Cinq cinéastes qui tournent court

Encore cette année, cinq cinéastes de la région concourront pour le Prix Cercle d’or Meilleur court métrage de l’Estrie. Cinq regards, cinq visions, cinq univers que le public est invité à découvrir lundi soir à la Maison du cinéma et, par le fait même, à encourager sur la route pas toujours facile de la création. En prélude, l’auditoire pourra également voir « Date limite », de Josiane Blanc, court métrage lauréat du Prix de la diversité remis par le FCMS pour la Course des régions, ainsi qu’« In the Dark », de Cecilia Alain, du BUFF CHALLENGE (Bishop’s University Film Festival).
Claude-Andrée Rocheleau

CLAUDE-ANDRÉE ROCHELEAU

Q. Je fais du cinéma parce que...

R. C’est un média qui offre une liberté presque totale à mon imaginaire débordant! Il me permet de figer des tableaux artistiques, des messages qui peuvent être partagés à plus grande échelle. C’est important pour moi de partager la lumière dans mes films, mais aussi de permettre l’éveil à certains sujets qui peuvent nourrir le spectateur. Cette personne repartira avec ces images marquées en elle.

Q. Le film que je présente, c’est...

R. ÊTRE, un court métrage sans paroles, où je cherche à éloigner l’esprit d’analyse et de compréhension de l’auditeur afin de l’amener à vivre l’expérience de façon plus sensorielle. Le film parle du voyage intérieur que chacun parcourt à sa façon et à son rythme. C’est un long chemin vers soi, vers le vrai et l’authentique. Les tableaux s’expriment par le mouvement, les paysages, les décors et la musique. 

Q. Mon plus récent coup de cœur cinéma, c’est...

R. Il n’est pas récent, mais c’est un immense coup de cœur! C’est le documentaire Baraka de Ron Fricke, une forte source d’inspiration! Une progression d’images et de pièces sonores tout en fluidité et qui transmet en douceur une panoplie d’émotions, sans paroles. C’est pour moi un grand chef-d’œuvre. J’admire énormément le travail de Ron Fricke. 

Julien Grégoire-Péloquin

JULIEN GRÉGOIRE-PÉLOQUIN

Q. Je fais du cinéma parce que...

R. Sinon, j’ai mal au ventre.

Q. Le film que je présente, c’est...

R. Ponderosa, une journée dans la vie d’une jeune femme. Nous sommes témoin de ses habitudes quotidienne : son matin, son travail et la façon dont elle finit ses jours.

Q. Mon plus récent coup de cœur cinéma, c’est...

R. Valente Quintero de Mario Hernández et Antonio Aguilar. J’ai tellement aimé ce film, pour différentes raisons, que mon prochain court métrage va le continuer et enfin mettre fin à l’histoire de l’honorable Valente Quintero. Le projet va s’intituler Valente Quintero 2

Nadia Fortin

NADIA FORTIN

Q. Je fais du cinéma parce que...

R. Je veux m’exprimer sur ce que qui m’entoure et mettre à l’écran l’histoire de personnes qui sont en quête. En quête de sens, d’amour, de guérison, d’identité, de communication. Je veux donner une voix à ceux qui n’en ont pas ou peu pour partager leur réalité. 

Q. Le film que je présente, c’est...

R. Rouge D 4 Femme, un documentaire sur Josée Delorme, 46 ans, qui est atteinte d’une paralysie cérébrale. Pour communiquer, elle pointe avec ses yeux, sur un tableau, une couleur, suivie d’une lettre puis d’un chiffre pour chaque mot qu’elle désire exprimer. C’est un film qui permet d’aller à la rencontre de la femme derrière son handicap. 

Q. Mon plus récent coup de cœur cinéma, c’est...

R. Difficile à dire. Dans les éditions passées du Festival Cinéma du monde, j’ai été touchée par Moi, Nojoom, 10 ans, divorcée de Khadija Al-Salami et La belle et la meute de Kaouther Ben Hania, car ce sont des films mettant de l’avant des réalités humaines qui sont peu entendues. Ces films sont des porte-voix pour ces femmes, comme c’est le cas pour le film d’ouverture de cette année, Les invisibles de Louis-Julien Petit.

Marius Mongeau

MARIUS MONGEAU

Q. Je fais du cinéma parce que...

R. Tout comme de l’oxygène et de l’eau, j’en ai besoin pour vivre, tout simplement. Le cinéma se dit le 7e art; pour moi, c’est ma passion numéro un. 

Q. Le film que je présente, c’est...

R. Nostalgia, un projet singulier avec lequel j’ai voulu démontrer comment un simple objet nous remémorant le passé peut nous faire plonger dans un doux et profond sentiment.

Q. Mon plus récent coup de cœur cinéma, c’est...

R. Les trois plus récents films du réalisateur d’origine grecque, Yorgos Lanthimos : The Lobster, The Killing of a Sacred Deer et The Favourite. J’ajouterais aussi le film Roma, d’Alfonso Cuarón, ainsi qu’A Star Is Born, de Bradley Cooper, pour les films de 2018.


Axel Royer-Gagné

AXEL ROYER-GAGNÉ

Q. Je fais du cinéma parce que...

R. En plus d’être une façon d’exprimer ma vision nuancée de la réalité, faire des films me fait grandir, découvrir des personnes, des histoires ou des réalités différentes. Mais il faut avoir quelque chose de fort à dire qui vient du dedans. C’est le projet d’une vie. À cause de certaines expériences fortes (j’ai vécu un naufrage dans l’Atlantique Nord en voilier), je me suis découvert un intérêt et une sensibilité pour l’autre. Le cinéma documentaire m’apporte maintenant beaucoup.

Q. Le film que je présente, c’est...

R. What Is Important, un court métrage documentaire bilingue. À travers les questionnements apparaît le portrait d’une enfance qui disparaît parfois trop vite. Je donnais une activité de cinéma dans le cadre du camp d’été de l’école primaire Vision à Sherbrooke. Le film est né d’une activité pour apprendre à se connaitre. Les enfants participant au film ont pu contribuer au processus de création. On retrouve des personnalités uniques qui se distinguent toutes à leur propre façon et qui ont toutes quelque chose de beau.

Mon plus récent coup de cœur cinéma, c’est...

R. Une colonie de Geneviève Dulude-Decelles, qui vient d’être choisi comme meilleur film canadien. C’est un film vrai et touchant. Il est inspiré de ce que Geneviève vivait quand elle était plus jeune à l’école. Le jeu est superbe, la réalisation est fine et délicate. Le scénario est peaufiné et très bien réfléchi. En plus, c’est un film utile. Il est réconfortant pour ceux ayant vécu une situation similaire.

Vous voulez y aller

Soirée estrienne
Lundi 8 avril, 18h30
Maison du cinéma
Entrée : 12,50$