approximation de l'âge vénérable de cette artiste, relativement peu connue mais productive et avant-gardiste.
Ayant vécu la majeure partie de sa vie dans le secteur de Magog et d'Orford, Madeleine Audette a découvert les arts visuels lors d'un voyage en France avec une amie alors qu'elle était déjà mère de famille. Un coup de foudre, un vrai!
« Je suis entrée pour la première fois dans des musées à Paris pendant ce voyage, raconte-t-elle. Je me souviens que je m'étais assise pour regarder des oeuvres et que je n'étais plus capable de me lever après. Je n'en revenais pas de voir toutes ces oeuvres figuratives et abstraites devant moi. »
Une fois revenue au Québec, elle décide de faire un retour sur les bancs d'école pour apprendre à manier le crayon, le pinceau et les autres outils des arts visuels. Elle fréquentera d'abord un établissement secondaire de Magog, puis s'inscrira ensuite à l'école du Musée des beaux-arts de Montréal, où elle décrochera une série de bourses d'études.
« Depuis ce temps, j'ai continuellement créé. C'est une maladie, mais au fond, c'est probablement ça qui m'a gardée en vie. Je serais morte sans ça », dit-elle, tout en soulignant avoir eu une santé fragile à une certaine époque.
Toucher à tout
Au fil des ans, Madeleine Audette a touché à de multiples techniques : peinture, encre, photo, vitrail et dessin, notamment. « Quelqu'un m'a dit un jour de me brancher en voyant que je touchais à tout. Mais moi je ne voulais pas me limiter. J'aimais trop essayer constamment de nouvelles choses », note-t-elle en riant.
Une maison à l'architecture tout à fait hors du commun, construite à Orford, figure sans doute parmi ses plus grandes réussites. Cette maison comprenait une tour de trois étages dans laquelle on retrouvait un atelier, un espace d'exposition ainsi que la chambre principale. Elle a longtemps habité à l'intérieur de cette résidence originale en compagnie d'un ancien compagnon de vie, Bruno Lavigne.
Sur la toile et le papier, la nonagénaire a surtout commis des oeuvres abstraites, dont plusieurs grands formats très colorés.
« L'abstrait en création m'a toujours fascinée. Souvent, quand je peignais de l'abstrait, je plaçais mes toiles sur le sol et je lançais carrément ma peinture dessus. Une couleur en attirait une autre et c'était la même chose avec les formes », raconte-t-elle, en mimant les gestes.
Une rétrospective
Cinquante années de production éclatée et colorée. Voilà peut-être comment résumer le contenu de l'exposition Abstraction, une rétrospective consacrée au travail de Madeleine Audette montée par la Maison des arts et de la culture de Brompton.
Madeleine Audette n'a pas exposé depuis un moment. Toutefois elle n'a pas pu résister à l'offre que lui a faite la MACB, où le public pourra admirer une trentaine d'oeuvres de son cru.
« Je suis contente de cette exposition, mais je ne me suis occupée de rien. Ma fille Hélène et la Maison des arts sont responsables de tout. Je pense que je vais aimer ça. J'ai hâte. »
La trentaine d'oeuvres présentées a été choisie parmi les quelque 500 dont l'artiste et sa famille sont toujours propriétaires.