Rick Dalton (Leonardo DiCaprio) joue un acteur sur le déclin spécialisé dans les rôles de méchant.

Le film de la semaine: Il était une fois à Hollywood *** 1/2

CRITIQUE / «Il était une fois à Hollywood» («Once Upon a Time in Hollywood») était le film le plus attendu du 72e Festival de Cannes, où il était présenté en compétition. Quentin Tarantino revenait sur la Croisette 25 ans après la présentation de Pulp Fiction, qui a décroché la Palme d’or. Mais aussi parce que ce (trop) long métrage, véritable déclaration d’amour au cinéma et ode à l’amitié, met en vedette Leonardo DiCaprio, Brad Pitt et, dans une moindre mesure, Margot Robbie.

Même s’il s’agit d’un Tarantino à l’état pur, ce neuvième essai est le moins flamboyant des longs métrages du réalisateur américain. Son plus tendre aussi, en faisant revivre une époque où le cinéma était roi (et où la télévision commençait à le déclasser dans la culture populaire).

Reste que son ambitieuse comédie noire, magnifiquement filmée, manque un peu d’air. Donnons-lui au moins le crédit d’avoir mis en image la fin d’une époque, marquée par les cauchemardesques massacres de la bande à Charles Manson.

Le récit nous ramène donc en 1969, à Hollywood, où Rick Dalton (DiCaprio), un acteur sur le déclin spécialisé dans les rôles de méchant, et Cliff Booth (Pitt), sa doublure cascadeur et «nounou», tentent de remettre leur carrière sur les rails. Dalton a pour voisine l’actrice Sharon Tate (Robbie) et le réalisateur Roman Polanski. 

Le contexte demeure un beau prétexte pour que Tarantino s’amuse, de façon autoréférentielle, à tourner des extraits de faux longs métrages : western-spaghetti, drame de guerre, film policier, The Wrecking Crew avec Dean Martin et Sharon Tate, voire les séries télévisées où est maintenant confiné Dalton. La reconstitution est impeccable.

D’ailleurs, sur le plan esthétique, le réalisateur s’est amusé comme un petit fou, utilisant son arsenal habituel de mouvements de caméra savamment étudiés, sa voix hors champ, des images saturées de soleil (il a tourné avec de la pellicule), une trame sonore d’enfer, des retours en arrière en forme de vignette... Dont celui avec Bruce Lee, un véritable moment d’anthologie. D’autres acteurs de l’époque font aussi de courtes apparitions.

Beaucoup de plaisir, donc, même si la mise en place est longue — certains risquent de décrocher — et que les dialogues ne cassent rien. Il était une fois à Hollywood est beaucoup moins violent que les Tarantino habituels, sauf dans les derniers moments, dont une scène hystérique de film d’horreur absolument tordante (enfin, ça dépend pour qui, mais on est plus dans la parodie qu’autre chose).

En fait, tout y est un peu décalé, avec un sourire en coin. N’empêche que le thème central du long métrage est l’amitié qui lie l’émotif acteur et le cascadeur viril, les deux faces d’une même médaille. DiCaprio et Pitt sont comme des poissons dans l’eau et livrent de savoureuses performances — ça sent les nominations aux Oscars. Par contre, on voit très peu Margot Robbie. Dommage.

Margot Robbie dans le rôle de Sharon Tate.

On retrouve dans Il était une fois à Hollywood à peu près tout ce qui fait le charme de Tarantino, jusque dans les tics de mise en scène, notamment la surabondance de références.

Ça demeure un véritable plaisir de cinéma, presque jouissif.

Au générique

Cote : *** 1/2

Titre : Il était une fois à Hollywood

Genre : Comédie dramatique

Réalisateur : Quentin Tarantino

Acteurs : Leonardo DiCaprio, Brad Pitt, Margot Robbie

Classement : 13 ans +

Durée : 2h41

On aime : la performance irrésistible de DiCaprio et Pitt. L’hommage au cinéma. Le style Tarantino.

On n’aime pas : des longueurs. Un peu trop d’esbroufe.