Le meilleur reste à venir met en scène deux amis d'enfance qui se retrouvent lorsque l'un d'eux souffre d'un cancer incurable.
Le meilleur reste à venir met en scène deux amis d'enfance qui se retrouvent lorsque l'un d'eux souffre d'un cancer incurable.

«Le meilleur reste à venir »: J’te mentirais **

Éric Moreault
Éric Moreault
Le Soleil
CRITIQUE / «Le meilleur reste à venir» indique le titre de la comédie dramatique de Mathieu Delaporte et Alexandre de la Patellière, les auteurs du «Prénom». C’est exactement ce qui nous passe par la tête en visionnant le film qui met en vedette Fabrice Luchini et Patrick Bruel. C’est juste que le meilleur, on l’aurait pris tout de suite…

Le moment se révèle malvenu pour que Le meilleur reste à venir prenne l’affiche, compte tenu des accusations de harcèlement sexuel à l’encontre du chanteur-acteur. D’autant que Bruel joue un homme à femmes, obsédé sur les bords ! Remarquez, ceux que sa présence rend mal à l’aise ne perdent rien au change.

Arthur (Luchini) et César (Bruel) se connaissent depuis le pensionnat. Les quinquagénaires ont entretenu une amitié improbable malgré qu’ils soient totalement à l’opposé. Le premier, divorcé et père d’une fille de 16 ans, consacre sa vie, réglée comme une montre suisse, à la recherche. Le second, célibataire noceur toujours sur la paille, a échoué en tout. Les contraires archétypaux s’attirent...

Un soir, César déboule, blessé, chez son ami médecin. Il emprunte sa carte d’assurance (et donc, son identité) à l’hôpital. Arthur reçoit un coup de fil le lendemain : les radiographies révèlent un cancer des poumons incurable. Il doit l’apprendre à son camarade, mais cafouille. Si bien que César croit que c’est Arthur qui va mourir d’ici six mois ! Et l’autre sera incapable de se dédire...

Il faut beaucoup de crédulité et la foi du charbonnier pour adhérer à cette prémisse… Ce malentendu génère, évidemment, son lot de quiproquos comme le préconise le théâtre de boulevard. Le reste est à l’avenant.

Car les deux hommes vont saisir l’occasion pour profiter de chaque jour comme s’il était le dernier. Un fantasme répandu chez plusieurs d’entre nous (le cancer en moins).

Cette histoire de bromance, vue mille fois, s’avère, par le fait même, extrêmement prévisible. La paire s’est perdue de vue, va se rapprocher, se prendre la tête en raison du passé, se pardonner et se raccommoder.

Les personnages secondaires ont l’épaisseur du papier et servent de faire-valoir au duo. Malgré leurs efforts, l’ensemble manque cruellement de magie. D’autant que les apprentis réalisateurs et scénaristes filment platement leur récit, sans aucune imagination.

Alors? Reste toujours Fabrice Luchini, qui s’est beaucoup assagi depuis quelques années et s’évertue à jour autre chose que lui-même — bien qu’il demeure inimitable. L’acteur a cette capacité d’incarner son personnage comme s’il improvisait constamment. Autrement dit, d’être d’un naturel confondant. Avec, en prime, une mélancolie qu’on lui connaissait moins.

Par effet de ricochet, Patrick Bruel a l’air d’en faire une tonne — quelle ironie, quand on sait la propension de Luchini à beurrer épais !

Le dernier acte, au ton plus dramatique et humain, sauve un peu l’ensemble, mais il aura fallu en supporter beaucoup pour en arriver là.

J’ai peu ri, parfois souri. Pour une comédie...

Au générique

Cote : **

Titre : Le meilleur reste à venir

Genre : Comédie dramatique

Réalisateurs : Mathieu Delaporte, Alexandre de la Patellière

Acteurs : Fabrice Luchini, Patrick Bruel

Classement : Général

Durée : 1h57

On aime : Luchini, comme d’habitude. La présence des Cure et de Pink Floyd dans la trame sonore.

On n’aime pas : la réalisation banale. Les dialogues pauvres. Le caractère convenu du récit.