Velya (Alina Nasibullina), est une DJ de Minsk qui espère faire fortune aux États-Unis en quittant la Biélorussie.

«Le cygne de cristal»: Le rêve américain *** 1/2

CRITIQUE / La présence du «Cygne de cristal» en compétition au Festival de cinéma de la ville de Québec n’est pas fortuite. La comédie dramatique de Darya Zhuk dépeint avec justesse et humour les aspirations d’une certaine jeunesse éprise de liberté qui rêve de l’Amérique dans la Biélorussie postcommuniste. Un bienvenue dépaysement !

Cette jeunesse est incarnée par Velya (Alina Nasibullina), une DJ de Minsk qui espère faire fortune aux États-Unis. Encore faut-il réussir à sortir du pays. Ce qui n’a rien d’évident en 1996.

Débrouillarde et malicieuse, l’ex-étudiante en droit se forge un portrait de cadre supérieure dynamique pour sa demande de visa. Mais, insouciante, elle inscrit un faux numéro de téléphone. Lorsqu’on l’avise que l’ambassade va appeler pour vérifier ses informations, elle se voit forcée d’en retrouver les propriétaires.

Qui habitent dans le village perdu de Cristal et s’apprêtent à célébrer le mariage de Stepan (Ivan Mulin), un grand flanc mou excité par la présence de l’étrangère. Velya s’incruste, au grand dam de la famille (et de la fiancée) qui tolère mal la présence de cette jeune urbaine branchée, eux qui ont conservé les attitudes du régime soviétique...

Le cygne de cristal joue évidemment des contrastes entre le désir du rêve américain de Velya et la nostalgie des villageois pour une époque révolue. Un méchant clash, souligné par l’humour décalé de ce premier long métrage de Darya Zhuk (qui a elle-même immigré à New York).

L’esthétique colorée, qui contraste avec la grisaille économique de la Biélorussie de l’époque, loge quelque part entre les premiers Dolan et les longs métrages d’Aldomovar. Mais le film a son propre ton, original, tout de même proche d’un certain cinéma direct.

La mise en scène reste fort convenue (et nostalgique), mais cette approche a permis au Cygne de cristal de se faufiler dans plusieurs festivals et d’être le premier film biélorusse en lice à l’Oscar du meilleur film international depuis 22 ans.

Ce qui a beaucoup à voir aussi avec la présence magnétique d’Alina Nasibullina, qui porte le long métrage sur ses épaules avec beaucoup de grâce et d’attitude.

Le charme est renforcé par la très belle finale, à la fois juste et anticonformiste. À l’image de Velya, finalement.

Au générique

Cote : *** 1/2

Titre : Le cygne de cristal

Genre : Comédie dramatique

Réalisatrice : Darya Zhuk

Acteurs : Alina Nasibullina, Ivan Mulin, Yuriy Borisov

Classement : Général

Durée : 1h30

On aime : la présence magnétique de Nasibullina. L’humour décalé. L’esthétique colorée.

On n’aime pas : une réalisation un peu terne.